‹ Commentaire sur l'épitre aux RomainsChapitre 87 sur 97 · XXX^' MORCEAU (XV · texte numérisé non relu

XXX^' MORCEAU (XV

Explications personnel lc.->.

Ce morceau est destiné à jeter un plein jour dans l'esprit des lecteurs sur la conduite de l'apôtre vis-à-vis d'eux. Et d'abord, sur l'envoi de cette lettre même.

Explication donnée au sujet de celte lettre: v. M-l(l.

V. li et IT) : « Or, je suis assuré, moi-même aussi, à votre sujet, mes frères, que vous aussi ' vous êtes tous pleins de bonté, remplis de toute- connaissance, capables de vous reprendre aussi les uns les autres '. l.'i Mais je vous ai écrit, frères \ plus hardiment", comme pour vous faire en quelque mesure ressouvenir de ces choses, en raison de la grâce qui m'a été don-

' I.cs mois /.a-. ajTO'. (voKS fo'.ssi) sonl omis par 1) 1'] I'' (i It. - X |{ t' lisi'tll Tr,; (lf() (Icvaill yvo^ic); i coiDiaissance) . •' L S\i'. lisent a/./.oj; (irautresj au lieu de ixiXr)~rtJt (les vus les autres).

'■ X A H C omettent a.Zi\zo<. (frères).

•' A H : -o'K[xr^yj-iy<ii au lieu de ToX(j.r,ooTcoov.

CIIAl'. XV, I'k ^oJ

née par ' Dieu, » — L'alloculion : mes frères, est motivée par le retour à la forme épislolaire. — Moi-même aussi: lors même que je me suis permis de vous écrire (le cette manière. L'a[)ôtre fait entendre que l'enseignement si étendu qu'il leur a donné dans cette épilre ne résulte pas d'un manque de confiance dans leurs lumières chrétiennes; il partage la bonne opinion régnante sur la capacité spirituelle des membres de cette église. L'omission des mots -/.al aùroi, vous aussi, chez les gréco-lat. ne doit pas les rendre suspects. ((Vous aussi, à qui j'écris de la sorte, vous êtes très-capables de vous instruire et de vous reprendre mutuellement.» Les qualités par lesquelles l'apôtre motive ce jugement favorable sont de nature à la fois morale et intellectuelle. Ils sont pleins de hanté, ùvocHoiiW/]; ce mot désigne l'excellence pratique, la solidité du caractère, la maturité de la vie spirituelle. Puis ils possèdent en abondance toute espèce de connaissance chrétienne, ràTy. -^'vCoii^. Si on lit '■?.;, la, ce mol désigne toute la connaissance chrétienne qu'une église peut et doit posséder. On est frappé de la différence entre ce témoignage et l'éloge accordé aux Corinthiens (Ke ép. I, .")), où Paul ne fait ressortir que cette seconde espèce de dons (connaissance et parole). — De ces deux sortes de qualités résulte la capacité qu'avaient les Romains de pourvoir eux-mêmes à leur édification et à leur répréhension mutuelle. Il faut lire oCù:rX^j\Jc, les uns les autres, et non pas, comme le font un Mj. et la version syriaque, -y.AAO'j;, d'antres. Kai, aussi ou même : « même entre vous, sans le secours d'un tnaitre étranger. » D'ajirés Manf/olil, fieuss, Sahaticr, Paul aurait écrit cette épitre dans l'intention de transfoi'mer les opinions légales des

' T. H. lit avec 7 Mjj. j-o^y^'o-^aiiiieii de ano fdejque lisent n H I''.

