CHAPITRE XIII , RÉSUMÉ 23g
ou moins profondes , suivant que Jes idées adoptées précédemment sur l’organisation de la société auront été plus ou moins saines. Mais, en définitif, cette organisation n’est faite que pour amener de bons résultats ; elle n’est préférable à l'anarchie ( entendez , si vous voulez , l’indépendance naturelle) , que par les maux qu’elle évite et les biens qu’elle procure; on ne doit juger de son degré de perfection que par les effets qu’elle produit. Il est donc à propos, avant d’aller plus loin , de nous rappeler sommairement les principes que nous avons extraits des discussions précédentes : nous verrons mieux ensuite comment ils s’allient avec les diverses circonstances, et si c’est pour les avoir négligés ou suivis, que sont nés, dans tous les temps, les biens et les maux de l’humanité.
Voulant parler de Y Esprit des Lois , c’està-dire , de Y esprit dans lequel les lois sont «u doivent être faites, nous avons commencé par nous rendre un compte exact du sens du mot loi. Nous avons reconnu qu’il signifie, essentiellement primitivement, une règle prescrite à nos actions par une autorité en rjiri nous reconnaissons le droit de la faire.
Ce mot est donc nécessairement relatif à l’organisation sociale, et n’a pu être inventé que dans l’état de société commencée. Cependant , par extension , nous avons ensuite appelé lois de la nature , les règles que paraissent suivre constamment tous les phénomènes qui se passent sous nos yeux , considérant qu’ils s’opèrent toujours , comme si une autorité invincible et immuable avait ordonné à tous les êtres de suivre certains modes dans leur action les uns sur les autres. Ces lois ou règles de la nature ne sont rien autre que l’expression de la manière dont les choses arrivent inévitablement. Nous ne pouvons rien sur cet ordre universel des choses. Il faut donc nous y soumettre et y conformer nos actions et nos institutions. Ainsi, dès le début, nous trouvons que nos lois positives doivent être conséquentes aux lois de notre nature.
Nos diverses organisations sociales ne sont pas toutes également conformes à ce principe. Elles n’ont pas toutes une égale tendance à s’y soumettre et à s’en rapprocher. Elles paraissent avoir des fermes très-variées.