‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 106 sur 278 · NX B D L quelques Mnn. omettent ta tpofata · texte numérisé non relu

NX B D L quelques Mnn. omettent ta tpofata

3. Les mêmes omettent les premiers mots du verset jusqu’à peuyer compris.

tout à coup exposées à l'attaque du loup qui se tient aux aguets sur leur passage. Jésus reprend ici l’image du berger. L'expression je suis venu (v. 10) faisait déjà pressentir ce retour à l'image employée dans le premier tableau. Mais cette troisième allégorie ne se confond pourtant pas avec la première. Dans celle-ci régnait le contraste du berger et du voleur; dans celle que nous allons étudier, l’antithèse est toute différente; c’est celle d’un bon berger et d'un gardien mercenaire. C'est au loup qu'appartient, dans cette troisième allégorie, le rôle décidément hostile attribué au voleur dans Ja première.

Le mot xaïds désigne la bonté comme suprême beauté morale. La suite montrera en quoi cette bonté consiste; c’est le dévouement poussé jusqu'au sacrifice complet de soimême, C’est là le mobile du ministère par excellence, de celui du bon berger. — Plusieurs ont trouvé dans l'expression buy titéva (littéralement : mellre sa vie) l'idée d’un gage à déposer, en vue d'une rançon à payer. Hengstenberg croit que cette expression est empruntée à Es. LIN, 40. N’est-il pas plus simple de la rapprocher de celle que nous trouvons chez Jean XII, 4: iuarux tibévar, déposer de sa propre main ses vêtements. L’idée est donc : renoncer volontairement à sa vie. — Îl ne faut pas traduire, au v. 12, comme Ostervald, Arnaud, Crampon : € Qui n’est pas le berger. » Cest la quulilé de berger qui est refusée au mercenaire. Qui Jésus a-t-1l voulu représenter par ce personnage du mercenaire ? Presque tous les mterprètes y voient l'image des pharisiens qui seraient présentés 1ci sous un jour un peu moins défavorable que dans la première similitude. Mais n’y a-t-1l pas opposition complète entre le rôle de gardiens payés dont le péché est simplement la lâcheté, et celui de ravisseurs proprement dits ? Et si le mercenaire représente les pharisiens, qui donc est représenté par le loup ? Selon

Meyer, Jésus désignerait par cette image toute puissance antimessianique, par conséquent aussi l'autorité pharisaïque; de sorte que le mercenaire fuyant devant le loup réprésenterait les pharisiens fuyant devant les pharisiens! Lange, dans la Vie de Jésus, entend par le loup la puissance romaine. Mais est-ce sous les coups de la puissance romaine qu'est tombé Jésus? Il me paraît que le passage XIT, 42 nous met sur la voie de la vraie explication : «Beaucoup d’entre les chefs crurent en lui; mais, à cause des pharisiens, ils ne le confessaient pas, de peur d’étre chassés de la synagogue.» Cest proprement le principe pharisaïque qui a fait périr Jésus. Ce parti s'était tellement emparé de l'esprit du peuple et avait si bien exploité l’orgueil national que quiconque, même parmi les chefs, ne ployait pas devant lui était discrédité. L'autorité légitime établie de Dieu en Israël, les prêtres et les Lévites, qui auraient eu mission pour s'opposer à l'invasion de cet esprit malfaisant, n’osaient lutter contre ce despotisme spirituel ; ils fléchissaient le genou devant le tyran, comme l'ont fait les évêques et Les prêtres, dans les beaux temps du jésuitisme, devant l’irrésistible puissance de cet ordre fanatique. Et qui donc osa seul affronter cette lutte et en supporter tout le poids ? Jésus; l’histoire prouve qu'il a péri victime de la courageuse fidélité avec laquelle il a tenu tête au principe du pharisaïsme. Si donc le loup représente le principe positivement hostile à la théocratie: les pharisiens, le mercenaire désigne l’autorité légitime du sacerdoce, qui par devoir aurait . dû remplir la tâche que Jésus a accomplie par dévouement. Un fait prouve bien qu'il y avait en effet plus de lâcheté que d’incrédulité réelle dans la conduite des prêtres. Cest le détail mentionné Act. VI, 7: «Une grande multitude de sacrificateurs obéissaient à la foi.» Jésus ne présente ici que les facteurs historiques qui ont concouru à laccomplis- II. 19

sement du décret de sa mort. Il n’a pas à parler des raisons profondes et divines qui ont présidé à ce décret luimême. Hengstenberg et d’autres ne voient dans le mercenaire qu'un personnage fictif destiné à mettre en lumière par le contraste le caractère du bon berger. Mais pourquoi, dans. ce cas, consacrer deux versets entiers à décrire ce personnage, sa conduite et ses motifs? — Le mot &orater, ravit, s'applique aux individus que le loup atteint («itx), tandis que oxopniéer, disperse, se rapporte à tout le troupeau. Il faut donc bien se garder de retrancher, avec les alexandrins , les mots +a xoo8ata. Tischendorf les a rétablis dans son édition de 1859. Dans ce troisième tableau, les brebis désignent [sraël tout entier, en opposition à ceux que Jésus appelle spécialement mes brebis (v. 14).

V. 14-16. « Pour moi, je suis le bon berger; et je connais mes brebis, et je suis connu de mes brebis, 15 comme le Père me connaît et comme je connais le Père; et je donne * ma vie pour les brebis. 16 Et j'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là aussi, il faut que je les amène; et elles entendront ma voix; et il y aura un seul troupeau, un seul berger.» #48 répétition de ces mots du v. 11: «Je suis le bon berger,» vient du contraste formé par la figure du mercenaire; et cette épithète de bon est expliquée par la description du lien de tendre affection qui unit Jésus à ses brebis. Chacune d'elles est individuellement connue de lui. Il discerne ce qu'il a en elle et ce qu’elle sera pour lui. Il y a une relation intime entre le verbe (je connais » et le régime «mes brebis. » Cest de ce rapport de propriété que résulte l'intimité de la connaissance. Mais cette connaissance est réciproque. Les

1. T. R. lit avec 11 Mjj. tous les Mnn. Syr. ytvwoxomat UTo Twy epov. N BDLIt Vg. Cop.: ytvwoxouorv pe ta ea.

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