N L Cop.: nuos au lieu de me
les deux faits. La formule xat rapxywv exige seulement que lon ne mette pas entre eux un intervalle trop considérable. Si la scène VIIE, 30-59 s'était passée le matin, celle qui suit peut avoir eu lieu le soir du même jour. Ce moment de la journée convient bien à l’image qu'emploie le Seigneur v. 4 et 5. — L’aveugle se tenait probablement à l’une des portes soit du Temple, soit de la ville, pour mendier. La question des disciples paraît avoir été provoquée par l’attention marquée avec laquelle Jésus regarda cet homme (eidey, il vit). Jésus les avait, sans doute, entretenus souvent de la liaison entre le péché et la souffrance. Mais comment appliquer, dans ce cas, ce principe? Les deux alternatives qui pouvaient seules s'offrir à la pensée et que mentionne la question des disciples, paraissaient également inadmissibles. Le dogme de la préexistence des âmes ou celui de la métempsychose, qui eussent pu donner quelque vraisemblance à la première, ne furent jamais populaires en Israël. Il aurait donc fallu admettre que le malheur de cet homme était ou un châtiment anticipé de ses péchés futurs, ou la punition de quelque faute commise dans l’état embryonnaire (Ps. LI, 7); explications bien improbables. Quant à la seconde supposition, celle qu'il souffrait pour les péchés de ses parents, elle paraissait contraire à la justice de Dieu. Les disciples, n’entrevoyant pas de solution raisonnable, prient Jésus de se prononcer. — “Isx conserve la notion de but: (Qu'il ait dû naître ainsi, selon le plan divin.» — Le contexte explique suffisamment le sens des premiers mots de la réponse de Jésus. Le Seigneur ne nie pas l'existence du péché chez cet homme ou chez ses parents, mais il ne reconnaît point une connexion entre ce péché, Imdividuel ou domestique, et la cécité dont est frappé ce malheureux. La souffrance individuelle se rattache souvent d’une manière générale au péché collectif de l'humanité (voir à V, 14).
Elle ne nous donne donc point le droit de juger celui qui soufire; elle renferme uniquement un appel à accomplir envers lui une divine mission en le secourant. Si le mal a son œuvre sur la terre, Dieu y a aussi la sienne; et tous les actes par lesquels nous concourons à l’accomplissement dé celle-ci, s'appellent les œuvres de Dieu. Mais ici, ce mot est appliqué plus spécialement aux actes qui portent le sceau de la toute-puissance divine, comme la guérison physique de l'aveugle (v. 6 et 7) et son illumination spirituelle (v. 35- 38). L'appel à secourir ce malheureux s'était fait sentir au cœur du Seigneur au moment même où il l'avait contemplé (v. 1); et ce point de vue auquel il envisage la souffrance est celui qu'il cherche à faire partager à ses disciples dès la fin du v. 3, et qu’il développe encore dans les v. 4 et 5, en l’appliquant à sa tâche personnelle.
Lorsque celui qui a confié la tâche à l’ouvrier (6 tépbac), donne le signal, celui-ei doit agir, aussi longtemps que dure le temps du travail. Fût-ce même un jour de sabbat, Jésus ne peut renvoyer au lendemain. Il contemplait peut-être en ce moment le soleil couchant : «Quand la nuit sera venue, l'artisan quittera son travail; mon travail, à moi, c’est d’éclairer le monde; bientôt, comme le soleil, je disparaîtrai; alors aussi cessera mon œuvre.» — La leçon u&ç, qui a été admise par Meyer et Lange, est évidemment une correction, destinée à généraliser la sentence du v. 4 et à la changer en une exhortation pour les disciples, probablement aussi à éviter l'application trop directe au Seigneur de ces mots qui paraissaient incompatibles avec son état de gloire céleste : «La nuit vient, où personne ne peul travailler.» Ceux qui avaient changé êpé en nu&s, devaient logiquement corriger de la même manière le mé qui suit. Deux seuls Mss. (N et L) ont été conséquents jusqu’au bout; les autres (B et D) se sont condamnés eux-mêmes, en ne
lisant pas mu&s la seconde fois. — Le contraste du jour et de la nuit ne peut désigner, dans ce contexte, que celui du temps de travail pendant la journée et du temps du repos, quand sonne, le soir, l'heure qui met fin au labeur de lartisan. [l n’y à donc rien de sinistre dans ce mot de nuit. Mais dans quel sens l’idée de repos peut-elle s'appliquer à la vie céleste de Jésus-Christ? Le temps de la vie terrestre a été pour lui, comme il l’est pour nous, l’époque des semailles. Dans le ciel, il ne fait que moissonner ce qu'il a semé ici-bas. N'est-ce pas sa personne, telle qu'elle s’est révélée autrefois dans son court ministère terrestre, que le Saint-Esprit glorifie maintenant dans les cœurs? Cest dans ce sens que sa vie terrestre a été le temps du travail et que son existence céleste est celui du repos. Il résulte de là qu’une seule œuvre négligée, qu’un seul instant perdu 1cibas, eût laissé une lacune irréparable dans cette vie dont le Saint-Esprit tire toute la matière de son activité régénérairice jusqu’à la fin de l’économie actuelle.
