‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 61 sur 278 · Le autos du T. R. n’a pour lui que T et quelques Mnn · texte numérisé non relu

Le autos du T. R. n’a pour lui que T et quelques Mnn

spira (odv) les paroles suivantes. Il invite, dans ce discours, les Juifs à profiter du temps, bientôt écoulé, qu'il a à passer avec eux. Îl y a correspondance entre les expressions: (Je m'en vais,» et: CGelui qui m'a envoyé.» L'idée d'envoi renferme naturellement celle d’un séjour purement temporaire.

La conclusion pratique sous-entendue du v. 33: « Hâtezvous de croire!» est rendue plus pressante par le v. 34. Jésus décrit d’une manière saisissante l’état d'abandon dans lequel se trouvera bientôt plongé ce peuple, s’il persiste à rejeter celui qui seul peut le conduire au Père; c’est la description de l’état actuel des Juifs, conséquence de leur incrédulité : une attente continuelle et toujours déçue, la tentative impuissante de retrouver Dieu , après avoir laissé passer la visite de celui qui seul aurait pu les conduire à lui. C'est là le sens dans lequel Jésus cite cette parole XIE, 33 (comp. XIV, 6). C'est aussi celui dans lequel il la répétera bientôt après, sous une forme plus accentuée encore, VIF, 21-92. Il n’y a aucune difficulté à étendre le sens du pron. ue à l’idée générale de Messie. Attendre le Messie, c’est bien, de la part des Juifs, et sans qu'ils s’en doutent, chercher Jésus. La première partie de l'avertissement s'adresse plutôt à la nation dans son ensemble ; la seconde, aux individus. — Le lieu où sera alors Jésus, c’est le ciel. Ils n’y pourront parvenir, parce que lui seul pouvait les y transporter (XIV, 3), et qu'ils ont laissé passer le moment où ils eussent pu s'attacher à lui. Le présent eut («où je suis en ce moment-là») ne peut se rendre en français que par le futur. — Cette seconde partie du verset ne permet d'expliquer le €ntetv (chercher), dans la première, ni d’une recherche imspirée par la haine (Origène) — comp. XIE, 33 — ni de celle de l’âme repentante — elle n’eût pas manqué de conduire les Juifs au salut — ni de l'attente superstitieuse de

l'apparition du Messie au moment de la ruine de Jérusalem («venir où je suis !»).

V: 35 et 36. «Alors les Juifs se dirent entre eux : Où va-t-il donc se rendre, que nous ne le trouverons point? Veut-il s’en aller vers ceux qui sont épars parmi les Grecs, et enseigner les Grecs? 36 Que signifie cette parole qu'il a dite: Vous me chercherez, et vous ne me trouverez point ; et là où je serai, vous ne pouvez y venir.» — Ces paroles sont naturellement troniques. Repoussé par les seuls Juifs vraiment dignes de ce nom, ceux qui habitent la Terre-Sainte et parlent la langue des pères, Jésus s’en ira-t-il essayer de son rôle de Christ auprès des Juifs dispersés dans le monde grec, et, par l'intermédiaire de ceux-ci, fonder une œuvre messianique chez les païens ? Un beau Messie, en vérité, que celui qui, rejeté des Juifs, devient le docteur des Gentils! — L'expression dtaotooa t@y “EXhvoy désigne cette portion du peuple juif qui habitait hors de Palestine, dispersée chez les païens; todç “EXnvas : les païens proprement dits. — Cette supposition moqueuse écartée, ils reviennent (v. 36) à la parole de Jésus, à laquelle ils ne trouvent absolument aucun sens. Meyer prétend que, si Jésus se fût exprimé aussi clairement que le rapporte l’évangéliste (v. 33), sa parole n’eût pu donner lieu à un si grossier malentendu ; les mots : «À celui qui m'a envoyé,» s'ils eussent réellement été prononcés, auraient tout expliqué. Et d’après M. Reuss aussi, le v. 99 renferme «une méprise trop flagrante pour être concevable» (t. IT, p. 323). Mais nous faisons-nous une idée assez juste du matérialisme grossier des contemporains de Jésus pour délimiter ainsi la possibilité de leurs méprises ? Après des années passées avec Jésus, les apôtres interprétaient encore une invitation à se garder du levain des pharisiens comme un reproche de ce qu'ils avaient négligé de

se pourvoir de pain: ce sont eux-mêmes qui racontent modestement ce malentendu; et ils ne l'ont pas inventé sans doute pour faire grandir leur maître en se ridiculisant. Et les Juifs, à qui l’idée du départ du Messie était aussi étrangère que nous le serait, à nous, celle de sa présence terrestre et de son règne visible (comp. XIT, 84), auraient immédiatement compris que, dans la parole précédente, Jésus leur parlait de s’en retourner à Dieu et dans le ciel! D'ailleurs n’était-ce pas la première fois que plusieurs d’entre les auditeurs de Jésus l’entendaient parler; et ne pouvaient-ils pas réellement se figurer que celui qui lenvoyait était un personnage inconnu, et le lieu où il se proposait de se retirer, quelque endroit hors de la Terre-Sainte, où on ne voulait plus le souffrir ?

L’évangéliste prend une sorte de plaisir à reproduire in extenso cette supposition moqueuse. Pourquoi ? Parce que, comme la parole de Caïphe au ch. XIE, elle s'était transformée en prophétie. Au moment même où Jean écrivait, Jésus n’était-il pas réellement devenu le Messie des Grecs ? Jean ne rédigeait-il pas son évangile dans la langue et dans le pays des Gentils ?

Depuis le dernier jour de la fêle : VIT, 37-VIE, 59.

Le dernier et grand jour de la fête, Jésus renonce entièrement à la forme apologétique qu'il avait donnée à ses premiers enseignements. Sa parole prend une solennité proportionnée à celle de ce saint jour; il s'affirme luimême comme la réalité des grands symboles historiques que rappelait toute cette fête. Ses déclarations ne font qu’exaspérer l’incrédulité qui l'entoure, tandis qu'elles rendent plus étroit le lien déjà formé entre les croyants et lui.

Quatre morceaux : 1° La vraie source : VIT, 37-59 ; 9° La vraie lumière : VITE, 12-90 ; 3° Le vrai Messie: VIIE, 21-29; 4° L'opposition radicale entre lui et eux: VITE, 30-59. — Le passage VII, 53-VIIE, M, qui contient le récit de la femme adultère, ne nous paraît point appartenir au texte authentique de cet évangile. |

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