‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 92 sur 278 · D Italia omettent yeveoôo · texte numérisé non relu

D Italia omettent yeveoôo

de l'éternité au temps sous la seule forme sous laquelle nous puissions le concevoir, sous la forme temporelle. — Aujourd'hui que le rationalisme s’est ouvertement affranchi de l'autorité scripturaire, 1l est mutile de s'arrêter encore à combattre les interprétations forcées auxquelles s'étaient laissé entrainer divers commentateurs; ainsi celle de Crell, de Wette, etc., qui prenaient eut dans le sens idéal : «Je suis dans le plan divin;» celle de Socin, Paulus: «Je suis, en tant que Messie promis;» celle du catéchisme socimien: «Avant qu'Abraham justifie son nom (soit le père des païens croyants), je suis votre Messie.» Le temps de ces monstruosités exégétiques est passé. Il est mamifeste que la comparaison entre Abraham et Jésus ne permet de penser qu'à une existence personnelle, des deux parts. — Cette parole, l’une de celles auxquelles Jean à emprunté l’idée des premiers versets du prologue, porte en elle-même la garantie de son authenticité. Nul auteur ne prête gratuitement à son héros des paroles qui peuvent le faire passer pour fou.

V. 59. «Là-dessus ils prirent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus se cacha et sortit du Temple.» — Devant ce rayon de sa divinité que Christ venait de laisser percer, il ne restait aux auditeurs de Jésus qu’à adorer... ou à lapider. — Le mot ñopav, proprement: is levérent, semble mdiquer plutôt une démonstration qu'un dessein arrêté d'exécution. Ces pierres se trouvaient probablement amassées dans le parvis en vue de la construction du Temple, qui n’était pas encore achevée. Le mot éxpufn, id se cacha, éloigne toute idée de miracle. Jésus était en-

1. Après wpou, T.R. lit dtelQov Oux mecou autuy xat TApNYEY out. Ces mots se trouvent, avec plusieurs variantes, dans ACEFGHKLMSU X À À tous les Mnn. Its Syr. Cop. Ils manquent dans K B D Itpieriqu Vo, Sah. Or. Chrys.

touré d’un cercle de disciples et d'amis qui facilitèrent son évasion. — Quelle que soit l'autorité des documents et des Vss. qui appuient ici le T. R., il est évident que les derniers mots sont une glose marginale composée au moyen des premiers mots du chapitre suivant et de Luc IV, 30. Baur en défend l'authenticité, afin de tirer de ce passage une preuve du docétisme de l’auteur. Mais l'expression normale eût été, au point de vue docète, non éxevBn, mais æpaytog yÉvE To.

Tel est le terme de la lutte la plus violente que Jésus ait eu à soutenir. Il abandonne à ses adversaires le champ de bataille; et il en sera ainsi de plus en plus jusqu’à cet autre éxçuBn définitif (XIE, 36), qui clora son ministère public en Israël.

Nous avons vu s’évanouir, devant une exégèse calme et consciencieuse, toutes les invraisemblances que la critique a trouvées en si grand nombre dans ce chapitre et dans le précédent. Les réponses et les objections des Juifs, que M. Reuss taxe de grotesques et d’absurdes, nous ont paru, en nous plaçant au point de vue de ceux qui les font, naturelles et logiques. L’argumentation de Jésus, qui, d’après M. Renan (p. 345), (jugée selon les règles de la logique aristotélicienne, est très-faible,» ne parait telle que parce qu’on oublie qu’il est des choses que Jésus, comptant toujours sur la conscience morale de ses adversaires, croit pouvoir poser comme axiomes; nous n’ayons donc pas besoin de l’excuse alléguée en faveur du Seigneur par M. Renan: @Il est vrai que l’authenticité de pareils morceaux n’est que relative» (2bid. note 6). Il n’y a certainement pas, dans la narration de ces deux ch. VII et VIIT, une seule invraisemblance qui approche de celle qu’il y aurait à supposer de tels entretiens inventés après coup et en dehors de la situation historique à laquelle ils s’adaptent si parfaitement. Nui verbiage, nulle inconvenance, nulle solution de continuité. Gette reproduction des entretiens de Jésus est faite avec une telle délicatesse qu’on a peine à refuser son assentiment à l’hypothèse d’un rationaliste du siècle

passé, Bertholdt, qui supposait que l’évangéliste avait pris note des discours de Jésus au moment même où il les avait entendus.’

En faisant abstraction du morceau de la femme adultère, sur 31 variantes principales que présente ce chapitre, le T. R. nous paraît avoir 6 fautes (v. 14. 38. 44. 59); les documents byzantins seuls, À faute (v. 54); le texte alexandrin, 4 (v. 16. 38. 39. 46). x présente 9 leçons qui lui sont particulières et qui paraissent être à peu près toutes fautives. 2 fois il marche avec D seul.

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