CHAPITRE II, LIVRE II. i
divine , la conquête , la naissance dans tel lieu ou dans telle caste , des capitulations respectives , un pacte social exprès ou tacite, où les parties stipulent, comme puissances étrangères l’une à l’autre, etc. , etc.
11 est manifeste que ces diverses sources de droits particuliers peuvent, comme la volonté générale , produire toutes sortes d’aristocraties , ou de monarchies, et même de démocraties fédératives ou subordonnées les unes aux autres; mais elles sont bien differentes de celles qui portent les mêmes noms dans les gouvernemens que j’appelle nationaux. 11 y a ici différens droits reconnus et avoués. 11 y a, pour ainsi dire, différentes puissances dans la même société ; son organisation ne peut être regardée que comme un résultat de conventions et de transactions formelles ou tacites , et elle ne doit pouvoir être changée que du libre consentement de toutes les parties contractantes; cela me suffit pour appeler tous ces gouvernemens spéciaux ou d’exceptions.
Je ne prétends pas, je le répète, décider ni même discuter actuellement si tous ces droits particuliers sont également respecta-
l6 COMMENTAIRE SUR MONTESQUIEU.
* blés , s'ils peuvent prescrire à perpétuité contre le droit commun, si l’on peut légitimement les opposer à la volonté générale bien prononcée. Toutes ces questions sont toujours résolues par la force, et d’ailleurs elles ne font rien à l’objet que je me propose. Tous ces gouvernemens sont existans ou peuvent l’être ; et tous les corps politiques, dès qu'ils existent, ont droit à leur conservation. Voilà Je point d’où je pars avec Montesquieu , et je veux examiner avec lui quelles sont les lois qui tendent à la conservation de chacun d’eux. J’espère que l'on s'apercevra, dans le cours de cette recherche, que la division que j'ai adoptée me donne bien plus de facilité pour pénétrer dans le fond du sujet, que celle qu’il a employée.