‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 46 sur 91 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

J'ai cherché, dans le premier volume de cet ouvrage, y Introduction critique^ à exposer d'une manière aussi claire, aussi complète, aussi loyale que possible, ce qu'on appelle à cette heure la question johannique. Et (les hommes rompus aux travaux compliques .de la critique actuelle, tels que M. le professeur Mangold, ne m'ont point refusé le témoignage d'avoir écrit en pleine wnnaissance de cause (Theologische Lilteraturzeitungj 1876, N« 14).

Mais — il est impossible aujourd'hui de le méconnaître — la question de Yécrit johannique est dominée par une autre plus grave : celle du Christ johannique ; et, le plus souvent, c'est cette seconde qui emporte lu solution de la première. Rien ne saurait empêcher le critique dont le sentiment intime, pour une raison ou pour une autre, répugne au Christ de Jean, de résoudre la question du quatrième évangile dans un sens conforme au vœu secret de son antipathie, comme aussi le savant dont les aspirations les plus intimes et les plus saintes s'émeuvent à la rencontre de la figure * pleine de grâce et de vérité d de ce même Christ, trouvera bien vile dans les clartés émanant de celle sympathie profonde la solution de difficultés critiiiues déclarées insurmontables.

Quand on voit, d'une part, Volkmar se résoudre, îïfin de pouvoir placer la composition de l'évangile du Logos vers 160, à faire de son auteur le disciple de Justin (!), — quand on voit, d'autre part, Keim, que les témoignages et les citations contraignent à reculer la ^^le de la composition jusqu'au ])remier tiers du second ^'♦*cle, en venir, afin de pouvoir combattre efficacement 'authenticité malgré cette date reculée, à nier tout se- Jour de Tapôtre Jean en Asie-Mineure à la Qn du pre-

X AVANT-l>aOiH)S

mier siècle(!), — en face de ces deux faits, on comprei (jue la critique, cette science prétendue impartiale fi'oidement objective, est capable de tout pour répond aux vœux secrets de celui qui Texerce, parce que celi ci n'est pas la science ahstmite^ mais un homme trc souvent dominé par des impressions personnelles des piincipes a priori <jue Tinvestigation historique n*a teint et ne modiiie point, qui tiennent au cimtraire cet dernière sous leur empire.

1/étude du livre lui-même peut suppléer en queiqu manière à l'impuissance de la discussion critique. Le influences décisives, qui s'exercent sur le cœur dé pourvu de préjugés, partent le plus souvent de la Pa* rôle elle-même. La lâche du Commentaire, sous c^ nfport, sera par conséquent de travailler à <lissiper te nuages qui obscurcissent la clarté du texte, afin de faciliter cette action morale que le livre est capable d'exercer sur le lecteur par sa vertu propre.

Depuis la publication de ce Commentaire en 18(KUI 181)4, nous ne connaissons de travaux exégétiques iinporlanls sur notre évangile que le court écrit de Bâumlein (180H), <lont l'auteur est parfois admii^ableineiil servi par son tact et son érudition philologiques, b cinquième édition de Texcellent et indispensable Commentaire de Meyer (18G0), et la seconde édition de celui de Luthardt, dont le dernier volume vient de j>araitre (1870). Je voudrais pouvoir remercier le secontl de ces auteurs, le vénérable Meyer, du soin constant avec lequel il a tenu compte de mon travail. Mais il est entré dans son repos et ma voix ne peut plus Tatteindre. Je suis d'autant plus heureux d'exprimer à M. Luthardl ma reconnaissance pour la bienveillante attention qu il a consenti à m'accordor. Qu'importe que dans cw dis-

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