‹ Commentaire sur l'Évangile de saint JeanChapitre 84 sur 91 · V. 2. € Or il y a Jérusalem , à* la porte des brebis^, un · texte numérisé non relu

V. 2. € Or il y a Jérusalem , à* la porte des brebis^, un

1 Au lieu (le EHt, A D G L lisenl ev.

« ^ Vgaiiq quelques Mnn. retranchent sm tr,. Syr**»' Syr*^'» Cyr.

88i DEUXIÈME PARTIE.

réseÊ'voir iCeau, surnommé* en hébreu Hélhesda^^ ayant cinq poriù/ues, » — Le Sinaïl. retranche ies^mots i^ tt, à la, et fait ainsi de l'adj. irpoi^srixT, aiur brebis^ l'épithètede xoTcuftériôpa : Vétanij ntix brebis. Cette leçon est trop faiblement appuyée pour être admise, même aux yeux de Tiscliendorf. Il faut donc sous-entendre comme substantif de l'adj. icpoêarixT,, aux brebis^ l'un des substantifs, «•jlr,, porte, ou «^'opâ, marché. Les passages de Néhémie, III, 1-Jâ; XII, â, où est mentionnée une porte des brebis parlent en faveur de la première supposition. Néh. III,:], il est aussi fait mention d'une porte des poissonSj comme voisine de la précédente ; il est vraisemblable que ces deoi portes tiraient leur nom des marchés qui y étaient attenants. La porte des brebis devait être située du coté de la vallée de Josaphat^ à l'orient de la ville. Gomme ledit M. liovet, c le petit bétail qui entrait à Jérusalem y arrivait certainement par l'est ; car c'est de ce côté-là que se trouvent les immenses pâturages du désert de Juda. » Celle porte, comme le fait observer Hengstenbei*g , d'après Néh. XII, S9. 40, devait être assez rapprochée du Temple ; car c est de la poile des brebis que, dans la cérémonie de l'inauguration des murailles, le cortège des prêtres entra immédiatement dans l'enceinte sacrée. La porte, dite aujourd'hui de Saint-Etienne, h l'angle nord-est du Haram, répond à toutes ces données. M. de Saulcy (Voyage autour de la mer Morte, t. II, p. 367 et 368) admet, d'après quelques passages de saint Jérôme et d'auteurs du moyen-âge, qu'il y avait en cet endroit deux étangs voisins, et, soo^ entendant xoVj[«..âv{6pa, il explique : c Auprès de Cétang probatique, il y a Vétang surnommé Béthesda. » .Malgré le

* Au lieu (le r, £riX£yo|i£vr„ M lit to Xî^ojavov, D V Mnn.Xcvo^Aivr,.

* Au lieu de Br^Oeada, K L I Mn. lisent Kr.e^cOx, Ea<. Rr.^sOc. B V^\ Br^e^atea, D Bc^CcOa.

cuAP. V, 2. 385

;on triomphant * avec lequel cette explication est proposée, ûle est inadmissible. I/expression de Tévangéliste ainsi comprise supposerait connu de ses lecteurs grecs ce pré- ^ndu étang probatique^ qui n'est pas même une fois mentionné dans TA. T.* Meyer, acceptant la leçon du SincCit. ro >.eY^(i,evov éêpaicTt BYiOçàSa, explique : « 11 y a près de f étang aux brebis l endroit appelé en hébreu Dethsatha. d Mais encore une fois comment supposer qu'un endroit aussi inconnu que l'étang aux brebis pût être indique comme point d'orientation à des lecteurs grecs? Le féminin e/ouça, qui suit, est d'ailleurs peu conforme à cette lecpn, qui n'est qu'une correction maladroite, comme tant d'autres que l'on rencontre dans ce manuscrit. — liengel. Lange, ont conclu du prés. eaTt, // y a, que l'évangile avait été écrit avant la ruine de Jérusalem. Mais ce présent peut être inspiré par la vivacité du souvenir; puis un étang est quelque chose de permanent, qui appartient à la nature du lieu et peut survivre à une catastrophe. Tobler (Denkblàtter^ p. 53 suiv.), a prouvé qu'au V^' siècle on montrait encore les portiques dont il est ici parlé. — llengstenberg conclut du sTu, sur, dans le mot eTTtXeYojjLÊV/; , «surnommé, » que l'étang portait encore un autre nom. Mais il est tout simple de penser que Jean envisage le mot élany comme le nom, et Béthesda, comme \e surnom, — L'expression: en hébreu, désigne Taraméen, qui était devenu la langue popu-

• Voici ses expressions: « Il est fort curieux de \oir que les commentateurs aient fait des efforts incroyables i)0ur compremJre ce

verset Ils ont ët^ aussi heureux les uns que les autres, dans leurs

suppositions; c'était le mot xoXu(ji|^7,0Ga qu'il fallait sous-entendre, et tout devenait clair. » — M. de Saulcy admet que, d'après Brocardus, le second étang était situe à l'ouest du premier. Le passajîe cité prouverait plutôt quMl devait être au nord.

