‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 41 sur 91 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Résumé.

C'est le moment de réunir toutes les données qui rcssortent pour nous, comme faits réellement historiques, Ju crible de la critique, et de reconstruire avec ces matcn'aux le fait de la composition de notre évangile dans sa

tourné.

L*apôtre Jean, arrivé en Asie-Mineure après la ruine de Jérusalem, avait travaillé pendant un certain nombre d'années au milieu de ces églises florissantes, fruit de Tactivitc et des prières de saint Paul.

Il avait maintes fois raconté à ces chrétiens, avides d'entendre le disciple le plus intime de celui qu'ils adoraient comme leur Seigneur, les circonstances décisives qui l'avaient amené à cette foi dans laquelle il trouvait la vie et qu'il proclamait maintenant à la face du monde: comment il avait pour la première fois été rendu attentif à Jésus, puis fait personnellement connaissance avec lui; comment, après l'avoir reconnu pour le Messie, il avait discerné bientôt dans ce Messie un homme en relation unique avec Dieu, enfin un être sorti non, comme nous, du néant, mais de Dieu même; le Fils de Dieu, le pain de vie descendu du ciel.

Mais a côté de ces auditeurs qui faisaient de sa foi la

^'estlui qui élail le disciple que Jésus aimait; c'est lui qui a été l'au-

^UrduIV* évangile que l'on a transformé plus lard, mais dont

*'. Noack rétablit le sens primilif. Jésus est mort sur lo Garizim où

'' s'était retiré avec ses sept disciples et où, par l'aide de Judas, il

^^( tombé entre les mains de ses ennemis et a été délivré de la vie.

363 l'origine du quatrième évangile.

leur par ie moyen de son témoignage oral, il voyait autour (le lui d'autres personnages portant aussi le nom de chrétiens, qui ne réalisaient que trop fidèlement la prophétie de Paul, lorsque prenant congé des presbytres de ces contrées, il leur disait : c «le sais qu'il sortira du milieu de vous des loups dévorants qui n'épargneront point le troupeau. » Par leurs spéculations mensongères, ils altéraient plus ou moins profondément les faits de l'histoire évangélique ; la personne de Jésus surtout était complètement défigurée; et sous ces travestissements humains, elle ne pouvait plus fournir à la foi l'aliment que Jésus apportait ao inonde.

Sans doute les trois premiers évangiles, les seuls qui, avec notre quatrième, aient jamais été reçus dans toute r Eglise, — c'est ce qu'a bien démontré Ritschl *, — étaient déjà répandus. Mais ils n'étaient pas suffisants pour défendre l'Eglise contre ce torrent qui allait grossissant de jour en jour.

Ceux qui depuis longtemps avaient le bonheur d'entendre Jean, savaient par expérience que ses récits et ses enseignements renfermaient tout ce qu'il fallait pour répondre en ce moment critique aux besoins de l'Eglise. Quoi de plus naturel que l'appel qu'ils adressèrent alors à son dévouement à la cause du Seigneur et à son amour pour l'Eglise? Jean répondit à leurs soUicitations en rédigeant le témoignage qu'il n'avait cessé de rendre au milieu d'eux de vive voix. 11 n'attaqua directement aucune tendance. Il comprenait que dans ce fait capital de l'histoire évangéiique, l'union, en la personne du Fils, de Dieu avec la m* ture humaine, se trouvait la solution de tous les problèmes que posait déjà de son temps ou que pourrait poser encore

^ Dans son article bien connu, TheoL Jahrb., 1851, 4* cahier.

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