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croyants aussi, en contemplant Jésus, discernent ce qu'il ressent et ce qu'il veut être pour eux. — De cette relation mutuelle entre Jui et ses brebis Jésus remonte à celle qui en est le modéle et le principe: son union avec le Père. «Comme» (xatuws) n’exprime point ici une simple comparaison (boxe). Ge mot caractérise la connaissance qui unit Jésus à ses brebis comme étant de même nature que celle qui lunit à Dieu; c’est la même intimité, à tel point que cette seconde relation est le seul milieu dans lequel puisse se former la première : «Afin qu'ils soient un en nous, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi» (XVIT, 91).
Après être ainsi remonté à la source suprême de la relation qu'il décrit, Jésus revient à la preuve extérieure la plus saisissante de son amour pour ses brebis. Ces mots: «Je donne ma vie pour les brebis,» forment une sorte de refrain (comp. v. 11. 17. 18) comme nous en avons rencontré plusieurs semblables dans notre évangile, dans les moments où le sentiment s’exalte (IE, 15. 16; IV, 23. 24; VI, 39. 40. 44. 54). Cette parole de Jésus, même si, d’après le v. 45, on applique le terme les brebis aux seuls croyants, ne contredit point celle de saint Jean : (IL est la propitiation non pas seulement pour nos péchés, mais pour ceux de tout le monde» (1 Jean IF, 2). Car la mort de Jésus, dans l'intention divine, est pour tous; mais, en réalité, elle ne profite qu'aux seuls croyants; et Jésus sait bien que le ôtéo (en faveur de) ne se réalisera que pour ces derniers. |
Mais 1l est impossible que ce sacrifice sans exemple ait un objet aussi restreint que ces quelques croyants, tels que les disciples et l’aveugle-né, qui consentent à se séparer du peuple incrédule. Le regard de Jésus s'étend en largeur (v. 16), à mesure qu'il plonge et dans la profondeur et dans la hauteur (v. 15). La mort d’un être tel que le Fils doit obtenir un salaire infini. Les autres brebis dont la posses-
sion le dédommagera de la perte de celles qui refusent aujourd’hui de le suivre, sont évidemment les païens croyants. Jésus déclare qu'il les a, et non pas seulement qu'il les aura; car tout ce qui est de la vérité, dans l'humanité tout entière, est à lui de toute éternité (XVIIL, 37). Nous retrouvons ici l’une des pensées les plus profondes de notre évangile, pensée qui découle directement du rapport que le prologue établit entre le Logos et l'âme humaine. Vie et lumière de l’âme non déchue, le Logos l'illumine encore dans son état de chute; et, parmi les païens eux-mêmes, ceux qui obéissent à cette lumière intérieure reconnaissent en Jésus leur idéal et s’attachent à lui, comme ses brebis. — L'adj. démonstr. taÿrnç, placé comme il l'est après le substantif: ceile bergerie-ci, suppose bien, comme le croit de Wette, et quelles que soient les objections de Meyer, que Jésus envisage aussi les nationalités païennes comme des bergeries, comme des groupements préalables, divinement établis pour préparer l'Évangile. Meyer, commettant encore ici la faute qu'il avait commise dans l'explication de la première allégorie, celle d'expliquer une similitude par l'autre, entend l’expression &yæysiv dans le sens de paitre, d’après l’image des v. 4 et 9. Mais la fin du verset montre que l'idée d’une grande réunion à opérer remplit, en ce moment, l'esprit de Jésus; il faut donc expliquer ayæyety dans le sens d'amener (Ve.: adducere). Gomp. XL 52 : cuvayayetr sis év. C’est essentiellement l’œuvre de saint Paul, avec les travaux des missionnaires qui l'ont suivi jusqu’à nos jours, que décrit cette expression. Et la troisième similitude, annonçant l’appel des païens, devient ainsi Le pendant de la première qui décrivait la rupture de l'Église avec Israël. — Les mots : « Elles entendront ma voix,» rappellent cette expression, à la fin des Actes: «Le salut de Dieu a élé envoyé aux Gentils; et aussi is l’entendront» (XXVIIT, 28).
— Il y a de la solennité dans ces derniers mots simplement juxtaposés : (Un seul troupeau, un seul berger.» Ils renferment la grande pensée qui forme le texte de l’épître aux Éphésiens : le renversement du mur de séparation entre Juifs et païens, par la mort du Christ (Éph. Il, 11-92). Cette prophétie s’accomplit encore Journellement sous nos yeux dans le monde païen. Quant à la conversion finale d'Israël, elle n’est ni directement ni indirectement indiquée 101.
V. 17 et 18. «C'est pour cela que mon Père m'aime: parce que je donne ma vie afin de la reprendre; 18 personne ne me l’ôte', mais je la donne de moi-même; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre: c'est là l’ordre que j'ai reçu de mon Père.» — La notion d’un don libre était renfermée dans l'expression +» buy tthévor (mettre sa vie). Mais l’image que venait d'employer Jésus pouvait obscurcir cette idée importante. Car sil y a du dévouement, 1} y a aussi de l'impuissance dans la mort du berger qui se laisse déchirer par la bête féroce pour procurer au troupeau le temps de se sauver. Voilà sans doute la raison pour laquelle Jésus, avant de terminer, fait ressortir expressément et avec force ce trait essentiel: la liberté complète avec laquelle il accepte la mort. Au todo, c’est pour cela, se rapporte, comme d'ordinaire dans saint Jean, à une idée précédemment exprimée, mais qui va être relevée et développée dans la proposition suivante, commençant par ot (V, 18). L'idée essentielle de ce v. 17 n’est donc point celle que renferme la proposition principale : «Mon Père n'aime;» c’est celle qui est exprimée par Ja subordonnée : «Il m'aime, parce que je donne ma vie.» Sans doute, le Père aime éternellement le Fils; mais, une fois fait homme, le Fils ne peut être approuvé et aimé de