' Si Ton ])er3istait à admettre cette explication, il vaudrait mieux foire de xoXj|xpr,Oj;a uu datif et en tirer le nominatif, sujet de ctti.

i« Vol. 25

laire depuis le retour de la captivité. — L'étymologie la plus naturelle du mot liélhesda est certainement Knon n»2, lieu de miséricorde^ soit que ce nom fasse allusion à la munificence de quelque Juif pieux qui avait fait construire ces portiques pour mettre à couvert les malades, soit qu'il se rapporte à la bonté de Dieu, de laquelle provenait cette source bienfaisante. Delitzsch a supposé que Télymologic était Keth-esldw (VOOK), péristyle. On a pensé aussi à Betk- Aschada (tnVH) , endroit de t effusion (peut-être du sang des victimes). — Les variantes alexandrines ne paraissent être que de grossières corruptions. (Voir celles de B et de D.) — On pourrait supposer que ces portiques étaient cinq édifices isolés, disposés en cercle autour de Tétang. Mais il est plus naturel de se représenter un édifice unique, formant un péristyle pentagone, au centre duquel se trouvait le réservoir. — On connaît encore aujourd'hui, à Torient de la ville de Jérusalem, quelques sources d'eaux minérales; entre autres, à l'ouest de l'enceinte du temple, dans le quartier mahométan, les bains de Aïn-es-Schefa (Ritter, 10*^ partie, p. 387). Tobler a prouvé que cette source est alimentée par la grande chambre d'eau située sous la mosquée qui a remplacé le temple. Une autre source plus connue se trouve au pied du versant sud-est de Morija; elle se nomme source de la Vierge. Nous possédons sur celte piscine deux rapports principaux, ceux de Tobler et <le Robinson. La source est Irès-intenniltenle. Le bassin est parfois tout à fait à sec; puis on voit l'eau jaillir entre les pierres. Le 21 janvier i845, Tobler vil l'eau monter de 4 Vi pouces, avec une légère ondulation. Le 14 mars elle monta pendant plus de 22 minutes jusqu'à 0 ou 7 pouces, et en deux minutes redescendit à son niveau précédent. Robinson vit Teau monter d'un pied en 5 minutes. Une femme l'assura que ce mouvement se répète

dans certains temps deux à trois fois par jour, mais qu'en été on ne le remarque souvent qu'une fois en deux ou trois Jours. Ces phénomènes présentent une certaine analogie avec ce qui est raconté de la source de Béthesda. Eusébe parle aussi de sources, existant dans cette localité, dont Teau était rougeàtre. Celte couleur, qui provient évidemment d'éléments minéraux, était, selon lui, due à rinfiltraiion du sang des victimes. La tradition place Tétang de Béthesda dans un grand enfoncement carré entouré de murs et situé au nord du llaram, au sud de la rue qui part de la porte Saint-ïtienne. Il se nomme lUrket-hraU: il a environ 21 mètres de profondeur, 40 de largeur, plurs du double de longueur. Le fond est à sec, rempli dMierbes et d'arbrisseaux. Robinson a supposé que c'était un fossé, appartenant jadis aux fortifications de la citadelle Antonia. Cette supposition est rejetée par plusieurs hommes compétents. Quoi qu'il en soit, Béthesda devait se trouver à peu près dans cette localité, car c'est là qu'était située la porte des brebis (voir plus haut). Comme il est impossible d'identifier la piscine de Béthesda avec l'une des sources thermales dont nous venons de parler, elle doit avoir été recouverte par les décombres, ou avoir disparu, ainsi qu'il arrive si souvent des fontaines intermittentes. Les sources que l'on trouve aujourd'hui prouvent seulement combien le sol €st favorable à ce genre de phénomènes *.

