CHAPITRE XIV, LIVRE XIII. D2I
à toujours , ce qui s’appelle vendre. , soit pour un temps ce qui s’appelle louer. Si ce qu’il reçoit pour un certain temps de loyer fournit à sa subsistance pendant ce temps , on dit qu’il vit de son revenu. Dans le cas contraire, il faut qu’il mange son fonds , ou qu’il fasse un travail qui lui soit profitable. Mais ceux qui font des ouvrages utiles, sont le plus souvent obligés, pour les exécuter, d’acheter ou de louer d’autres choses ; alors ces dépenses font partie du prix nécessaire de ce qu’ils produisent. S ils ne les retrouvaient pas lors delà vente, ils ne pourraient subsister; et ce serait une preuve que ce qu'ils auraient détruit était autant ou plus utile que ce qu’ils auraient produit. Au contraire, quiconque produit et trouve dans ce travail une valeur supérieure à celle de tout ce qu’il a consommé, acheté, loué, pour arriver à ce résultat, a évidemment augmenté la masse des valeurs, et par conséquent fait du bien. Car la somme de toutes les choses utiles que nous possédons, ou plutôt la somme de leur utilité, est la même chose que la somme de nos moyens de pourvoir à nos besoins, de multiplier nos jouissances, de diminuer nos
souffrances. A quoi on peut ajouterque, l’existence des hommes en masse n’ayant pas d’autres limites que la possibilité de l’entretenir , leur nombre s’accroît toujours en proportion de cette possibilité. D’où l’on peut conclure que le bonheur et la puissance d’une société s’accroissent en même temps et par le même moyen , et que ce moyen est de multiplier le travail productif d’une utilité quelconque , de le rendre le plus / productif possible, -et de diminuer, autant que cela se peut , les consommations superflues et le nombre des gens qui ne font que consommer. Ceux-là sont les frelons de la ruche.
Je me bornerai à ce petit nombre d’idées principales que je crois de la plus grande importance, et dont il est aisé de faire bien des applications et de tirer bien des conséquences. Il eût mieux valu sans doute les exposer didactiquement et d’une manière élémentaire, que de les présenter, comme j’ai fait, incidemment et seulement à propos des erreurs que je voulais réfuter. Mais je n’en avais pas le choix. D'ailleurs , telles que les voilà , je me flatte encore quelles paraîtront