‹ Commentaire sur l'esprit des lois de Montesquieu. Suivi d'observations inédites de Condorcet sur le vingt-neuvième livre du même ouvrage [u.a.]Chapitre 206 sur 216 · CHAPITRE XXV, LIVRE XXX, XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV, LIVRE XXX, XXXI

hypothèse , il y aurait eu un temps où elles auraient été des jamilles commîmes. On n’est pas moins choqué de l’emphase avec laquelle il parle continuellement de cette fameuse noblesse , qu’il représente toujours comme incessamment couverte de poussière , de sang et de sueur , et qui finalement ne l’a été que de ridicules, précisément pour s’être trop infatuée de ces pompeuses billevesées. 11 y a * bien encore quelques autres niaiseries qui même contredisent celles-là , comme , par exemple , de dire que, dès le temps de Gon-> tran , les armées Jrançaises ne Jurent plus funestes qu’à leur propre pays ; et de s’écrier: chose singulière! elle (la monarchie) était dans la décadence , dès le temps des petitsfils de Clovis. C’est de bonne heure. 11 aurait mieux valu, ce me semble, avouer naïvement quelle était uu enfant mort-né , ou du moins fort mal constitué. Mais je livre tout cela aux réflexions des lecteurs. Ainsi , ma tache est finie.

Qe serait peut-être ici le lieu de hasarder un jugement général sur l’ouvrage dont nous venons de discuter différentes parties. Cependant je m’en abstiendrai. Je me contenus

terai de remarquer que 1 Esprit des Lois , quand il a paru , n’a guère été attaqué que par des hommes de parti , la plupart trèsméprisables et de très-mauvaise foi, et que, malgré ses nombreux défauts, connus, reconnus et avoués, il a constamment été défendu par tous les vrais amis des lumières et de l’humanité , même par ceux qui avaient de justes motifs personnels de se plaindre de l'auteur. A leur tète, il faut mettre Voltaire, qui , dans cette occasion , comme dans toutes les autres semblables , a bien manifesté son noble et généreux caractère , aussi supérieur aux petitesses de la vanité , que son esprit l’était à celles des préjugés, en faisant l’éloge le plus complet, et même le plus exagéré , de l’ Esprit des Lois , par ce mot si connu : Le genre humain avait perdu ses titres ; Montesquieu les a retrouvés et les lui « rendus.

fin du commentaire.

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