V. 3 et 4. « Sous ces portiques étaient couchés un grand nombre de malades y aveugles y boiteux , perclus*, atten-

* Josèphe, Bell. juâ. non \ntiq. comme dit Meyer par erreur) X, 5, 4, parle de deux piscines nommées Strouthion et Amygdalon; la première près de la citadelle Antonia au nord-ouest du temple ; la seconde au nord du temple. Bëthesda doit avoir été située non loin do là, vers l'angle nord-est.

• D a b ajoutent à Çr,ct.)v : ::apaXjTtxfijv.

dant le mouvement de l'eau >. [i Car un ange descendait de temps en temps dam le réservoir et troublait [eau; celui donc, qui y entrait le premier après VayitaUon de Veau, guérissait, de quelque maladie quil fût atteint-.] > — Le spectacle que présentait ce portique entourant la piscine, est reproduit en quelque sorte de visu par M. Bovet, décrivant les thermes d'Ibrahim, près de Tibériade. « La salle où se trouve la source est entourée de plusieurs portiques, dans lesquels nous voyons une foule de gens entassés les uns sur les autres, couchés sur des grabats ou roulés dans des couvertures,' avec de lamentables expressions de misère et de souffrance.... La piscine est en marbre blanc, de forme circulaire et couverte d'une coupole soutenue par des colonnes; le bassin est entouré intérieurement d'un gradin ou l'on peut s'asseoir. » A Réthesda, on ne descendait sans doute dans le réservoir que par un étroit escalier (v. 7). Er^pot désigne proprement ceux qui ont quelque membre atrophié, ou atteint, selon l'expression vulgaire, de décroît. La (in du v. 3 et le v. i, qui manquent dans la plupart des Mss. alex., sont retranchés par Tischendorf, Liïcke, Tholuck, Olshausen, Meyer. Le grand nombre de variantes et les signes de doute dont ce passage est marqué dans plusieurs Mss., parlent en faveur du retranchement. Les défenseurs de l'authenticité du passage en expliquent l'omission chez les alex. par une antipathie dogmatique qui se trahirait par une omission sem-

» N A B C L Syr""" Sali, (juohiuos Mnii. omettent la fin «lu \.3 depuis £xoE/ojx£vci>v (nttoulant) inclusivement, ('eltc fin s«^ lit dans 1) I r A A n et 9 autres Mjj. Mnn. It. S\ r*-'».

* Tout le V. 4 est retranche* par N B (i D It»''M Syr^'»** Sali, quelques Mnn. Outre cela, le t(»\te présente daas les autres Mss. un nombre exceptionnel de variantes: au lieu de yac: xat ;L It»*»*!;; au lieu de avvsAo;: a^Y- xusioi» >V K L lt'''*i Vj:. 30 Mnn.:; au lieu de xaTs^-.vsv: eàojcTo 'A K n'; au lieu de sTapajas: gTa^oaiisto 'plu.^ieurs Mjj.'; etc.

blable Luc XXII, 43. 44 (l'apparition de l'ange à Gethséinané). Cette supposition ne s'appliquerait en tous cas ni au SinaïLy qui a le passage de Luc au complet, ni à VA- Icvandrinus , qui, dans notre passage, lit le v. 4. Le Vatic, seul présente à la fois les deux omissions; ce qui ne suffit pas, évidemment, pour justifier le soupçon énoncé plus haut. Il nous parait, comme à Ewald, que la vraie leçon est celle qui s'est conservée dans le Cantabrig. et dans de nombreux Mss. de Vltala; elle maintient la fin du v. 3 et omet lout le V. 4. Les mots : atiendani le mouvement de reau, pouvaient en effet aisément provoquer une glose. De là, l'interpolation très-ancienne du v. 4, verset qui se trouve déjà dans une des Vss. syriaques fSyr»*^**] et auquel Tertullien parait faire allusion (de Bapl. c. 5). C'était l'expression de l'opinion populaire sur le mouvement périodique de l'eau. Une partie des «ilex. omirent avec raison le V. 4, mais retranchèrent en même temps à tort les derniers mots du V. 3, qui avaient donné lieu à la glose. Je dis à tort;, car le v. 7 suppose presque nécessairement l'authenticité de ces mots. — De quel droit M. Reuss peutil donc prononcer c qu'on a vainement contesté l'authenticité de ce passage, » à moins que ce ne soit un droit de la critique d'attribuer à chaque écrivain biblique le plus de superstitions qu'il se pourra? — D'après le texte authentique, il n'y a plus rien de surnaturel dans le phénomène de Béthesda. Tout se réduit à l'intermittence si fréquemment observée dans les eaux thermales. L'on sait de plus que ces eaux ont la plus grande efficace au moment où elles jaillissent, mises en ébullition par l'action redoublée du gaz. — Hcngstenberg admet l'intervention de l'ange et ne craint pas d'appliquer la même explication à toutes les eaux thermales. Mais il faudrait, dans ce cas, admettre une singulière exagération dans les termes du v. 4. Car enfin.

aucune eau minérale ne guérit instantanément les malades et tous les malades.

