CHAPITRE XXI, LIVRES XXIV, XXV
complètement ) , ces préceptes sont un mal. Si les préceptes de conduite , adoptés par une religion erronée , étaient tous irrépréhensibles, ils auraient encore le tort quelle leur donnerait pour base des opinions hasardées , au lieu de les fonder sur la saine raison et sur des motifs inébranlables. C’est là le cas de dire , avec bien plus de raison , ce que Omar disait de l’Alcoran : Si tous ces livres ri enseignent que la même chose qu& TAlcoran , ils sont inutiles : s'ils enseignent le contraire , ils sont nuisibles. Le gouvernement ne doit donc jamais faire enseigner aucun système religieux , mais la meilleure doctrine morale, reconnue telle par les esprits les plus éclairés du temps dans lequel il existe. D’ailleurs, les opinions religieuses ont ceci de particulier, quelles donnent un pouvoir illimité à ceux qui les annoncent , sur ceux qui les croient réellement les dépositaires et les interprètes de la volonté divine. Leurs promesses sont immenses dans l’avenir. Nulle puissance temporelle ne peut les balancer. Il suit de là que les prêtres sont toujours dangereux pour l’autorité civile ; ou bien que , pour en être soutenus , ils adorent
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tous ses abus, et font un devoir aux hommes .* de lui sacrifier tous leurs droits ; en sorte que, tant qu'ils sont en grand crédit , ni liberté ni même oppression paisible n’est possible. Aussi, tout gouvernement qui veut opprimer s’attache les prêtres, et puis travaille à les rendre assez puissans pour le servir. Celui qui veut le bonheur et la liberté, s’occupe de les discréditer par le progrès des (lumières. Voilà à quoi se réduit l’esprit des lois sur ce point. 11 me paraît assez inutile d'aller chercher ce que l’auteur d’une religion devrait faire pour la faire goûter et pour quelle puisse se répandre. J’ose croire qu’il ne s’en fera plus de nouvelles, du moins chez les nations policées.
UL