‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 63 sur 278 · N D Italia omettent rpos pe · texte numérisé non relu

N D Italia omettent rpos pe

donné,» aussi bien qu'avec Josèphe (Antiq. HE, 10, 4: « Célébrant la fête pendant huit jours »), 2 Macc. X, 7, et les rapports des rabbins. Le huitième jour occupe dans tous ces passages une position indépendante, ce qui s'explique parfatement soit par la supposition de Lange, qui voit dans ce Jour le mémorial de l'entrée dans Canaan, soit par celle de Philon, qui l’envisage comme la clôture non-seulement de la fête des Tabernacles, mais du cycle des grandes fêtes annuelles. C’est probablement dans le même sens que Josèphe l’appelle «la conclusion sainte de l’année » (ovuxépaoua Tob émautob dyrutepoy). Ge jour est appelé grand, non-seulement par la raison que nous venons de dire, mais aussi parce qu'il était sancüfié par une assemblée solennelle et par le repos sabbatique, et parce que le peuple, abandonnant ses tentes de feuillage, se rendait dans le Temple et rentrait de là dans ses demeures. Il est appelé par les Juifs (traité Succa) «le dernier et bon jour.» — Le dé indique une progression: le réeit passe à quelque chose de plus grand. Les termes siorqxe et éxpaés désignent une pose plus solennelle et un son de voix plus élevé que d’ordmaire. Le plus souvent, Jésus enseignait assis; cette fois, 1l se tenait debout. — Il est difficile de penser que l’image dont il se sert en cette occasion ne lui fût pas inspirée par l’une des circonstances de la fête. Presque tous les commentateurs admettent qu'il pensait à la hbation qui se célébrait chaque matin de la semaine sacrée. Conduit par un prêtre, tout le peuple descendait du Temple, après le sacrifice, à la source de Siloé ; le. prêtre remplissait à cette source, célébrée déjà par les prophètes, une cruche d’or, et la rapportait dans le parvis au milieu des cris de joie de la multitude et au son des cymbales et des trompettes. L’allégresse était si grande que les rabbins avaient coutume de dire que celui qui n’avait pas assisté à cette cérémonie et aux autres semblables qui

distinguaient cette fête, ne savait pas ce que c’est que la joie. De retour dans le Temple, le prêtre montait sur l'autel des holocaustes ; le peuple lui criait: «Élève ta main!» et il accomplissait la hbation, versant à l’occident la cruche d’or, à lorient une coupe remplie de vin, dans deux vases d'argent percés de trous. Pendant la libation, le peuple chantait, toujours au bruit des cymbales et des trompettes, les paroles Es. XIF, 3 : «Vous puiserez des eaux avec joie à la source du salut,» paroles auxquelles la tradition rabbinique attribuait tout spécialement une signification messianique. Est-ce à ce rit que Jésus fait allusion? Sans doute, il n’est pas certain que cette hbation se célébrât encore le huitième jour. Rabbi Juda le nie même positivement. Mais cela ne prouverait rien contre l’allusion à cette cérémonie qui avait eu lieu tous les jours précédents. Il est même probable que, si Jésus a voulu se désigner comme la véritable eau de Siloé, la source du salut, il l’a fait plutôt dans un moment de calme, où, comme le dit Lange, le vide produit par l’omission de la cérémonie se faisait sentir, qu’en faisant concurrence au rit sacré au moment où il s'accomplissait au milieu d’une étourdissante allégresse. Meyer objecte avec plus de raison que, dans là cérémonie, il n’était pas question de boire l’eau puisée, tandis que l’action de boire est le point sallant dans la parole suivante de Jésus. Mais surtout nous demanderons s’il serait bien digne de Jésus de prendre son point d'appui, pour un témoignage de cette importance,. dans une cérémonie tout humaine. Qu’était-ce que ce rit? Un simple emblème, destiné à rappeler l’un des plus grands bienfaits théocratiques, l’effusion de l’eau du rocher au désert. N’est-il pas vraisemblable que Jésus remonte, à l’occasion du rit sans doute, jusqu’au fait miraculeux dont il était destiné à conserver le souvenir? Cest donc au rocher, au moyen duquel Dieu avait abreuvé son