V. 5-7. « // y avait là^ un homme détenu de sa* maladie depuis trente-huit ans. 6 JësuSy f ayant vu couché^ ei comprenant quil était malade déjà depuis longtemps^ lui dit : Veux-tu être guéri? 7 Le malade lui répondit : Seigneur *, je nai personne pour me jeter ^ dans le réservoir, quand l'eau vient à être troublée; et pendant que je vais, un autre y descend avant moi. » — La longueur de la maladie est mentionnée, soit pour faire ressortir combien elle était invétérée et diilicile à guérir, soit plutôt, d'après le V. C, pour expliquer la compassion profonde dont Jésus fut saisi en contemplant ce malheureux. — ''Eywv pourrait se prendre dans le sens intransitif (acôevô; êytvî) ; mais la construction est si semblable à celle du v. 6, où ypovov est évidemment l'objet de eyci, qu'il est préférable de faire de £TYi l'objet de eywv : « Ayant trente-huit ans de maladie. > On a ce qu'on a souffert.

Jésus parait ici subitement et comme sortant d'une espèce d'incognito. Quelle différence entre cette an'ivée sans éclat et son entrée dans le temple à la première Pàque, 11, 13 et suiv. ! Ce n'est plus ici le Messie ; c'est un simple pèlerin. — Meyer traduit yvo'j; : ayant appris^ comme si Jésus avait pris des renseignements. Ce sens est contraire à l'esprit du texte. Tvo'j; indique une de ces aperceptions instantanées par lesquelles la vérité se révélait à Jésus dans la mesin*e ou l'exigeait sa tache du mo*

^ K seul omet £X£;.

' K B (^ D L ÏIP''^'''4 quelques Mnn. lisent (après aoOsvEta) a-j-roy qu'omet T. R.BNec A I r A A n et 9 autres Mjj. ' K seul lit avax£:{X£vov 'V.

* E F G H Syr**^*» quelques Mnn. lisent vat (oui) avant xupîs.

* Le T. R. lit ^aXXr, asec quelques Mnn. seulement; tous les 3ijj. lisent ^\T^.

CIIAP. V, 4-7. 391

nient. Le v. 14 montrera que la vie entière du malade est présente aux regards de Jésus, comme Tétait au cli. IV celle de la Samaritaine. — Le lony temps pourrait être celui de Taltente a Béthesda; car cet homme se faisait sans doute porter là chaque jour depuis un temps considérable (v. 7). Mais il est plus probable que cette expression se rapporte à la longueur de la maladie et rappelle les trentehuit ans du v. 5 : ainsi s'explique bien l'identité de la construction. — La fête de Purim était célébrée chez les Juifs par des œuvres de bienfaisance et par des présents, r/était le jour des largesses. Le jour de Purim, disait un Juif, on ne refuse rien aux enfants. Jésus entre dans l'esprit de la fête, comme nous verrons qu'il le fait aux ch. VI et VU, relativement aux rites des fêtes de Pâques et des Tabernacles. Sa compassion, éveillée par la vue de cet homme gisant et abandonné (3taTax£t(jt.£vov) et par la contemplation de la vie de souffrances qui avait précédé ce moment {rM)y le pousse à user aussi de largesse et à accomplir spontanément envers lui une œuvre de miséricorde. Sa question : « Veux-tu être guéri f » est une promesse implicite. Jésus dit à cet homme non êo'JXet : « l)ésircs-tu? » mais 9£>.£t; : « Es-tu bien décidé à....? » Car le désir n'est pas douteux; mais l'énergie de la volonté parait manquer. Elle ne peut renaître qu'avec la foi. D'un coté, en interrogeant ainsi, Jésus tire le malade, comme dit Lange, du sombre découragement on l'avait plongé cette longue et inutile attente, el ravive en lui l'espérance; de l'autre, il détourne sa pensée du moyen de guérison auquel elle s'attachait exclusivement, et lui en fait pressentir un nouveau. Le malade est ainsi mis en rapport moral avec la personne de Jésus, qui doit devenir pour lui le vrai Héthesda. Comp. la parole analogue de Pierre à rimpolent xVct 111, A : « Regarde-nous, » — La réponse

du malade ne suppose nullement l'autlicnticité du v. i e( s'explique sufiisamment par le jaillissement intermittent de la source.