L'expression : CJe suis la lumière du monde» (v.5), n’est point en rapport avec l’image de Jour et de nuit (v. 4); celle-ci était employée uniquement pour désigner le temps du travail et du repos, tandis que l’idée de lumière se rapporte à l’œuvre spéciale: que le Seigneur va maintenant accomplir en guérissant physiquement et spirituellement l’'aveugle-né, puis aussi à lillumination de l'humanité dont la guérison de cet homme était un emblème et un premier échantillon. On voit par la conjonction Gray (proprement : quand il arrive que) combien son séjour dans ce monde est à ses yeux quelque chose de passager, d’accidentel. Comment ne se hâterait-il donc pas de profiter d'un temps qui doit finir si vite?
V. 6 et 7. «Ayant dit cela, il cracha à terre et fit de la boue avec sa salive, et il enduisit de cette boue les yeux
de l’aveugle', 7 et lui dit : Va, lave-toi au bassin de Siloé (nom qui signifie: Envoyé)”. Il s’en alla donc, et se lava, et revint voyant.» — Les mots: «Ayant dit cela,» présentent l’acte suivant comme l'application du principe que Jésus vient de poser. Matth. XX, 29; Marc X, 46 Jésus guérit un aveugle sans moyens extérieurs. Marc VIE 33; VI, 23 il emploie au contraire, comme ici, sa salive pour opérer des guérisons. Puisqu'il ne fait usage de ce moyen que dans certains cas, il résulte de là que c’était un symbole, propre à faire sentir aux malades, avec une force proportionnée à leurs besoins spirituels, quel était celui de qui émanait leur guérison — et non le véhicule réel de la puissance miraculeuse. Du moins, si Jésus opérait physiquement par ce moyen, 1} n’élait point soumis à l'emploi de cet agent et il en usait librement. Les malades devaient en tout cas apprendre par là que la vertu divine n'avait opéré en eux que par l'intermédiaire de ce Jésus; comp. V, 36; et sa dignité de médiateur leur était ainsi extérieurement révélée. Mais, dans le cas qui nous occupe, Jésus fait plus que d’omdre de salive les yeux de laveugle: il y applique un tampon de boue, ajoutant ainsi à sa cécité naturelle une cécité artificielle; puis 1l l'envoie se laver à Siloé. Quel est le but de cette manière d'agir tout à fait extraordinare? On est réduit ici aux suppositions; selon plusieurs, il veub mettre à l'épreuve l’obéissance de l’aveugle; selon Lücke, il veut au contraire donner un appui à sa foi; selon d’autres, il désire laisser à la foule le temps de se disperser; selon Baur, son intention serait bien plutôt de donner un plus
FPE are Le
!. Au lieu de la lecon du T. R. xo eme. toy tt. ému T. op. tou: Tup., qui est appuyée par 12 Mjj. la plupart des Mnn. [tels Syrs*, on lit dans N BL xor emeyp. (B: exeûnxe) autou toy x. ent t. op. ; A C** de même, en ajoutant tou tTuphou.
