‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 45 sur 91 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

ïe me suis senti pressé, en publiant de nouveau ce mmen taire, de reproduire la Dédicace qui en accompaait la première édition. Les paroles que j'adressais ce moment à Fami qui dès lors a été enlevé de la 1ère de la foi dans celle de la vue, exprimaient, sous e forme transitoire, des sentiments qui n'ont point isé de remplir mon cœur. Cette Dédicace dira en parulier à la jeunesse studieuse de France et de Suisse nbien elle a été Tobjet de ma constante préoccupan dans le travail, ancien et nouveau, dont ces pages offrent le résultat.

Dans la préface de son Bibelwerk, adressée à VEglise, de Bunsen s'exprime ainsi : c Si l'évangile de Jean îst pas le rapport historique d'un témoin oculaire, lis un mythe, il n'y a plus de Christ historique... et ^t une légèreté bien aveugle ou une bien amère iro- ^ que de vouloir nous faire accroire qu'un christia- ^me collectif (gemeindlich^ de communauté) puisse core subsister dans une telle suppositions (p. x). Les conditions d'existence du christianisme collectif Tèrent en effet de celles du christianisme individuel, ndividu peut trouver, dans une certaine mesure, vie irituelle et santé morale dans la foi à un Fils de omme qui par degrés monte au ciel et devient Dieu. > tel croyant ressemble à la femme qui toucha le bord i vêtement de Jésus et obtint par cet attouchement îe vertu salutaire.

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]^imo la puissance créatrice qui engendra l'Eglise, q l'a soutenue jusqu'ici à travers les âges, et qui garani son existence à venir et son triomphe final — elle i saurait provenir de l'attachement à un homme dever Dieu; elle n'émane que de la foi au Fils de Dieu f^ homme, au Christ qui, avant de monter à Dieu, e descendu d'auprès de Lui, comme le don parfaite son amour. Le Fils de l'homme divinisé, c'est encOi l'homme exalté. Le Fils de Dieu fait homme, c'est Die glorifié. Voilà pourquoi le pahi c qui est descendu d ciel 1» est aussi le seul qui « donne la vie au monde. » San la foi à la Parole faite chair, au bout de peu de gêné rations l'Eglise serait muette, et le christianisme parla gérait le sort des formes religieuses qui l'ont précédé C'est là le danger qui, plus que jamais, menace le moQdt à cette heure.

J'ai rencontré parfois, dans de récentes publicatioru françaises, des assertions desquelles il résulterait qu( l'école de Tubingue, ce grand adversaire du ï\^ évangile et défenseur du naturahsme, serait en pleine dis* solution et privée désormais de toute influence. Ces là, je le crains, une illusion. Cette école abandonne, i est vrai, les positions les plus avancées <]u'elle avai d'abord occupées. Elle procède avec plus de circonspection qu'à ses débuts. Mais, en se modérant, elle î visiblement étendu son influence. Et son action est s; peu épuisée à cette heure qu'on en rencontre de plui en plus les traces, même chez les hommes qui naguère! se monti*aient encore indépendants à l'égard de ce puissant courant scientifique. La première phase est à son terme. Mais celle qui s'annonce ne sera pas moins rt* doutable pour la foi de l'Eglise et le christianisme positif. La crise dans laquelle le monde chrétien esten* gagé, n'est point parvenue à son apogée.

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