‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 127 sur 216 · CHAPITRE XIII, RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII, RÉSUMÉ

Après les avoir bien examinés, nous trouvons, dès le second chapitre, que les gouvememens viennent tous se ranger dans deux classes, savoir : ceux qui sont fondés sur les droits généraux des hommes , et ceux qui se prétendent fondes sur des droits particuliers.

Montesquieu n’a pas adopté cette division. Il classe les gouvernemens d’après la circonstance accidentelle du nombre des hommes qui sont les dépositaires de l’autorité ; et il cherche , dans le livre troisième , quels sont les principes moteurs, ou plutôt conservateurs , de chaque espèce de gouvernement. Il établit que , pour le despotisme , c’est la crainte, pour la monarchie, Y honneur , et pour la république, la vertu. Ces assertions peuvent être plus ou moins sujettes à explication et à contestation. Mais, sans prétendre les nier absolument , nous croyons pouvoir affirmer qu’il résulte de la discussion à laquelle elles nous ont engagés, que le principe des gouvernements fondés sur les droits des hommes , est la raison. Nous nous bornons à cette conclusion que tout confirmera par la suite.

Dans le livre quatrième , il est question de l’éducation. Montesquieu établit quelle doit être relative au principe du gouvernement , pour qu’il puisse subsister. Je pense qu il a raison , et j eu tire cette conséquence : qué les gouvernemens qui s’appuient sur des idées fausses et mal démêlées , ne doivent pas risquer de donner à leurs sujets une éducation bien solide; que ceux qui ont besoin de tenir certaines classes dans 1 avilissement et 1 oppression , ne doivent pas les laisser s éclairer ; et qu’ainsi ilrijr a que les gouvernemens fondés sur la raison, qui puissent désirer que l instruction soit saine , forte , et généralement répandue.

Si les préceptes de l’éducation doivent être relatifs au principe du gouvernement, il n est pas douteux qu’il n’en doive être de meme, à plus forte raison, des lois proprement dites; car les lois sont l’éducation des hommes faits. C’est aussi ce que dit Montesquieu dans le livre cinquième ; et , en conséquence, il 11’y a aucuu des gouvernemens dont il parle , auquel il ^ie conseille quelques mesures évidemment contraires à la justice distributive et aux seutimeus naturels h l'homme, Je ne

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