2. Cette parenthèse manque dans Syr. et: dans une traduction persane.
grand.éclat au miracle; plusieurs, enfin, pensent que, comme il s'agissait d’un aveugle-né, Jésus voulait donner à l'organe, qui n'avait jamais fonctionné, le temps de se développer. Mais, outre les invraisemblances qui s’attachent à plusieurs de ces suppositions, aucune d’entre elles ne tient compte du choix que fait Jésus, en cette circonstance, du réservoir de Siloé. N'est-ce pas avec beaucoup de raison que Lange rappelle le rôle que venait de jouer cette source, dans la fête qui finissait en ce moment? Dans une libation solennelle et journalière, la source de Siloé avait été présentée au peuple comme lemblème des bienfaits théocratiques et le gage de toutes les bénédictions attendues du Messie. L’Ancien Testament opposait déjà, dans ce sens, cette source modeste, jallissant sans bruit au pied de la colline du Temple, «les eaux de Siloé qui coulent doucement,» aux «grosses eaux» dévastatrices du fleuve babylonien, emblème de la force brutale des ennemis de la théocratie (Es. VIII, 7). Comme Jésus avait appliqué à sa personne dans le cours de la fête précédente les faits et les symboles divins, il en agit de même en ce moment; seulement ce qu'il avait déclaré en paroles, 1l lexprime maintenant par un fait. [l a dit: Je suis le vrai rocher spirituel; je suis la vraie nuée lumineuse. Son but est de faire comprendre ici qu'il est la vraie source de Siloé, la réalité de toutes les bénédictions divines dont l’eau de Siloé était Le type. Cette intention explique le moyen qu'il emploie. S'il se fût contenté d'envoyer l’aveugle se laver au réservoir sacré, la vertu miraculeuse eût été attribuée à l’eau de la source. Mais en ajoutant à la cécité réelle, que lui seul pouvait guérir, cette cécité artificielle et symbolique que l'eau de Siloé devait enlever, il dit par le fait: «Ce que Siloé est typiquement, je le suis en réalité. La grâce toute-puissante de Jéhovah qui opère sans bruit et sauve sans fracas, et que représente
cette eau jailissant doucement du pied de Morijah, c’est moi-même.» Peut-être, en mettant, comme il ne l'avait pas fait au ch. V, la source sacrée en part dans le miracle, Jésus avait-il aussi dessein de placer plus manifestement cette nouvelle guérison sabbatique sous la sauvegarde de Jéhovah (Lange).
Cest ce rôle symbolique accordé par Jésus à l’eau de Siloé, dans la guérison de l’aveugle, qui explique cette parenthèse de l’évangéliste : (Nom qui signifie Envoyé.» Au point de vue philologique, la justesse de la traduction donnée par saint Jéan n’est plus contestée par personne. Il est reconnu que le nom de Siloam est un substantif ou un adjectif verbal venant de no, envoyer, et dérivé soit du
participe passif Kal, soit plutôt du Pihel (avec solution du Daguesch fort en *). Quelle était l’origine de cette dénomination ? Le réservoir de Siloé, retrouvé par Robinson près de l'endroit où la vallée de Tyropéon s'ouvre sur les vallées de Hinnom et de Josaphat, entre les deux collines sacrées de Sion et de Moriah, est alimenté, à ce qu'il paraît, par un conduit souterrain qui part de la source de la Vierge dans la vallée de Josaphat et qui traverse en zig-zag la paroi de rocher de Hophel, prolongation méridionale de la colline du Temple. On a expliqué le nom d'Envoyé par cette circonstance. Ge mot signifierait : une eau amenée de loi. Ewald et Hengstenberg pensent que ce nom désignait plutôt la source elle-même, la fontaine de Marie qui alimente le réservoir, soit que le mot signifie simplement emissio aquæ, soit que, comme le croit Hengstenberg, cette eau sacrée füt ainsi désignée comme envoyée de Jéhovah, les sources étant envisagées en Orient comme des dons de Dieu. Il faut, à ce qu'il nous paraît, faire un pas de plus. L'origine de ce nom extraordinaire n’a pu être que la circonstance déjà mentionnée et dont la conscience israélite avait été vive-
ment frappée, que cette source jaillissait de la colline du. Temple, résidence de Jéhovah. Elle semblait être ainsi le type naturel de l'Envoyé que Dieu avait promis à son peuple. C’est à cette signification prophétique que lui avait attribuée le sentiment populaire et qui était la véritable origine du nom de Siloam, que se rattache l’ordre actuel de Jésus; voilà ce que fait ressortir la parenthèse.
