‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 2 sur 91 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

n'a été épuisée qu au bout d'une dizaine d'années, une seconde édition allemande est devenue nécessaire au bout de cinq ans. Retravaillée sur celle-ci, elle paraîtra presque simultanément avec elle. La première édition anglaise, traduite également sur cette nouvelle édition, sera publiée prochainement. Nous n'avons appris qu'indirectement l'existence d'une traduction hollandaise et nous ignorons le sort de cette publication.

Pourquoi nous laisserions-nous effrayer par l'ostracisme scientifique dont les organes d'une théologie soidisant libérale essaient de frapper tout ce qui ne fait pas chorus avec leurs chants de victoire ? M. le professeur Scholten disait dans l'un de ses derniers ouvrages {Der Apostel Johannes in Kleinasieriy p. 89) : « Que le quatrième évangile ne puisse provenir de l'apôtre Jean, c'est un résultat de la critique historique, qui est reconnu avec une unanimité toujoure plus grande par tous ceux dont l'œil n'est obscurci par aucun préjugé dogmatique. »

Ceux qui parlent de la sorte sont-ils bien sûrs d'être eux-mêmes dans leur critique exempts de tout préjugé dogmatique, de tout principe philosophique ou théologique préconçu? Comment ne pas penser ici à l'avertissement que le Seigneur adressait dans le sermon sur la montagne à ceux qui prétendent ôter le fétu de Tœil de leur frère, tout en ayant une poutre dans le leur?

Un penseur distingué, M. Charles Dollfuss, écrivait récemment les lignes suivantes à roccasion des trop fervents disciples d'un système scientifique aujourd'hui en vogue (Journal de Genève, 18 juillet 1875, sur le système de Dîirwin) : a Ce système est devenu pour eux

VIII J>RÊFACK.

un système armé d'une autoiité sans conteste, un Credo. .... Quelle confiance superbe! Ils ont en main le sceptre ; la science est leur royaume. A quand Texcommunication?... Ceux qui soulèvent encore des obstacles devant les pas des pontifes, sont des retardataires, des inclairvoyantSy sinon des gens frappés de complète cécité. Nous pensions, en bonne compagnie, que l'esprit de science et l'esprit de secte étaient choses diamétixilement opposées; nous continuons de le penser, et nous estimons que les gens dont nous parlons cessent d'appartenir à la science dans l'exacte mesure où ils tombent dans l'intolérance, i^ Pourrait-on mieux décrire notre situation tbéologique ?

Quant à nous, nous sommes bien convaincu qu'avec la radiation de l'évangile joliannique du nombre des écrits vraiment apostoliques, il se produirait un obscurcissement sensible dans la conscience religieuse de l'humanité. Et quand cette considération d'utilitarisme moral ne nous engagerait pas à prendre la défense de cet écrit sans pareil, nous serions contraint de le faire par une conviction Tle son authenticité, que chaque étude nouvelle rend chez nous plus irrésistible.

Nous offrons ces pages au Seigneur de l'Eglise, ]ovs même que nous les sentons si peu dignes de Lui et du sujet traité. Nous nous rappelons qu'il daigna dire de l'offrande de Marie : « Elle a fait ce qu elle a pu. »

Neuchàlel, 3 décembre 4875.

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