Le prochaîB départ de Jésus : y
V. 31 et 32. « Mais il y en eut plusieurs dam la multitude qui crurent en lui, et ils diraient : Le Christ^ quand il viendra y fera-t-il plus de miracles^ que nen a faits* celui-ci f 32 I^s pharisiens entendirent ' ces propos qui cir^ calaient dans la foule à son sujet, et les (jrands sacrificaleurs et les pharisiens • envoyèrent des huissiers pour le saisir. » — Tandis que les adversaires de Jésus s'aflermissent dans leur dessein, une autre partie de la multitude se fortine dans la foi. Le v. 31 caractérise un progrès marqué sur le V. 12. Les partisans de Jésus sont nombreux, et leur profession de foi est aussi explicite que possible, dans la position de dépendance où ils se trouvent vis-à-vis des
* 8 Mjj. (N B D etc.) omettent toutoiv après <j7)fi£ta.
' ^e D ltP*<''»q"« Vg. Syr»***» : noiei au lieu de snoiijaev. ' K M U n ajoutent ouv, n D 8ê, après r,xoyaav.
* T. R. avec 8 Mjj. (EHMS etc.) placent oi ©apuaioi avant oi
chefs. Si la timidité ne les arrêtait, ils proclameraient hautement Jésus le Messie.
Cette impression de la multitude in ite encore plus les adversaires de Jésus. Le lieu des séances du Sanhédrin ne devait pas être éloigné de celui où se passaient ces scènes (voir à Vlll, 20). Il est donc possible qu'en s'y rendant, quelques-uns des chefs eussent entendu de leurs propres oreilles ces propos favorables à Jésus; il est possible aussi que des espions les leur eussent rapportés pendant leur séance. Le terme entendirent permet les deux sens. C'est ici le moment où le Sanhédrin se laisse entraîner à une démarche que l'on peut envisager comme l'ouverture de la série des mesures juridiques dont le supplice de Jésus a été le terme. C'était certainement sous Tinfluence du parti pharisien; de là, la répétition du terme les phansiens,^ V. 32. Les (jrand-s sacrificateurs sont mentionnés à part. Kn eiïet, ils appartenaient plutôt à cette époque au parti sadducéen. Cette distinction est une preuve de l'exactitude du récit de Jean. Très-probablement, si l'impulsion venait des pharisiens, les mesures d'exécution concernaient plutôt les grands sacrificateurs. Les huissiers envoyés n'avaient pas sans doute l'ordre de le saisir immédiatement; autrement, ils n'eussent pu se dispenser d'exécuter ce mandai d'arrêt. Ils devaient se mêler aux groupes et, profitant d'un moment favorable où Jésus donnerait contre lui quelque prise et où le vent de l'opinion viendrait à tourner, s'enjparor de lui et le conduire devant le Sanhédrin.
V. 33 et 34». « Jésus dit^ donc : Je ne suis plus avec vous qu'un peu de temps^ et je m en retourne à celui qui ma envoyé, 34 Vous me cherchereZy et vous ne me » /nmv^erez point : et là où je serais vous ne pouvez y venir. >
* Le «jToi; du T. R. n'a pour lui que T et quelques Mnn. ' B T X lisent [u après £upr,aÊTE.
— Jésus n*ignora point cette mesure hostile; elle réveilla chez lui le pressentiment de sa mort prochaine et lui inspira (donc) les paroles suivantes. Il invite, dans ce discours, les Juifs à profiter du temps, bientôt écoulé, qu'il a à passer avec eux. 11 y a correspondance entre les expressions : Je men vaiSj et : Celui qui in a envoyé. L'idée d'en,voi renferme naturellement celle d'un séjour ieniporcUre. La conclusion pratique sous -entendue du V. 33 : « Hàlez-vous de croire! » est rendue plus pressante par le v. 34. Jésus décrit d'une manière saisissante l'état d'abandon dans lequel se trouvera bientôt plongé ce peuple, s'il persiste à rejeter celui qui seul peut le conduire au Père; c'est la description de l'état actuel des Juifs, conséquence de leur incrédulité : une attente continuelle et toujours déçue, la tentative impuissante de retrouver Dieu, après avoir laissé passer la visite de celui qui seul aurait pu les unir à lui. Ce sens est celui dans lequel Jésus cite cette parole XIll, 33 (comp. XIV, 6). C'est aussi celui dans lequel il la répétera bientôt après, sous une forme plus accentuée, VllI, 21-22. 11 ne peut y avoir aucune diflîculté à appliquer la notion du pron. |^^, moi^ à l'idée de Messie eo général. Attendre le Messie, c'est bien,' de la part du peuple juif, et sans qu'il s'en doute, chercher Jésus, le seul Messie, qui ne parait point. La première partie de l'avertissement s'adresse plutôt à la nation dans son ensemble; la seconde, aux individus. — L'expression ou je serai désigne symboliquement la communion du Père et l'état glorieux dont cette communion est le principe. Ils n'y pourront parvenir, parce que lui seul eût pu les y transporter (XIV, 3), et qu'ils ont laissé passer le moment où ils devaient s'attacher à lui. Le présent ctfit ( « au je suis en ce moment-là » ) ne peut se rendre en français que par le futur.
