PRÉFACE
Dans la première édition de cet ouvrage, Tétude critique du quatrième évangile était répartie en deux dissertations distinctes : Tune, placée comme Introduction en tête du livre traitait des témoignages historiques ; l'autre formait la Conclusion du commentaire, et on y discutait les questions de critique interne qui supposent l'étude détaillée de l'écrit sacré. L'état actuel de la question johannique^ comme l'on dit maintenant, m'engage à renoncer à cette méthode, lors même qu*elle ne cesse point d'être à mes yeux la marche vraiment rationnelle. L'étude critique de l'évangile de Jean a pris dans les trente dernières années une telle extension et une importance si décisive pour la théologie et pour l'Eglise, qu'elle est devenue, à elle seule, le sujet d'un livre. L'Introduction et la Conclusion de la première édition ont donc été fondues en un tout dans ce volume, et en même temps retravaillées complètement à neuf. Les deux volumes d'exégèse qui suivront, s'il plait à Dieu, sans tarder, seront considérablement abrégés, puisqu'une grande partie de leur contenu, dans la première édition, a passé dans le présent volume. Cette séparation plus tranchée de la partie critique et de la partie exégé tique permettra l'achat isolé des deux ouvrages.
Nous ne doutons pas que les personnes qui ont lu la première édition, et qui voudront bien prendre connais-
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saiice de ce volume, y découvriront un progrès maique sous le double rapport de la connaissance du travail critique contemporain et de la valeur intrinsèque de Targumentation.
Il y a un peu plus d'un quart de siècle, la question la plus discutée dans le domaine de la critique sacrée était celle des origines de l'Eglise ; on étudiait surtout la relation de saint Paul avec les Douze ; et les écrits du Nouveau Testament qui faisaient le principal objet de la discussion, étaient les évantjiles synoptiques^ considérés dans leur relation avec les partis ecclésiastiques de la piimitive Eglise, et les Actes des Apôtres,
Aujourd'hui la lutte s'est rapprochée du centre. Ce n'est plus do l'Eglise, c'est de la personne de son Chef qu'il s'agit. Voilà la raison pour laquelle le quatrième évangile a conquis si rapidement la première place dans les préoccupations critiques. Ce symptôme suffirait à prouver la gravité décisive de la crise qui se produit à cette heure dans l'Eglise chrétienne. C'est le moment pour le croyant de tenir ferme sa couronne^ la divinité de son Sauveur, et de serrer sur son cœur avec un nouvel amour le document qui renferme les gages les plus assurés de ce fait capital.
Nous ne nous laissons point intimider par le ton de hautahie assurance qu'affectent les coryphées de la critique contemporaine. Les dédains dont quelques-uns ont cherché à couvrir notre travail, ne l'ont pas empêché de faire son chemin, même en Allemagne où la traduction d'un Commentaire français sur l'évangile de Jean devait paraître une œuvre bien superflue. Tandis que l'édition française, très-considérable, il est vrai,