V. 8 et 9. € Jésus lui dit : Lève-toi^y prends ion Ut*, et marche. 9 A l'instant ntême^, cet homme fut guéri* y et il prit son lit, et marchait. Or ce jour-là était un sabbat. > — Le mot xpàfifiaToç vient du dialecte macédonien (Passow).— L'imparf. il marchait peint dramatiquement la jouissance de la faculté recouvrée. •

V. 10-13. « Les Juifs dirent donc à celui t/ui avait été guéri: Cest le sabbat ; il ne t'est pas permis Remporter ton lit, 11 // leur répondit * ; (^*est celui qui m'a guéri qui m'a dit : Prends ton lit, et marche^, i^ Ils lui demandèrent donc : Qui est cet homme qui t'a dit : Prends ton Ut et marche? 13 Mais celui qui venait d'être guén \ ne savait pas qui c'était ; car Jésm avait disparu *, vu qu'il y avait foule en ce lieu-là •. d — L'acte de Jésus pouvait paraître une contravention à la lettre de la loi : car c'était un jour de sabhat. Les rabbins distinguaient trente espèces de travaux interdits par le quatrième commandement. L'acte de porter un meuble et celui de guérir, hormis dans les cas de danger pressant, étaient expressément exclus par leur tradition. De là le reproche adressé à cet homme

* ï. R. lit sYEtcai avec U V F A Mnn.; les autres: eyeipe.

* T. R. avec V et plusieurs Mnn.: xpap^Tov; 17 Mjj. xpafteTtov: »: xpapaxTOv; E: xca^Tov.

' K D seul omettent suOecd;.

* K lt"ï'*i lisent ici xai rjEpOî) (et se leva).

* Au lieu d'a7:£x,o'.07], A B : o$ $e, et C G K L A : o 8e, ocrsxptOr, : K : 0 ^s anexptvaTO.

* Au lieu d'apov et TrepinaTEt, N lit dans ce verset et dans le suivant «p«i et îTEpinaTeiv. — K B C L omettent tov xpa^^rov aoy.

' Au lieu de taOïiç, Tisch. lit a«6£vojv avec D It* seulement.

* N D lisent cveuacv, au lieu d'E^cveuaev.

* K seul: 'xsaw au lieu de To;:t.).

par les Juifs qui identifient, mais à tort, l'explication rabbinique du commandement mosaïque avec son sens réel. — Le malade met très-logiquement son action sous la garantie de celui qui lui a donné miraculeusement la force de raccomplir. — La question des Juifs est rapportée avec tinesse. Ils ne demandent pas : c Qui t'a guéri? i> Le fait du miracle, assez surprenant cependant, les touche fort peu. Mais la contravention k leur statut sabbatique, voilà -qui est digne d'attention ! On reconnaît l'esprit des 'lou^aiot (v. 10). — L'aor. taO«î; fait ressortir avec force le moment ou le malade ,a acquis la conscience de sa guérison, et a cherché du regard son bienfaiteur, tandis que le parf. TgSgpaT:€V(jL£vo; (v. 10) désignait simplement le fait de la guérison accomplie, tel qu il s'offrait aux yeux des Juifs, au moment où ils parlaient à cet homme. La leçon adoptée par Tischendorf (o âejOevwv) n'a aucune valeur intrinsèque et n'est point suffisamment appuyée. — Le but de Jésus, en s'éloignant si rapidement, avait été d'éviter le bruit, l'attroupement; il craignait l'enthousiasme charnel qu'excitaient ses miracles. Mais il ne résulte pas de là que les derniers mots : « vu ffuil y avait foule en ce lieu, » soient destinés à exprimer ce motif. Ils font plutôt ressortir, comme le pense Ilengstenberç, la possibilité de l'évasion. Jésus avait aisément disparu au milieu de la foule qui se pressait en ce lieu. C'est sans doute là le sens que prétend exprimer la leçon du Sina'H, : èv (xé^w, au milieu de. Néanmoins elle est inadmissible, aussi bien que l'autre variante du même Ms. dans ce verset (Jveocgv). — 'Exve'iw, proprement : faire un mouvement de la tête pour éviter un coup, d'où: s'esquiver. Comment Meyer peut-il nier que l'aor. ait ici le sens de plus-que-parfait? — De ce petit détail on peut conclure que Jésus n'était pas accompagné de ses disciples, ce qui confirmerait l'idée de Gess(p.383).

