‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 181 sur 278 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

La prière.

C'était par un cri de victoire que Jésus avait terminé ses entretiens avec les disciples; mais c'était là une anticipation de la foi. Pour transformer en victoire la réalité présente, il ne fallait rien moins que la toute-puissance de Dieu. C’est vers elle que Jésus se tourne.

On divise ordinairement cette prière en trois parties : 1° la prière pour sa propre personne, v. 1-5; 2° la prière pour ses apôtres, v. 6-19; et 3° la prière pour l'Église, v. 20-26. Mais, quand Jésus prie pour lui-même, ce n’est pas sa personne qu'il a en vue, c’est l’œuvre de Dieu; quand il price pour ses apôtres, c’est comme organes et continuateurs de cette même œuvre; et quand il recommande à Dieu les croyants présents et futurs, c’est comme objets de cette œuvre et parce que ces âmes sont le théâtre où doit resplendir la gloire de son Père. Le cadre de la prière est done bien celui qu'indique la division généralement admise, mais la pensée dominante qui en fait l'unité est celle de l’œuvre du Père ou, ce qui revient au même, de la gloire de Dieu. Cette prière de Jésus est tout entière une inspiration de sa mission. Il remercie Dieu de ce qu'il lui a été donné déjà de faire pour sa cause, et il lui demande les moyens plus efli-

caces qui lui sont maintenant indispensables pour achever ce qu'il a commencé.

Cette prière est plus qu’une simple méditation. Jésus avait agi (ch. XII) et parlé (ch. XIV-XVD; maintenant il use de ce langage qui est en même temps un acte: il prie. Mais il ne prie pas seulement, il prie à haute voix; et ceci prouve que, tout en parlant à Dieu, il parle aussi pour ceux qui l'entourent; 1l veut les initier au commerce intime qu’il entretient avec son Père et, si possible, les entraîner à prier avec lui. C'est une réalisation anticipée de ce qu’il demande pour eux au v. 24: « Qu'ils voient la gloire que tu m'as donnée; là où je suis, qu'ils y soient aussi avec moi.» Il les élève avec lui dans la sphère divine où se meut son esprit.

On à appelé cette prière sacerdotale. C’est bien, en effet, ici l'acte du souverain sacrificateur de l'humanité, qui fait offrande à Dieu et de lui-même et de tout son peuple présent et futur. |

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