Das Leben Jesu, 1864, p
2. AS A Itelia Vo, et plusieurs autres Vss. lisent tou xedpwv. N D telix Cop. Sah. : tou xedpov. T. R. avec BCEGHKLMUX YT'A la plupart des Mnn. Or. et Tisch. : toy xe0poy.
prononcés dans la salle du repas. — La leçon reçue +üv xédpwvy signifierait : le torrent des cèdres; et ce serait évidemment ici une erreur de Jean; car il n’y a pas de cédres dans la contrée, et le nom de Gédron vient de 77p,
noir (noire-aigue). Dans Josèphe, le nom xsdowv est un nomin. singulier déclinable (getmaèbos wedpovos, Antiq. VI, 1,9). Mais ce qui prouve que la leçon +6» xédowv provient non de Jean, mais des copistes ignorants qui croyaient devoir accorder l’article avec le substantif, dans lequel ils voyaient un gén. pluriel, c’est la conservation de l’art. singulier +où, non-seulement dans la leçon de l’Alexandrin. et de la Vg. toù Ksdowv, qui est certainement la vraie, mais aussi dans celle du Sinait. et du Gantabrig. vod xéèoov, autre correction par laquelle certains copistes ont voulu accommoder le substantif xsdowv à l’article +od. La leçon toù Kedowv explique seule les deux autres. La corruption que nous rencontrons dans certains documents du texte de Jean, se retrouve dans plusieurs Mss. de l'Ancien Testament, 2 Sam. XV, 93 et 1 Rois XV, 13. — Le torrent de Cédron est à sec pendant neuf mois de l’année; il coule au fond de la vallée de Josaphat qui sépare la colline du Temple de la montagne des Oliviers. Après avoir passé le petit pont sur lequel on traverse son lit desséché, on trouve sur la droite un emplacement planté d’antiques oliviers, que la tradition prétend être le jardin de Gethsémané. — Le mot rokkœxs, souvent, au v. 2, parait s'appliquer non pas seulement aux jours précédents, mais à des séjours antérieurs de Jésus à Jérusalem. Ce jardin appartenait sans doute à des amis de Jésus; et c'était le rendez-vous du Seigneur et de ses disciples (ouynxôn, l’aoriste : l'acte de se réunir) lorsqu'ils retournaient de Jérusalem à Ja montagne des Oliviers et à Béthanie. Comp. Luc XXI, 37; XXII, 39. — Le terme onstgx désigne toujours, dans le Nouveau Tes-
tament, la légion ou une partie de la légion romaine qui occupait la citadelle Antonia, à l'angle nord-ouest du Temple. Un détachement de soldats romains avait paru nécessaire pour soutenir les gens du sanhédrin. Il était commandé par le tribun lui-même (v. 19). C'est peut-être cette dernière circonstance qui explique Part. +wv; car il est peu probable que la légion tout entière fût présente. Les Synoptiques ne parlent pas de cette escorte. Mais le message de la femme de Pilate raconté par saint Matthieu prouve que, dès la veille, le gouverneur avait eu à s'occuper de cette affaire. Cette circonstance confirme la participation de la garnison romaine à l'arrestation. — Les Srnogétat sont, comme VIN, 32. 45, les huissiers du sanhédrin ou sergents du Temple. (étaient eux qui avaient proprement l'ordre d'arrêter Jésus. Le v. 10 montre que des valets appartenant aux maisons des grands sacrificateurs s'étaient joints à la troupe. — Le sens des mots œavol et hapnaèec est discutable. [l nous paraît probable que œavot désigne plutôt des lanternes et \auroôss des lampes placées à lextrémité d’un manche (Matth. XXV, 1). Tout cet attirail : «Des lanternes et des flambeaux et des armes,» jette, par son inutilité même, une sorte de ridicule sur cette scène. On craint que Jésus ne se cache, et il se livre volontairement; qu'il ne se défende.... mais à quoi ces armes eussent-elles servi, s’il eût voulu user de sa puissance (v. 6)?
V. 4-9: La rencontre de Jésus avec la troupe. «Jésus donc’, sachant tout ce qui devait lui arriver, sortit et leur dit”: Qui cherchez-vous? 5 Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C’est moi. Or Judas, qui le trahissait, se tenait aussi là parmi eux. 6 Lors