V. 14 et 15. « Après ceki^ Jésus fe* trouve da$is le temple et lui dit: Te voilà rendu à la santé; ne pèche plus, de peur quil ne f arrive queU/ue chose de pire. 15 Cet homme s'en alla rapporter ^ aux Juifs que c'étnit Jésus qui l'avait guéri. » — Le malade était peut-être venu dans le temple pour y offrir un sacrifice d'actions de grâces. I/avertissement que Jésus lui adresse suppose certainement que sa maladie avait été soit l'effet, soit la punition du péché ; mais il faut se garder de conclure de cette parole, comme on Ta fait souvent, que la maladie résulte toujours du péché individuel ; elle peut avoir pour cause, dans bien des cas, Tallération de la vie colleclive de Tkumanité par le péché (voir à IX, 3). — Par quelque chose de pire que trente-huit années de souffrances, Jésus ne peut entendre que la damnation.

Dans la révélation que l'impotent fait aux Juifs, il ne faut voir ni une communication dictée par la reconnaissance et le désir d'amener les Juifs à la foi (Chrysostome, Grotius, etc.), ni une dénonciation malveillante (Schleiermacher, Lange), ni un acte d'obéissance envers les autorilés (Liicke, de Wettc, Luthardt), ni enfin la proclamation hardie d'un pouvoir supérieur au leur (Meyer). C'est tout simplement la réponse qu'il n'a pu faire au v. 13 et qu'il fait maintenant à la décharge de sa responsabilité; car il restait lui-m(}me sous le grief tant qu'il n'avait pu le renvoyer à l'auteur de Tacle, et cette violation du sabbat pouvait entraîner pour lui la peine de mort, v. 16. 18. Coiiip. Nomb. XV, 35.

* N Syr*^'»': tov TîOîparrjjjLsvov, au lieu de auTov.

• Au lieu (l'avr,vv£.ÀE, D K U A 20 Mnn. lisent Tir.r-^ziki : n C L S}r. Cop. : £:::tv.

cnAP. V, 14-17. 395

Vi 16. € C'est pourquoi les Juifs poursuivaient Jésus^, parce qu'il faisait de telles choses le jour du sabbat, t^ — Atà toOto, c'est pourquoi, résume ce qui précède et en même temps est expliqué par la phrase qui termine le verset : parce que ... — Le mot ^woxetv, poursuivre^ indique la recherche des moyens de nuire. — En faveur de l'authenticité des mots suivants dans le T. R. : Et ils cherchaietit à le faire mourir, on peut alléguer le [LiXkoy, encore davaniagCy v. 18. Mais on peut dire, et avec plus de probabilité encore, que c'est ce mot du v. 18 qui a provoqué celte glose. — L'imparf. eiuoUt, il faisait, exprime malignement ridée que la violation du sabbat est passée chez lui à l'état de principe: il est coutumier du fait. Cette idée se perd entièrement dans la traduction inexacte d'Ostervald et de Rilliet : « parce qu'il avait fuit cela.» — Le pluriel TaOra, ces choses, rappelle la double violation du sabbat par la guérison et par le port du fardeau.

Remarquons ici deux analogies entre Jean et les synoptiques : 1^ Dans ces derniers aussi, Jésus est souvent obligé de faire ses miracles comme à la dérobée, et même d'imposer silence à ceux qu'il a guéris. 2*» C'est aussi à l'occasion des guérisons sabbatiques que, d'après eux, le conflit éclate en Galilée (Luc VI, 1-H).

H. — Le discours de Jésus: v. Il -il.

Dans ce discours essentiellement apologétique sont développées les trois pensées suivantes :

V Jésus justifie son œuvre par le rapport de dépendance qui existe entre son activité et celle de son Père : v. i 7-30 ;

2^ La réalité de cette relation ne repose pas uniquement

* Le T. R. ajoute ici ml: estjtouv auTov «;:oxT£tvai avec M Mjj. la plu- I»art des Mnn. It* Syr<^^. Ces moU sont omis dans N B C D L Iti»'«^"H Vj:. Syr*-'»"" Cop.

sur ratïirmation personnelle de Jésus ; elle a pour garantie le lémoignaye de Dieu même : v. 31-40 ;

3** Appuyé sur ce témoignage du Père, Jésus passe de la défense à l'attaque et dévoile aux Juifs la cause morale df leur incrédulité j l'absence du vrai esprit mosaïque: v. 4147.

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