‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 155 sur 278 · GDLX lisent vuy au lieu de ot · texte numérisé non relu

GDLX lisent vuy au lieu de ot

4. Les alexandrins : axoxpuwetar. Les byzanlins : atexotfn auto.

les eaux et avoir gravi avec lui la montagne de la Transfguration, Pierre ne pourrait-il le suivre dans son état de gloire, pour revenir bientôt avec lui sur la terre, quand il y établira son règne? — Jésus déclare la séparation inévitable, pour le moment. La raison en serait-elle que la Rédemption n’est pas encore consommée, ou que la sanctification de Pierre n’était pas encore assez avancée? L'histoire du brigand converti rend ces solutions improbables. Jésus pense plutôt à la tâche que saint Pierre avait encore à remplir ici-bas pour l'établissement de son règne. Ce n’était qu'après l’accomplissement de ce ministère qu'il devait entrer avec Jésus dans la gloire. Cependant, Pierre suppose (v. 37) que Jésus ne parle ainsi que parce qu'il le croit incapable d'affronter la mort; 1l se déclare tout prêt à subir le martyre, et Jésus, le suivant sur ce terrain (v. 88), le déclare, au contraire, impropre à l'accompagner même sous ce rapport. — La prédiction du reniement de sant Pierre paraît avoir produit sur cet apôtre une impression très-profonde; il en est comme atterré, et, dès ce moment, il ne reprend plus la parole jusqu’à la fin de ces discours.

XIV, T et 2. (Que votre cœur ne se trouble point. Confiez-vous en Dieu; confiez-vous aussi en moi. 2 Il ya plusieurs demeures dans la maison de mon Père; si cela n’était pas ainsi, je vous l'aurais dit‘; je vais vous y préparer une place.» — Le ch. XIV aurait dû commencer à XIE, 81 ou 36; car les paroles suivantes sont en relation directe avec l'entretien précédent et particulièrement avec: cette parole de Jésus: «Tu me suivras plus lard.» Jésus. généralise cette promesse en l’étendant à tous les disciples, et l'explique en leur montrant de quelle manière elle s’ac-

rer

1. NABCDKLX 18 Mnn. Iilis Vg. Syr. Cop. intercalent ott entre um. et Topevoinat.

complira pour eux. Ge contexte précise le sens des premiers mots : « Que votre cœur ne se trouble point.» La pensée de la séparation qui s'approche ne doit nullement les troubler, parce que cette séparation est le moyen d'amener la réunion définitive entre Jésus et eux dans l'état de gloire où celui-ci va rentrer. Les deux verbes riotevere sont mieux en rapport avec tapacoéoôw, si on les prend comme impératifs : «Confiez-vous...,» que si on les envisage, ou tous deux ou l’un des deux, comme indicatifs : «Vous vous confiez.» Pour rassurer leur cœur, Jésus les invite à la confiance en Dieu, qui tient en réserve pour eux une vaste demeure céleste, et en lui, qui fera tout ce qui est nécessaire pour les y faire parvenir. Dans le premier membre, le verbe est en tête, parce qu'il s’agit d’opposer la confiance au trouble; dans le second, le régime précède le verbe, pour faire ressortir l’antithèse entre: en moi, et: en Dieu.

Dans le v. 2, l’image est, probablement, tirée de ces vastes palais orientaux où il y a un appartement, non-seulement pour le souverain et pour l'héritier du trône, mais pour tous les fils du roi, si nombreux qu'ils soient; et moi- Aa, plusieurs, ne se rapporte nullement à une diversité entre ces demeures, comme si Jésus voulait faire allusion aux divers degrés de félicité céleste, mais uniquement à leur nombre: «Il y a de la place, dans le palais de mon Père, de quoi y préparer une demeure pour chacun de vous.» Gette maison céleste est, sans doute, avant tout, un état : la position glorieuse assurée à Christ et à laquelle il associera les fidèles. Mais rien n'empêche d'admettre que cet état ne se réalise dans un lieu déterminé, où Dieu manifeste avec plus d'éclat sa présence et sa gloire. Lange pense qu’en prononçant ces paroles, Jésus montrait à ses disciples le ciel étoilé; mais XIV, 31 montre qu'il était encore dans la salle.

