PARIS
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liL'L i;ASSliïlE, -27.
.SV^ ucnd au inofil des mission^ il'Afri'iitc.
HOU REO^ER IIBBARY, WINOSOB
PRÊrACE DES ÉDITEURS.
Le commentaire qu'on va lire, et (jue son auteur a dû nous laisser inachevé, n'a pas été écrit pour le public, ni par quelque théologien illustre ou quelque exégète arrivé à la connaissance des saintes Ecritures à force d'études et de lectures savantes. C'est l'œuvre d'un humble acolyte, qui, né au sein du judaïsme, croit depuis dix années seulement en Celui dont Jean, fils de Zébédée, fut le disciple bien-aimé. Nous le laisserons lui-même nous raconter tout à l'heure, à quelle occasion et pour quel motif il a écrit ces pages, et nous nous contenterons de transcrire ici l'appréciation qu'en a faite le cardinal Pitra, son éminent biographe.
Après en avoir cité un long passage relatif aux deux sœurs de saint Lazare, Marthe et Marie, le savant auteur continue ainsi :
a. Nous nous arrêtons là, avec un regret respec- « lueux, en présence de l'enseignement le plus « ancien, le plus profond, le plus théologique des « Pères sur ces pages si souvent commentées. Et en « écrivant ces lignes, après tant d'autres, dans sa « cellule de Rome, il n'avait ni bibliothèque, ni com-
<i mentateiirs, ni ni.iilrcs, ni cttnsciis. il n'a sous l(3S « veux qu'un seul lextf. l'humble f>t antique Yulgate « de l'É<<lise. Gela lui suffît pour qu'il établisse pnr- « tout, comme en cet endroit, avec autant de précision ft <jue d'abondance, d'abord le sens littéral, puis le >. sens spirituel, qu'il appli(|uc tantôt à l'âme, tantôt « à i'És^lisc de la terre ou du ciel.U s'attncliede préfé- « rence au sens spirituel, lorsqu'il est plus étroitement « lié à la lettre, soit par la force intrinsèque du texte, « soit par l'interprétation la plus commune de la tro-» « dition. Quelques explications allégoriques, en très^ « petit nombre, nous ont paru lui être tout à fait « personnelles : c'est ainsi que dans les cinq portiques « de la Piscine, il voit les cinq révélations qui corn- « posaient l'ancienne loi, celles d'Adam, d'Abraham, K de Moïse, despro[>hètes, et celle de l'Église. II jette « spécialement de vives lumières et peut-être un jour « nouveau sur le sens littéral de plusieurs passages, « quelquefois en rappelanties coutumes des Juifs, qui -ï lui étaient familières, le plus souvent en pesant très- « scrupuleusement les moindres détails, en rappro- « chant habilement les évangélistes les uns des « autres, en confrontant les passages parallèles qui « semblent êlre tous sous ses yeux. Enfin, et c'est là « le trait le plus caractéristique de ce travail, ce fjui ■: l'anime et l'éclairé, ce qui met en relief d'une « manière palpable l'esprit et la lettre, il dégage con- « stamment ce qu'on peut appeler le sens surnaturel « du saint Évangile ; il fait ressortir l'action du divin « Sauveur sur les âmes, et les rapports spirituels de « tous les personnages évangélicpies, soit entre eux, « soit avec Notre-Seigneur. Tel que nous l'avons vu,
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( saisissaiil l<'s lr;iils les |.»lii>^. (Ii'liciits i]o l;i ronduile a interne de Marllie el (!e .Mnric, do même il êhidie a saint Jean-Baptiste, saint Pierre, saint André, Nico- « démo, l"avengle-né, la Samaritaine, etc. Il y voit a comme une série et une gradation de vocations a saintes et d'àmes plus ou moins parfaites, dont il « suit le développement et les vicissitudes sous l'action « de la gr<àce. S'il expose les actes ou les paroles du «. divin Maître, son commentaire rend sa présence « comme visible et clicrclie à produire ou à rap- '.' peler les effets de grâce qui devaient être attachés « à chaque mot, à chaque signe, à un regard, à un « gémissement du Sauveur. 11 met également en 'X scène les personnages secondaires et converse a avec eux comme avec le divin Maître, à la ma- « nière des contemplatifs. C'est l'exégèse intuitive, a et, à vrai dire, la méthode la plus commune des Pères « et des anciens docteurs. Hommos tout surnaturels, ..( et par cela même traditionnels éminemment, ils se « trouvaient, par une foi, une prière, une contema plation uniforme et commune, placés à la même « hauteur, éclairés des mêmes lumières, pénétrés par « le môme courant de grâces et d'harmonies célestes. « A une aussi lointaine distance que l'on voudra de « ces organes de la tradition, se placera riiuinhle « acolyte qui a commenté saint Jean ; il n'en est pas « moins de cette grande école des contempla- « tifs. » (I)
Plus loin réminentissim.e auteur ajoute ce qui
(1) Vio du Révérend Pèro Fr.-M.-P. I/ibermann, par le cardinal Joan-Baplisle Pilra, \ vol. iii-S". Paris lil'rairie Ponssielguc frères. Paifo f)42 et suiv.
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suit: « Il est glorieux pour l'IO^list^ iTrivoir toujours « possédé, depuis les temps apostoliques, ce don de « science infuse. En quelque mesure qu'on le rencon- « tre, ce serait le ravaler que de le comparer au don (I naturel de la parole ou à la science acquise humai- « nement, qui donne la force ou l'éclat au langage des « hommes. Malgré quelques brillantes exceptions, <ï comme sainte Thérèse et sainte Catherine de Sienne, 4 on dirait que la science infuse affectionne la forme « inculte. Aussi, bien que le vénéré Père ait souvent « parlé un langage que rien ne remplacerait, il s'est « très-peu préoccupé des formes correctes et harmo- « nieuses du style. C'était l'abandon qui lui coûtait le ce moins que de laisser passer des redondances mono- » tones, des incorrections qui choqueraient les esprits <i sensuels, et que l'on retrouve dans la plupart des « écrits composés sous une forte impression de la < science infuse. »
Il ne nous reste plus qu'à implorer pour ce volume l'indulgence du lecteur. L'ensemble des feuilles qui le composent se ressent un peu de l'action du soleil tropical sous lequel il a vu le jour. Nous osons croire que ce détail se trouve racheté par la netteté dé" l'impression, exécutée, sous la direction des missionnaires de la Sénégambie. par des enfants de cette race nègre, que trop aisément, en Europe, on regarde comme impropre à tout travail intelligent.