1. NDLX Itrlriaw Syr, Cop. : de au lieu de ovv. 2. BCD Itpkriqe Vo, : eEnAQey xar Aeyer au lieu d'eée}fwv etrev.
donc que Jésus leur eut dit : C'est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre. 7 Jésus leur demanda une seconde fois : Qui cherchez-vous? Ils dirent : Jésus de Nazareth. 8 Jésus répondit : Je vous ai dit que c’est moi; si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. 9 Afin que fût accomplie la parole qu'il avait dite : Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés. » — En s’avançant spontanément au-devant de la troupe, Jésus à une intention que la suite expliquera. Il veut pourvoir à la sûreté de ses disciples. C'est dans ce but qu’il se met personnellement en avant et que, par cette question : « Qui cherchezvous?» 1l oblige les arrivants à formuler expressément l'objet de leur recherche. «!l sortit» pourrait signifier : El s’'avança du milieu de ses disciples ou du fond du jardin (Matth. XIV, 14). Le sens le plus naturel est qu’il sortit du jardin même. Le v. 26 : «Ne l’ai-je pas vu avec lui dans le jardin ?> n’est pas contraire à cette explication; les disciples qui se tenaient derrière Jésus, étaient encore dans le jardin. — On a expliqué de différentes manières l’intercalation en cet endroit de la remarque relative à Judas (v. 5). Selon les uns, l’évangéliste veut caractériser l’homme qui, malgré sa trahison, ose encore se présenter de la sorte; selon d’autres, il veut expliquer par là le fait suivant : ce serait Judas qui, en reculant effrayé, aurait jeté le désordre dans la troupe qui le suivait. Ces explications paraissent bien recherchées. Nous avons déjà vu, IT, 24, et nous verrons encore, XVIIE, 24, que Jean intercale parfois de pareilles notices dans-le but de rattacher son récit à ceux de ses devanciers. N’en serait-il point de même ici? Ne mentionnant pas le baiser de Judas, il veut du moins en indiquer la place. Le plan de Judas, et en particulier le signal du baiser, avaient été concertés dans la prévision que Jésus chercherait à se cacher. La manière franche dont Jésus se présente déjoua cette
prévision, et rendit le signal convenu inutile. Néanmoins Judas persiste stupidement dans l'exécution de son plan. Il s’avança au-devant de la troupe et baisa Jésus. Jésus lui répondit, comme le rapportent les Synoptiques; puis, se tournant vers les huissiers, il leur déclara lui-même que c'était lui qui était Jésus de Nazareth. — On accuse Jean de haine personnelle contre Judas; et c’est lui qui seul entre les évangélistes ne mentionne pas son perfide baiser. — La même puissance morale qui avait fait céder les vendeurs et les changeurs à l’ascendant de Jésus, dans le Temple, fait reculer la troupe; et ce brusque mouvement de retraite de la part des premiers cause la chute d’un certain nombre d'entre ceux qui les suivent. Le but de Jésus, dans ce déploiement imposant de sa force miraculeuse, ressort de ce qui suit : la sûreté de ses disciples. — D'un ton plein de douceur, qui les engage à ‘approcher de nouveau, Jésus les interroge une seconde fois; il résulte encore de leur réponse que c’est lui, et lui seul, qu'ils ont mission d’arrêter; sur quoi, au v. 8, Jésus tire la conclusion à laquelle 1l visait dès le commencement; il se livre en stipulant la liberté de ses disciples. En ce moment s’accomplit la belle image dont il s'était servi X, 19: «Le berger voit venir le loup; et i ne s'enfuit pas, parce qu'il prend soin des brebis.» Ce n’était pas seulement à la conservation, c'était surtout au salut de ses disciples, que Jésus pensait en agissant de la sorte. Jean le sentit bien. Et c’est ce qui explique la remarque du v. 9. L'exemple de Pierre, du plus courageux d'entre eux, montre ce qui serait arrivé aux plus faibles, s'ils eussent été appelés à partager en ce moment le sort de leur Maître. Jésus, qui avait dit par avance : (Jai veillé sur ceux que tu m'as donnés, et aucun d'entre eux ne s’est perdu» (XVII, 19), devait réaliser tout ce que renfermait cette parole dont la portée s’étendait à toute son
œuvre terrestre. Gette citation est instructive. Nul ne peut supposer que Jean ignore le sens spirituel de la parole dé Jésus XVIT, 12; et cependant, il l’applique ici à un fait matériel, qui n’appartenait qu’indirectement au salut des disciples.
V. 10 et 11 : L’essai de défense de Pierre. «Alors Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, et en frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupa l'oreille! droite. Ce serviteur s'appelait Malchus. 11 Jésus dit donc à Pierre : Remets ton” épée dans le fourreau; ne boiraije pas la coupe que mon Père m'a donné à boire?» — Jean ne fait-il point allusion au caractère naturel de Pierre, en lui rendant ici son nom de Simon? Comp. XXI, 15-47. — Luc XXII, 38 prouve que les apôtres avaient, en effet, apporté des armes. — Pourquoi Jean mentionne-t-il ce fait, rapporté par les Synoptiques? Il veut, sans doute, lui rendre le relief qu'il avait perdu dans la narration orale : le nom de Pierre avait été omis, probablement à dessein (t. IL p. 366); celui de Malchus, oublié. — L’évangéliste ne connaît pas seulement le nom de Malchus; il connaît jusqu’à sa parenté (v. 26). Tout cela ne serait-il que du charlatanisme, comme veut nous le persuader la critique? — Le petit détail «l'oreille droite,» qui se trouve aussi dans Luc, serait, d'après Strauss, une amplification due à la légende. A quel degré de puérilité ne fait-on pas ainsi descendre la narration évangélique ?
L'acte de Pierre, en face des soldats romains, témoigne d'une foi puissante; mais ce disciple n’en compromettait pas moins, par cette imprudence, la cause de Jésus. Peu s’en : est fallu que Pierre n’ait té par là à Jésus le droit de dire