XVII
L'’arrestation de Jésus.
Jean omet ici le récit de l'angoisse de Jésus à Gethsémané; mais il assigne à ce fait sa place, dans ces mots (v. 1) : cOù était un jardin dans lequel il entra.» En hsant cette parole, chaque chrétien, en possession des trois premiers évangiles, ne pouvait manquer de penser à leur récit. La raison de cette omission, ainsi que de celle de la
Transfiguration, de l'institution de la sainte Cène et de tant d'autres faits, est que Jean savait cette scène suffisamment connue dans l’Église, et qu’elle n’avait pas un rapport spécial au but qu'il se proposait.
Strauss s’écrie: «Toute tentative d’intercaler dans le récit de Jean, entre ch. XVII et XVII, l'angoisse de Gethsémané est un attentat à l'élévation morale, et même au caractère viril de Jésus'.» A ce compte-là, Jean lui-même serait l’auteur d’un attentat tout pareil (XII, 27). Le résultat de l'étude de Strauss sur ce point est que dans le récit des Synoptiques nous avons Qune poésie plus naïve,» dans celui de Jean Qune poésie plus réfléchie et plus calculée.» Ceux qui racontent, mentent donc en racontant, aussi bien que celui qui omet, ment en omettant! Voilà où arrive la critique en poursuivant sa voie jusqu’au bout. Elle qui prétend restaurer l'édifice, elle ne laisse pas même subsister le sol sur lequel il est construit.
V. 1-5 : L'arrivée de la troupe. «Après avoir dit ces choses, Jésus passa avec ses disciples au delà du torrent de Cédron”, où il y avait un jardin, dans lequel il entra ainsi que ses disciples. 2 Or Judas, qui le trahissait, connaissait aussi ce lieu, parce que Jésus s’y était souvent rendu avec ses disciples. 3 Judas, ayant donc pris la cohorte et des huissiers que lui avaient donnés les principaux sacrificateurs et les pharisiens, arrive là avec des lanternes, des flambeaux et des armes.» — Le verbe éË6ñ)te, 17 sortit, lié directement, comme il l’est, à la préposition réçay t. xeumæooov, au delà du torrent, ne peut signifier que : QIl sortit de la ville et de la banlieue de Jérusalem.» Cest ce que reconnaît de Wette lui-même, lors même quil admet que les discours ch. XII-XVIT ont été