peuple, que Jésus se compare. Au ch. Il, il s'était présenté comme le vrai Temple, au ch. II comme le vrai serpent d’airain, au ch. VI comme le pain du ciel, la vraie manne; au Ch. VIF, 1l est le vrai rocher; au ch. VIIL, il sera la vraie nuée lumineuse, et ainsi de suite, jusqu’au ch. XIX, où il réalisera enfin le type de l'agneau pascal.- C’est ainsi que Jésus, profitant de chaque fête, transforme en sa personne toute l’ancienne alliance, tant il se sent et 1l se sait l'essence même de tous les symboles théocratiques. Voilà le quatrième évangile. Qu'on apprécie d’après cela l'opinion de ceux qui font de ce livre un écrit étranger ou même opposé à l’ancienne alliance. Toutes les racines de la pensée chrétienne y plongent au contraire dans le sol de lAncien Testament.

Jésus se place donc, dans les paroles solennelles des v. 37 et 38, en face de la scène du désert, rappelée, les jours précédents ou ce Jour même, par la joyeuse cérémonie de la libation. Les premiers mots: «Si quelqu'un a soif,» font précisément allusion au misérable état du peuple consumé au désert par une soif ardente. C'est à ceux qui ressemblent à ces Israélites altérés, que Jésus adresse son invitation. La soif est l'emblème des vrais besoins spirituels. Comp. Matth. V, 6: «Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice.» Ces cœurs altérés de pardon et de sainteté sont ceux que le Père a attirés, et Moïse, préparés. ’Eav te, s'il arrive que quelqu'un, rappelle combien ces besoins spirituels peuvent aisément être étouffés. Jésus se présente au cœur altéré comme le rocher d’où jaillira pour lui l'eau vive: «Qwil vienne à mot et qu'il boive.» Ces deux impératifs, ainsi liés, signifient : Il n’y a pas autre chose à faire qu'à venir ; une fois venu, qu'il boive!

Le v. 38 est d'ordinaire envisagé comme une simple amplification du v. 37. Mais les mots: « Celui qui croit en mo,»

ne reproduisent point le sens de ceux-ci: «Si quelqu'un a soif.» Ils correspondent bien plutôt à la seconde partie du v. 37: «Qu'il vienne et qu'il boive. » Comme il arrive si souvent chez Jean, l’idée qui forme le terme du verset précédent, est le point de départ du suivant. La grâce obtenue devient le moyen d'obtenir une grâce supérieure; c’est le xæotv avt yaottoc de I, 16. Il y a donc gradation de la promesse du v. 37 à celle du v. 38 : «El même il arrivera qu'une fois désaltéré le croyant...» Et il ne faudra pas nous étonner de trouver dans l’image suivante une richesse de sens qui dépasse de beaucoup celle de l'image précédente. Le croyant abreuvé de l’eau du rocher y est présenté, en effet, comme transformé lui-même en un rocher d'où jaillit pour d’autres l’eau vive. C’est la plus éclatante confirmation de la promesse du v. 37 : Qu'il boive. Il sera tellement saturé lui-même qu'il débordera en torrents d’eau vive.

La difficulté est de savoir à quel passage de l'Ancien Testament Jésus fait allusion en disant : «Comme l'a dit l'Écriture; » car nulle part, ce semble, l'Ancien Testament ne promet rien de pareil aux adhérents du Messie. Meyer cite És. XLIV, 3: «Je répandrai des eaux sur celui qui est alléré... mon Esprit sur ta postérité.» LV, 1: «Vous tous qui éles allérés, venez aux eaux.» LVTE, 11: « Tu seras comme un jardin arrosé et comme une source dont les eaux ne tairissent point.» Mais il manque dans tous ces passages une expression à laquelle puisse se rapporter l’image si frappante et si précise de xouhlx, sein. Hengstenberg, toujours préoccupé de retrouver le Cantique des cantiques dans le Nouvean Testament, cite Cant. IV, 12: « Ma sœur, mon épouse, tu es un jardin fermé, une source close, une fontaine scellée ,» et v. 19: CO fontaine des jardins, 6 puits d’eau vive, ruisseaux découlants du Liban!» Et comme ces citations échouent contre la même objection que les précédentes, il