558 CONCIA'SION Él'ISTdl.AIIŒ

lecteurs en convictions pauliniennes. Si l'on adopte celte manière de voir, comment juger notre passage ! Aussi Biiur a-t-il été amené par là à prétendre que ces paioles sont l'œuvre d'un écrivain postérieur qui, voyant le mauvais cn'et produit par cette lelti'e sur les judéo-clirétien? de Rome, a cherché à l'atténuer en ajoutant ces ch. XV et XVI, et spécialement ce passage. Mais l'église de Rome pouvait être très-avancée en connaissance et en vie chrétienne, sans qu'une épîlre comme celle-ci lût pour cela une œuvre superflue. Seulement il est impossihie d'admettre que Paul se fût exprimé de la sorte si la loi de cette église n'eût pas été conforme à la sienne propre. Naturellement de telles expressions ne s'appliquaient pas à tous ses membres; elles n'étaient vraies que de l'église dans son ensemble, en ce sens que celle-ci possédait ellemême dans son sein les docteurs, les prophètes et les évangélistes (Xll, G-8) qui pouvaient la diriger et la faire grandir.

V. 15. Le ^£ est adversatif: mais; néanmoins; et le comparatif TrAjxrpoTepov, plus hardiment, s'explique précisément par ce contraste avec le v. 1 : a plus librement qu'il ne semblait que je dusse le faire en m'adressanl à une telle église. » La répétition de l'allocution : frères (omise chez les alex.), n'a rien que de naturel dans ces conditions; elle exprime de nouveau le sentiment d'égalité affectueuse avec lequel l'apcMre s'adresse maintenant à eux. — Dans l'explication de ce qui suit, tout dépend de la construction grammaticale et du sens de à-o u.c'po-j: que nous avons traduit par: m (/uelquc mesure, et qui signifie littéralemeul : ey< juniic. Plusieurs rapportent cette restriction au \Qv\\e je vous écris (Mct/er, Weiss, etc.), en l'appliquant à quelques passages particulièrement énergiques de la lettre, tels que VI, h2-l;5; Vil), 0; XI,

CHAI', xv. l't-ic. 559

\l-îli; XIll, l."3-l i. Mais qu'y a-l-il dans ces jiassai:e5 de si différent du resle de l'épilre et qui puisse inuliver une excuse aussi spéciale? Hofmann rapporte ce « en partie » à ce qu'il y a de fragmentaire dans l'enseignement de l'épître aux Romains. Mais Paul ne donne dans aucune lettre un enseignement évangélique qui mérite moins le nom de fragmentaire. J'ai expliqué {V'^ éd.) ce oLT.h y.é^vj:, eu partie, en faisant porter la restriction qu'il exprime sur le terme sTravaiy.iav/i'Ty.cov, faisant ressouvenir , en ce sens que l'apôtre ne leur a pas écrit précisément pour leur apprendre des choses nouvelles, mais, en bonne partie, pour ne Hiire que leur remettre en mémoire des choses qu'ils savaient déjcà. Ainsi s'expliquerait bien le coç, commt' pour... : comme pour rappeler plutôt que comme pour instruire. 11 n'a pas voulu faire d'eux des catéchumènes; il n'a pas oublié que ce sont des frères et des frères avancés. Je ne crois pas que cette explication soit exclue, comme le pense Weiss, par la position de à-o y.îco-j: avant cîj;. Autrement il ne reste qu'à en revenir à la sienne, qui est aussi celle de Lutliardt (voir plus haut).

Si Paul s'est permis d'en agir ainsi vis-à-vis d'eux, ce n'est pas de son chef el arbitrairement, c'est en vertu du mandat dont il est revêtu et du don qui lui a été accordé pour le remplir. C'est là ce qu'indique le ^là Tr.v /«siv, en raison de la grâce: non : « par la grâce, » ce que ne permet pas l'accusatif. 11 s'agit, comme le montre le v. suivant, de son apostolat auprès des Gentils, en vertu duquel il a écrit de la sorte à l'église de Rome. On peut hésiter entre les deux lerons jtto, (.(par Dieu, » et à-ô, a de la pari de Dieu. » La première est peut-être préférable dans le contexte, comme désignant une intervention divine plus directe.

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