Meyer et d’autres ne craignent pas de faire injure au bon sens de l’évangéliste en admettant, pour expliquer cette parenthèse, que Jean voit préfiguré, dans ce nom d'Envoyé, laveugle lui-même envoyé à Siloé. Comme sil y avait le moindre rapport logique entre l'individu envoyé et le nom du réservoir, but de l'envoi; comme si surtout le nom d'Envoyé n'était pas le titre constant de Jésus lui-même dans tout notre évangile. Pour se défaire de cette parenthèse, qui lembarrassait, Lücke a cru pouvoir recourir à l’'hypothèse d’une interpolation. Cet expédient ne trouve point un appui suffisant dans l'omission de ces mots dans la Peschito ; la traduction syriaque pouvait facilement omettre, comme inutile, l'interprétation grecque d’un mot hébreu.
La leçon alexandrine au v. 6 (note 1) offre un sens qui répugne : sa boue! — La prépos. eë est employée avec vba probablement parce qu'il fallait descendre’ dans le réservoir. — L’aveugle trouva facilement un guide, parmi les personnes présentes. — Quand l’évangéliste dit: «Ül revint voyant, » il ne veut pas dire que l’aveugle ait retrouvé Jésus (comp. v. 35 et 38); il le chercha à l'endroit où il l'avait laissé, pour lui rendre grâces, mais ne l’y trouva plus et S'en retourna dans sa demeure (comp. V, 13).
V. 8-12. «Ses voisins donc et ceux qui auparavant le voyaient mendier', disaient : N'est-ce pas là celui qui
1. T.R. lit tuplos avec 9 Mjj.; NABCDKLX 10 Mnn. Ier Vo. Syr. Cop. lisent rpocatne; Itplerique : tupoc nv xar Tpocatrne.
était assis et qui mendiait? 9 Les uns disaient: C’est lui-même; les autres : Il lui ressemble!. Lui disait : C’est bien moi. 10 Sur quoi ils lui disaient : Comment tes yeux ont-ils été ouverts? 11 Lui répondit et dit’: Un homme* appelé Jésus a fait de la boue et en a oint mes yeux et m'a dit: Va à l'étang de Siloé‘ et te lave. Y étant allé et m'étant lavé, j'ai recouvré la vue. 19 Ils lui dirent donc: Où est cet homme? Il dit: Je ne sais.» — Ces versets décrivent, de la manière la plus naturelle et la plus dramatique, l'effet produit par le retour de l’aveugle dans sa maison. — Des voisins l'évangéliste distingue ceux qui étaient habitués à le voir (partic. imparf. Sewopcdvres) demandant l'aumône. — La question du v. 8 est posée par tous; mais deux esprits différents se manifestent immédiatement dans les solutions données, v. 9. Les uns reconnaissent franchement le fait; les autres se réservent le moyen de l'éluder. D’après la leçon byzantine, ces derniers concèdent une ressemblance qui peut réellement servir à établir l'identité personnelle. D’après la variante alexandrine, ils nient imphicltement le miracle en n’accordant qu’une ressemblance fortuite. Quoi qu'il en soit de cette nuance, ce sont évidemment ces derniers qui, sur la déclaration de l’aveugle, lui posent les questions du v. 10 et du v. 12. — L'expression recouvrer la vue (v. 11) vient de ce que la cécité, même originaire, est un état contre nature. La question du v. 12 trahit l’intention de provoquer une enquête; c’est la transition au morceau suivant.
1. NBCLX Ltelis Vo, Syr. Cop. : ouye aXÀX ouotoc (non, mais il...) au lieu de ott omotoc.