Les paroles suivantes ont été très-diversement interprétées; elles seraient faciles à comprendre, si l’on admettait la leçon qui met un êtx après du: «Si cela n’était pas, je vous aurais dit que je m’en vais vous préparer une place, » ou, Ce qui revient au même, si, tout en rejetant 8x, on traduisait: «...Je vous aurais dit: Je m’en vais...» Mais ce sens est mcompatible avec celui du v. 3, où Jésus dit qu'il va réellement, et dans ce but; et tous les efforts des Pères, qui, en général, donnent cette explication, n’ont pas réussi à faire disparaître cette contradiction. On a essayé de prendre les mots exo &v buiv dans un sens interrogatif. Ainsi, Ernest, Lange, Ewald: «Vous dirais-je» ou «vous aurais-je dit: Je m’en vais vous préparer la place?» Mais Jésus ferait allusion, par là, à une parole, prononcée précédemment ou en ce moment même, par laquelle il aurait promis d’aller leur préparer cette place; or une telle parole ne se trouve nulle part dans l’évangile. Quelques interprètes prennent aussi ces mots dans le sens interrogatif, mais sans leur donner pour objet la phrase suivante : «Si cela m'était pas, vous Faurais-je dit» ou plutôt «vous le dirais-je en ce moment même?» Il y aurait, dans cette forme, quelque chose de naïf, qui est bien en rapport avec l'invitation : « Confiez-vous en moi.» Cependant le sens naturel de eîmov. av est plutôt: «Vous l’aurais-je dit?» que : «Vous le dirais- Je?» et aucune parole antérieure dans l’évangile ne Justifierait cette citation. Il faut donc en revenir à l'interprétation la plus simple : «Si cela n’était pas, je vous l'aurais dit;» c’est-à-dire : (Si notre séparation devait être définitive, je n'aurais pas attendu à ce moment de vous le déclarer; Je me serais dès longtemps expliqué clairement sur un point qui me tient, ainsi qu'à vous, si fort à cœur.»

Il ne suffit pas qu'il y ait de la place dans la maison du Père; il faut que des logements y soient préparés. Et c’est

dans ce but que Jésus y précède ses disciples. Cette préparation consiste sans doute dans l’élévation de la nature humaine de Jésus à l’état divin; car c’est là la condition de notre propre glorification. Meyer, lisant avec les alexandrins 6e devant ropsvouot, interprète cette conjonction dans le sens de car et rattache cette proposition non aux mots qui précèdent immédiatement, mais à ceux-ci: ({l y a plusieurs demeures.» Mais ce sens est très-forcé, et 1l n’est pas naturel de faire des mots: CSt cela n’était pas, je vous l'aurais dit,» une simple parenthèse.

V. 3. «Et quand je serai allé et que’ je vous aurai préparé” une place, je reviendrai et je vous prendrai à moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi.» — Mais la préparation du logis elle-même ne suffit point encore; il faut fournir aux disciples les moyens de venir l’occuper. Jésus se charge aussi de ce soin. Le retranchement de xar, devant étoaow, dans quelques documents, ne change pas sensiblement le sens; néanmoins, le xat est nécessaire pour éviter la tautologie entre cette phrase et la précédente et ce qu'il y aurait de trop brusque dans la suivante : «Je reviens à vous.» La leçon étowaoat est une correction rendue nécessaire par le retranchement du xat. Aux deux verbes 7e serai allé et j'aurai préparé correspondent les deux verbes de la principale: je reviendrai et je prendrai à mor. Le prés. épyxomou, je reviens, mdique l’imminence de ce premier acte : «je m'empresserai de le faire.» Il est difficile, par conséquent, de rapporter ce terme à l’avénement futur du Seigneur (les Pères, Mever, Hofmann, Luthardt). Jésus n’a jamais affirmé la proximité de sa Parousie; 1l a plutôt fait entendre le contraire. Comp.: «Comme l'époux tardait à

Page 1