I. — Le miracle: v
V. 1 . c Après ces choses, il y avait une fête^ des Jitifs, et Jésus monta ii Jérusalem. » — La liaison [u-ck TxOrat, après ces choses, ne nous parait pas indiquer, malgré les
» 1.0 T. K. lil £o?TT, [une ïèW] a\ec A B D G K S U V F A Mnn. Ir. Or. <'.hrNS. et Tisch. (éd. 1859^; l'art. r< devant sop-cr, [la fête; se lit dans N CE F H L M A ir 50 Mnn. Cop. Sah. quekiucs Pères, Tisch. (H* éd.).
exemples cités par Meyer, une succession aussi iunnédiate que le ferait (UTi toGto, après cela. — Quelle que soit la fête à laquelle on rapporte l'événement suivant, elle doit avoir été séparée du retour précédent par un intenalle assez long. La fête juive qui suivait de plus près le mois de décembre, était, abstraction faite de celle de la Dédicace (fin décembre), dont il ne peut être question ici, celle de Purim en mars. Si on lit l'art, i devant éoprrî, € la fête, > le sens n'est pas douteux; il s'agit de la fête de Pdques, la principale d'entre les fêtes juives et la plus connue des lecteurs grecs (VI, A). Mais Ton doit se demander si précisément l'on n'a pas substitué a l'expression vague m une fête » l'expression déterminée « la fête, » d'après II, 13 et VI, 4, dans la pensée que c'était de la Pâque qu'il s'agissait. Pourquoi un si grand nombre de documents auraientils retranché l'article? On comprend bien plus aisément la raison pour laquelle il a été ajouté par les autres. Si l'on retranche l'article /a, non seulement rien ne prouve plus en faveur de la PAque, mais cette fête est même positivement exclue. Pourquoi Jean ne la nommerait-il pas, aussi bien qu'aux ch. II, VI et XII? Bien plus, immédiatement après^ au ch. VI (v. 4), est mentionnée une Pàque pendant laquelle Jésus reste en Galilée. Il faudrait donc supposer entre les ch. V et VI l'espace de toute une année dont Jean ne dirait pas un mot, supposition fort invraisemblable. Enfin, au ch. VII (v. 19-24), Jésus travaille encore à se justifier de la guérison de l'impotent, racontée au ch. V : reviendrait-il à ce fait après qu'un an et demi se serait écoulé? Le ch. IV (v. 35) nous plaçait au mois de décembre ; le ch. VI (v. 4) indique le mois d'avril. Entre ces deux dates, quoi de plus naturel que de penser h la fête de Purim qui se célébrait en mars? Cette fête se rapportait fi la délivrance des Juifs par la reine Esther. Elle n'était pas-
il'iostilulion divine comme les trois grandes fêles et n éiait |>oint mise sur le même ranp; l'expression : une fête, s'explique très-bien par cette raison. Comme elle était beaucoup moins connue que les autres, en dehors du peuple juif, et qu'en raison de sa nature politique elle avait perdu iion importance pour l'Eglise, il était inutile de la nommer. On allègue contre un voyage de Jésus à cette fêle : 1** L'absence d'institution divine. — Mais au ch. X, Jésus se rend à la fête de la Dédicace, qui n'était pas non plus d'ordonnance mosaïque. 2^ Le taraclère bruyant et mondain des réjouissances dont elle était accompagnée, qui auraient rendu inutile ce séjour à Jérusalem. — Hais Jésus avait sans doute l'intention de rester en Judée jusqu'à la fête (le PAques, qui devait se célébrer bienlot après. Ce fut le conflit survenu à l'occasion de la guérison de l'impotent qui le forr^ a revenir immédiatement en Galilée. Le caractère mondain de la fête ne s'opposait pas à ce plan : il était plus digne de Jésus, le vrai patriote, de sanctifier la grande fête nationale et politique que de la fuir. Lors même donc -que de VVelte prononce son verdict en déclarant c qu'il n'y a pas une seule bonne raison à alléguer pour la fête de Purim, i> il me parait au contraire que tout parle en faveur de cette interprétation, qui est celle de Hug, Olshausen, Wieseler, Meyer, Lange, Gess, etc. — Irénée, Luther, Grotius, Lampe, Néander, Ilengslenberg, etc., se décident en faveur de la Pûque. Cbnsoslome , Calvin, Bengel, Hilgenfeld, etc., donnent la préférence à la Pentecôte. MaisTabsence d'article ne s'explique pas naturellement, s'il s'agit d'une des trois fêtes les plus connues. Si l'cm opte pour la Pentecôte, la parole VI, 4 : la Pâque était proche, suppo- •serait, entre V, 1 et VI, 1, plus de dix mois écoulés, sur lesquels Jean garderait un complet silence. Ebrard, Ewald. Licbtenstein, Riggenbach (avec doute), se prononcent pour
la fête des Tabernacles. De toutes les suppositions, c'est la plus improbable; car cette fête est expressément nommée VII, 2 : ii éopTYj Ttov *IouÂau«jv, tq cxy.voirr.via. Pourquoi Jean ne Taurail-il pas nommée ici, aussi bien que là? Lûcke, de Wette, Luthardt, envisagent toute détermination comme impossible.
Cette question a plus d'importance qu'il ne le parait au premier coup d'œil. Si Ton applique V, 1 à la fêle de Furim, comme nous croyons devoir le faire, le cadre de rhistoire de Jésus se resserre : deux ans et demi suRisent pour en renfermer toutes les dates : IV, 35, décembre (l*^ année]; V, 1, mars; VI, 4, avril; VU, 1, octobre; X, 22, décembre (2^ année) ; XII, 1, avril (3*^ PAque). Si, au contraire, V, 4, désigne une fête de Pdques ou Tune de celles qui la suivaient dans Tannée juive, l'on est forcément conduit k fixer à trois ans et demi la durée du ministère de Jésus. — Gess place ce voyage de Jésus à Jérusalem à l'époque de la mission des Douze en Galilée (Mattb. XI, 1 ; Marc VI, 12). Jésus se serait rendu seul en Judée. Cette •combinaison n'a rien d'improbable (voir à v. 13). Elle •expliquerait, par l'absence de Jean, le manque de détails dans le récit suivant. — Deyschlag n'est-il pas bien fonde à alléguer en faveur du récit de Jean son cours si naturellement articulé (Judée, ch. 1; Galilée, cb. II; Judée, cli. III; Samarie, ch. IV"; Galilée, cb. IV*>; Judée, ch. V; Galilée, ch. VI; Judée, ch. X, etc.), en opposition à ce contraste roide et sans transition chez les synoptiques : Galilée , Judée?