‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 42 sur 91 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

notre inleiligence, aussi bien que la parfaite satisfaction des aspirations infinies du cœur de l'hominc; la vérité et la vie. Il formula donc nettement ce fait sublime et raconta la manière dont il était lui-même parvenu à le constater et à y donner sa foi. Il ne se proposa nullement de raconter tous les détails à lui connus de l'histoire de son Maître, ni de répéter la totalité de ses enseignements. A quoi bon rapporter ce qui avait été dit et bien dit? Il avait on point de mire déterminé imposé par le milieu qui Tenlourail, — qu'on se rappelle les épîtres aux Ephésiens et aux Colossiens, — la personne du Seigneur. Il raconta tous les faits et tous les discours de Jésus qui jalonnaient le plus distinctement l'histoire de sa propre foi sur ce point fondamental. En exposant les discours, il en reproduisit la substance, telle qu'elle s'était condensée lentement dans son esprit et du mieux qu'il pouvait le faire dans la langue nouvelle qui s'imposait à lui, cherchant à dire les mêmeschoses, comme Christ lui-même les eût dites s'il eût parlé dans ce milieuli.Et, si impossible qu'il paraisse de tracer une ligne de démarcation parfaitement précise entre ce qui appartient a Tobjectivité historique et ce qui revient à la subjectivité de l'apôtre, dans cette reproduction, nous pouvons être assurés, par le sentiment d'adoration qu'il portait à son Maître et par la comparaison même avec les évangiles synoptiqnes, qu'il n'a altéré ni pour le fond, ni pour la forme, l'histoire et les enseignements de Jésus. Aussi est-ce à lui îue nous devons de connaître et le cadre général du minislère (le Jésus et une foule de traits de détail au sujet dcsluels les synoptiques présentaient des obscurités ou des laeanes.

Tel est le tableau qui répond aux données que nous a bornies l'étude impartiale des traditions et celle de l'évan- [ile lui-même. Il nous est impossible d'y découvrir un seul rait qui ne possède le caractère de la vraisemblance.

Ce travail nous conduil aux conclusions suivantes :

L'authenticité du quatrième évangile n'a rien a redo 1er du jugement d'une critique vraiment impartiale et s vércment scientifique.

L'animosilé de la critique contemporaine contre ( écrit a son point de départ dans un principe a priori^ négation du surnaturel dans l'histoire de Thumanilé. s*agit pour cette critique de faire disparaître à tout pi un témoin à charge dont la déposition serait accabbi contre le point de vue du naturalisme.

Le ton de haute assurance avec lequel cette critiquai nonce au monde sa victoire est dû sans doute au désir déguiser au puhlic et de se déguiser à elle-même l'inqoi tude vague qu'elle continue à éprouver en face de ( écrit, par la crainte de voir tout à coup ce mort reprend vie et se dresser devant la conscience humaine, coniiDe Ressuscité dont il raconte l'histoire.

La critique peut-elle en eflet ne pas savoir que la spM de l'être dépasse infiniment, non celle de Isl pensée absob mais celle d*une pensée limitée et relative telle que nôtre? Pourrait-elle d'ailleurs se cacher ce qu'il y «• factice et d'arhitraire dans les procédés par lesquels el est parvenue à se séduire elle-même et à éblouir moiDei tanément l'opinion publique?

dit fièrement) en commençant la critique dé notre : c Notre siècle a cassé le jugement des siècles. > ser que Keim et les autres organes de la critique i soient c notre siècle, » rien ne nous garantit que e notre siècle soit le mot suprême de la science, •mme nous l'avons vu, l'évangile de Jean esiauthenles discours qu'il met dans la bouche de Jésus sont , Jésus est donc la Parole faite chair, un don divin, e d'un amour sans limite en Dieu. Aussitôt le ciel et l'humanité y contemple un cœur de Père auquel finement accès. De ce ciel ouvert descend une ef- 8 vie qui pénètre l'âme humaine et lui communique »nces du siècle à venir. Autrement le ciel se ferme. >te de la vie de Jésus que l'amour d'un homme ex- K)ur ses frères. Le Père n'a rien donné du sien. Il é. Jésus a fait et souffert pour nous plus que lui. a aimés plus généreusement que Dieu même. Nous ons plus dire de Dieu avec Paul : c Lui qui ri a argné son propre Fils, }i ni ce qui suit, Rom. VIII, 82. e doit-elle être, l'humanité, pour avoir pu produire •même un pareil fruit? c Un mauvais arbre ne peut le bon fruit. > L'apparition de Christ n'est plus la e Dieu, comme dit saint Paul ; elle est l'honneur de lité. Cet Ancien Testament dans lequel toutes les ficœur de Jésus ont puisé leur nourriture et dont le se résume tout entier dans cette prière : c A toi, la justice; à nous la confusion de face! > il est on bout à l'autre, non seulement dans sa lettre, ns son esprit. Le Jésus que nous connaissons par )pliques ne saurait être le produit de l'humanité e nous la font connaître Moïse et les prophètes, lation était le terme normal de l'union croisae nous décrit l'Ancien Testament, entre un Dieu qui

veut sauver et une humanité qui, sans la loi ou sous la loi, périssait....; ce fruit supprimé, l'arbre tout entier disparaît.

Ce qui arrête aujourd'hui plusieurs penseurs en face du fait de l'incarnation, c'est la crainte de perdre en Jésus l'homme, le vrai homme. Il leur semble impossible de concilier un état humain réel avec une personnalité d'origine divine. Mais Dieu ne dit-il pas : c Je serai celui que je serai. » Une persofine divine est-elle liée à Vétal divin? Ne peut-elle pas entrer dans un étal d'ordre inférieur, pourvu qu'il n'ait rien d'incompatible avec la dignité et la sainteté de Dieu? Et si l'homme a été créé à t image de Dieu, peut-il être indigne de l'être divin d'entrer pleinement dans un développement humain semblable au nôtre, de se faire chair, comme dit l'apôtre, de renoncer, selon l'expression de saint Paul, à la richm, c'est-à-dire à la souveraine indépendance du mode d'être divin, pour accepter \2i pauvreté, la complète indigence da mode d'existence humain ^? Et quel autre fait que cet acte de dépouillement et d'abaissement divin aurait la vertu d'arracher l'homme à lui-même, d'amollir son cœur de pierre, de briser son orgueil? Tout autre moyen ne fait qu'effleurer le mal ; celui-ci seul l'extirpe. L'homme veut être comme Dieu. Dieu, aGn de guérir cette insatiable ambition, se fait homme^ nous rachète, nous justifie, nous transforme radicalement, et, pour consommer cette œuvre de condescendance infinie, nous unit à sa divinité, et fait de nous dans l'univers les organes de sa vie parfaite, de sa toute-puissance, de son amour et de sa sainteté souveraines.

Est-ce là une pensée humaine? Ne porte-t-elle pas en elle-même le sceau de son origine?

> Jean î, 14; 2 Cor. VIII, 9; Phil. II, 6.

s allons entrer dans l'étude des pages dans lesquelles X)nte[nplons cette pensée divine devenue histoire. s pages sans pareilles soient elles-mêmes, auprès lecteurs, leur meilleure défense!

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