cherche à expliquer l’image de xot\lx par une allusion à Cant. VIE, 8, où le nombril de Sulamith est comparé à une coupe arrondie. Quelle puérilité! Beaucoup d’interprètes pensent aux tableaux prophétiques dans lesquels le salut messianique estreprésenté sous l’image d’un torrent descendant de la colline du Temple et fertilisant les contrées d’alentour (Joël II, 18; Zach. XIV, 8; et surtout Ez. XLVII, 1-12). Mais ces descriptions n’ont rien qui se rapporte spécialement aux disciples du Messie, et l’image de xou\(a reste toujours inexpliquée. Selon Bengel, Jésus fait allusion à la cruche d'or qui servait à la libation, et selon Gieseler, à la caverne souterraine située dans là colline du Temple d’où sortent les eaux qui s’écoulent dans le Cédron. Mais ces deux explications du terme xothlx ne rendent point compte de la citation de l'Ancien Testament. Par un expédient désespéré, Slier rattache les mots à motelwy sûc né au verset précédent, comme sujet de ruwéto : «Qu'il boive, celui qui croit en moi; » et il trouve ainsi moyen de rapporter le pron. adtoù (v. 38), non pas au croyant, mais au Messie. Cette construction est évidemment forcée. L’asyndéton entre v. 37 et 38 ne se justifie pas dans ce sens, et la difficulté du terme xothla demeure. L’explication de Chrysostome ferait tomber toute difficulté; il rapporte les mots : «Comme a dit l'Écriture,» uniquement à celui qui croit : «Gelui qui croit en moi conformément aux Écritures. » Mais dans l’idée de foi il n’y a rien qui motive un appel aussi spécial à l'Ancien Testament que celui que renferment les mots: «Comme a dit.» Semler, Bleek, admettent une allusion à un écrit non canonique. Ce serait une exception unique dans les discours de Jésus. On a manqué la vraie explication, parce qu’on ne s’est pas replacé en face du grand événement théocratique auquel pensait Jésus.

Ïl était dit Ex. XVII, 6: « Voici, je me tiendrai là devant

toi, sur un rocher en Horeb, et tu frapperas le rocher, el il en (132) sortira des eaux et le peuple Loira.» Nomb.

XX, 11: CEt des eaux abondantes (0727 C2) sortirent. »

Comp. encore Deut. VII, 15 ; Ps. CXIV, 8. Il est probable que tous ces passages avaient été relus durant la fête, à l'occasion de la libation symbolique qui rappelait l’événement auquel ils s’appliquaient. Ils étaient donc présents à tous les esprits. La formule de citation : «Comme a dit l'Écriture,» n’est pas un il est écrit proprement dit; elle signifie simplement : «Pour employer l'expression scripturaire. » L'expression rotauot vôatos reproduit celle de D°27 D

(des eaux abondantes). Le terme xot\x œvrob, son sein, est tiré du 4327 (du dedans de lui) de l'Exode; il rappelle la

cavité mtérieure du rocher d’où devaient jaillir les eaux, d'après la promesse de Jéhovah; dans l'application, 1l désigne l’intérieur de l’homme qui, saturé de la vie de Christ, s'ouvre, semblable au rocher, et répand au dehors sa richesse. Il n’y à pas jusqu’au futur éevcovorv, couleront, qui ne reproduise la forme de la promesse dans la parole de l'Ancien Testament à laquelle Jésus fait allusion. Quant à Jésus, son rôle dans cette seconde partie de la promesse est celui de Jéhovah, ce rocher invisible et spirituel, qui accompagnait les Israélites à travers le désert (1 Cor. X, 4) et qui, lorsqu'il était nécessaire, changeait le rocher matériel en source d’eau. Dans la promesse il disait: «Je me tiendrai là sur le rocher... et les eaux couleront. » Il semble presque qu'il y ait une allusion à cette expression dans le sioryxer du v. 37. Comme Jéhovah promettait dans l'Écriture de faire jaillir des eaux de l’intérieur du rocher, ainsi, dit Jésus, je ferai, moi, jaillir l'eau vive du cœur du croyant désaltéré.

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