— Cette seconde partie du verset ne permet d'expliquer
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le terme : vous me chercherez, dans la première, ni d'une rechercha inspirée par la haine (Orîgène) — comp. XIII, 33 — ni du soupir de la repenlance — il n'eût pas manqué de conduire les Juifs au salut — ni de l'attente superstitieuse de l'apparition imminente du Messie qui se fit jour au moment de la ruine de Jérusalem (comp. le « venir où je suis ! •)
V. 35 et 36. « Abrs les Juifs se dirent entre eux : Où va-t'il donc se rendre, que nous ^ ne le trouverons point f Veut "il s'en aller vers ceux qui sofit épars parmi les Grecs^ et enseigner les Grecs f 36 Que signifie celle parole quil a dite : Vous me chercherez, et vous ;ic me trouverez point*: et là où je serai, vous ne pouvez y venir*. » — Ces paroles sont naturellement ironiques. Repoussé par les seuls Juifs vraiment dignes de ce nom, ceux qui habitent la Terre-Sainte et parlent la langue des pères, Jésus s'en ira-t-il essayer de son rôle de Christ auprès des Juifs dispersés dans le monde grec, et, par Tintermédiaire de ceux-ci, fonder une œuvre messianique chez les païens? Un beau Messie, on vérité, que celui qui, rejeté des Juifs, deviendrait le docteur des Gentils ! — L'expression iwcçropà Twv *E>.>.r;v(ov , littéralement : dispersion des Grecs, désigne cette portion du peuple juif qui habitait hors de Palestine, dispersée en pays païens. — Toùç "EXkryd;, les Grecs, se rapporte aux païens proprement dits. Les Juifs dispersés serviront à ce Messie d'un nouveau genre de transition auprès des païens eux-mêmes ! Cette supposition moqueuse écartée, ils reviennent (v. 36) à la parole de Jésus, à laquelle ils ne trouvent absoloment aoetin
* N D omettent r.jxst; que lisent tous les autres Mjj.
• B G T X ajoutent [u après £upT,a8T£.
' Après ce mot caOsiv, Cod. tto continue par xat izopiufhi oulqzqç et le récit de la femme adultère.
;. MeyeF prétend que, si Jésus se fût exprimé aussi 'ementque le rapporte i'évangéliste (v. 33), sa parole Il pu donner lieu à un si grossier malentendu; les s : à celui qui m a envoyé, s'ils eussent réellement été loncés, auraient tout expliqué. Jésus a donc dit simnent : Je ni en vais, mais sans dire où et auprès de Selon M. Reuss aussi, le v. 35 renfermerait c une >rise trop flagrante pour être concevable. • Mais nous 3ns-nous une idée assez juste du matérialisme grosdes contemporains de Jésus, pour délimiter ainsi la sibilité de leurs méprises? Après des années passées ; Jésus^ les apôtres interprétaient une invitation à se « 1er du levain des pharisiens comme un reproche de ce Is avaient négligé de se pourvoir de pain : eux-mêmes intent ce malentendu; Tauraient-ils inventé pour faire idir leur Maître tout en se ridiculisant? Et les Juifs, à ridée du départ du Messie était aussi étrangère que s le serait, à nous, celle de sa présence teiTestre et de règne visible (comp. XIl, 34), auraient immédiatement ipris que, dans la parole précédente, Jésus leur parlait .'en retournera Dieu et dans le ciel! D'ailleurs n'élait- ^s la première fois que plusieurs d'entre les auditeurs Jé&us l'entendaient parler? et ne pouvaient- ils pas lement se figurer que c'était un personnage inconnu l'envoyait, et que le lieu où il se proposait de se retiétait situé hors de la Terre-Sainte où l'on ne voulait j le souffrir?
l'évangéliste prend une sorte de plaisir à reproduire in mso cette supposition moqueuse. Pourquoi? Parce que, ime la parole de Caïphe au ch. XII, elle faisait à cette re-là l'effet d'une prophétie involontaire. Au moment où a écrivait ce récit, Jésus n'était-il pas réellement devenu fessie des Grecs? Jean ne rédigeait-il pas cet évangile s la contrée et dans la langue même des Gentils?