‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 46 sur 278 · N retranche tous et ec · texte numérisé non relu

N retranche tous et ec

2. BGGL lisent Ioxæptwrou (à rapporter à Ztuwvos) au lieu d'Ioxaotwtoy que lit T.R. avec 11 Mjj. etc. — KN lit axo Kapuwrou et 3 Mnn. aa Kaprworou. — D [alias : Exaptw0. — Syr.: Iscariot.

3. T. R. lit wy après ex avec 13 Mjj. Man. It. Vg. Cop. contre BCDL Vi qui le retranchent.

positif, une nomination expresse. Puis Jésus met en regard le fait qui est en contradiction criante avec celui-là. E6 dé a l'accent: (d’entre vous, choisis par moi-même.» Au- Bohoc , comme adjectif, désigne un homme qui a les qualités de celui que le Nouveau Testament appelle 6 BidBodoc. Cest dans le même sens que Jésus dit à Pierre Matth. XVI, 93 : « Retire-toi de mot, Satan.» Jésus venait d'ouvrir la porte à Judas; des hommes, animés du même esprit que lui, venaient de lui donner l'exemple de la retraite ; et cependant 1l reste et se couvre hypocritement du manteau de la profession de Pierre. Le terme qu’emploie Jésus exprime l’indignation profonde que lui causent la persistance de Judas et la prévision du crime auquel doit aboutir cette marche. Dans le moment même, aucun des disciples, si ce n’est Jean peut-être et Judas lui-même, ne comprit à qui s’appliquait cette parole. — L’étymologie à peu près certaine de ‘IoxapuTns est np UK, homme de Kérioth; c'était le nom d’une ville dans la tribu de Juda. Selon toute apparence, cet apôtre était le seul qui fût originaire de la Judée, cette contrée hostile à Jésus. Hengstenberg préfère létymologie D"PÙ UN, homme de mensonges. Jean anticipe-

rait amsi l'emploi d’un nom qui ne lui aurait été donné qu'après son crime ; c’est bien peu naturel. La leçon alexandrine fait de ce surnom l’épithète du père de Judas: cette leçon n’a de sens que dans létymologie que nous avons admise. — Le verbe queley signifie simplement, en partant du point de vue du fait accompli : «Cest à lui qu'il devait arriver de...» — Les derniers mots font ressortir le contraste entre sa position et sa conduite.

Dès le commencement un ver rongeur était attaché à la racine de la foi galiléenne. Jean avait caractérisé ce vice profond par ce mot: ravra Évpaxdtes…., «ayant vu loul ce qu'il avait fait» (IV, 45). Et Jésus avait dit, dans le

même sentiment (IV, 48): «Si vous ne voyez des signes. ei, des prodiges, vous ne croirez point.» Le ch. VE nous: fait assister à l'avortement du fruit de cet arbre qui avait présenté un moment de si belles apparences (voir le récit détaillé du maustère galiléen dans les Synoptiques). La chrétienté ne semble-t-elle pas être arrivée aujourd'hui à un point où elle va reproduire, trait pour trait, la scène de ce chapitre? Les instincts matériels lemportent sur les besoins religieux. L'Évangile ne correspondra donc plus aux aspirations des masses. La parole: « Vous m'avez vu et vous ne croyez point,» aura son application sur une plus vaste échelle; et la grande défecüon chrétienne reproduira momentanément la catastrophe galiléenne. La relation. actuelle. entre le christianisme et la chrétienté est le vrar commentaire du ch. VI de lévangile de saint Jean.

On a objecté, contre l’authenticité des discours renfermés dans ce chapitre, leur inintelligibilité pour les auditeurs (Strauss, Vie de Jésus, trad. Littré, t. T, 2° partie, p. 680 et 681) et la ressemblance du dialogue avec celui du: ch. IV (ibid. p. 680). Comp. surtout: v. 34 avec IV, 15; v. 27 avec IV, 13: 24. — La première objection tombe, du moment où l’on reconnait qu’à la suite du miracle de la multiplication des pains, si mal compris, Jésus: faisait une épreuve et visait à un triage. La seconde se résout aisément, si Von considère que la rencontre toujours renouvelée entre la pensée: divine et les esprits charnels qu’elle tentait d’élever jusqu’à elle, devait amener à chaque fois des phases analogues. Du reste, iln’est pas difficile de montrer des différences caractéristiques entre le ch. IV et le ch. VI. La principale est celle-ci : tandis que la Samaritaine se laisse transporter dans la sphère céleste où Jésus l’attire, les Galiléens , un instant soulevés, relombent bientôt sur la terre et rompent définitivement avec celui qui n’a plus rien à offrir à leur grossier matérialisme. |

L’authenticité des discours renfermés dans ce chapitre est garantie par leur sublimité interne et par la convenance parfaite de la

pensée et de lexpression, soit dans l’ensemble, soit dans les détails, à la situation donnée. Ne sera-t-il pas permis de faire remarquer ici l'harmonie qui semble exister entre la marche des discours et la série des signes miraculeux qui y ont donné lieu? Le grand signe de la multiplication des pains a été suivi de la marche sur les eaux, dans laquelle le corps de Jésus parait élevé à un état supérieur aux conditions de cette Lerre, puis de la translation instantanée de la barque, dans laquelle les disciples sont comme enlevés avec lui par la force divine et soustraits aux lois de l’espace. Chacun de ces signes parait avoir laissé, dans l'esprit du Seigneur, une empreinte qui se reproduit dans son discours d’une manière proportionnée à son importance: le premier, dans le tableau de la Pâque spirituelle; le second, dans la perspective de l’Ascension (v. 62); le troisième, dans l'annonce de la Pentecôte (v. 63).

Dans cette existence unique, tout, les faits aussi bien que les paroles, est esprit et vie.

Sur environ 80 variantes notées dans ce chapitre, le T. R. nous parait faulif dans 5 cas (v. 11. 22. 24. 39. 69); les documents byzantins, pour leur compte et isolément du T. R., dans 2 cas (v.15. 45). Le texte alexandrin nous parait avoir 11 fautes (v. 2. 9. 17. 22. 32. 35. 38. 47. 91. 63. 71); les plus importantes sont celles des v. 32. 51. 63. K présente 32 leçons qui lui sont propres et qui sont probablement toules fautives. Outre cela, il à 10 leçons qui lui sont communes avec D (et le plus souvent avec It.) et qui sont vraisemblablement autant de fautes.

Page 1