Et vous ne l'avez pas connu
mais moi je le connais ; et si je disais que je ne le connais point, je serais semblable à vous, menteur.
iVlais je le connais, et je garde sa parole.
Et non cognovisiis eum. Ici Notre Seigneur ne veut pas parler de cette connaissance acquise par les livres et par la parole des hommes, qui s'apprend par mémoire; car, celle-ci, les Juifs l'avaieiit de Dieu; ils connaissaient ce qui en était dit dans l'Ancien Testament, au moins ils en connaissaient assez pour savoir qu'il était le Créateur de toutes choses, et- pour savoir quelques-uns de ses attributs les plus importants. Mais il s'agit ici de cette connaissance intime, qui est don-
uve a une àmo tjui esl dans la ij;iàci' (li\inc. (^elk* <;onnaissancL', l'àmo n« s'on rend pas loujoiirs compte, parce que c'est im(3 \uv de la pure foi ({ui ne réside [)as dans les sens; mais il n'est pas moins vrai que <-'esl une connaissance réelle et plus parfaite que celle qui n'est acquise que par les livres, et dans laquelle la grâce n'est pour rien. Car, celle-ci n'est que factice, ne donne pas à l'âme la Divinité et n'y met aucune lumière véritable; tandis que cette connaissance, communiquée par la gi'àce, est une participation à la connaissance que l'ilnmanité sainte en a.
Notre Seigneur ajoute que pour lui il connaît son Père. Par là il veut parler de la parfaite possession (ju'il avait de toute la Divinité de son Père, par le Verbe qui était substantiellement en lui, et qui était l'image parfaite et substantielle du Père, et par la vue duquel l'Hnmanité voy*iit le Père même. Il ajoute : « Diœero quia non scio eum etc. » Par là il semble s'excuser auprès de ces malheureux, de ce qu'il parle ainsi à sa gloire. Car, connaissant ainsi la Divinité habitant en lui, il ne pouvait ' pas dire de lui qu'il n'était qu'un honime; et parier de lui comme s'il n'eut pas été levètu de la gloire, sans mentir, comme faisaient les Juifs. Les Juifs disaient que le Père était leur Dieu et que Dieu élnit leur père, et cela n'était pas vrai; ils ne le connaissaient pas même. Et si Notre Seigneur avait dit au contraire qu'il ne le connaissait pas lui-même, il aurait dit l'opposé du mensonge des Juifs et ce n'eut pas été la vérité non plus.
Après cela Notre Seigneur leur répète qu'il le connaît et qu'il observe sa parole, c'est-à-dire, sa volonté. Il dit : «Sermonem, » et par là il parle de cette parole .unique et éternelle qui résidait substantiellement en
lui. Il veut montrer }3ar là son union personnelle avec le Verbe : u Ego scio eum. » La perfection de son opération, qui est en tout une opération divine, parce que le Verbe divin agit par l'Humanité sainte et dans l'Humanité sainte, et elle est en tout soumise et entièrement docile à tout ce que cette parole éternelle du Père opère : et (( Sennonem ejus servo, »
06. Abraham paler vesler exsullavit ut videret diem meiiin ; vidil, el gavisus est.
56. Abraham, voire père, a tressailli pour voir mon jour; il l'a vii, et il s'est réjoui.
Après leur avoir montré qu'il ne cherchait pas sa gloire, Notre Seigneur revient à la pensée principale des Juifs, qui trouvaient extraordinaire qu'il se dit être plus qu'Abraham. Et il leur dit qu'il était tellement plus qu'Abraham, que ce Patriarche, pendant qu'il était sur la terre, avait soupiré de voir le jour où Notre Seigneur paraîtrait sur la terre. Et maintenant qu'il l'a vu, il s'en est réjoui. Par là Notre Seigneur manifestait assez combien il était au-dessus d'Abraham. Pour montrer les soupirs d'Abraham, il dit : « ExuUavit » parce que ces soupirs et ces désirs enflammés des Patriarches, étaient toujours animés d'un grand transport de l'esprit, et une grande joie intérieure les accompagnait.
Cela même montre la grandeur de Notre Seigneur au-dessus d'Abraham, puisque ce Patriarche était en de si grands transports dans ses désirs.
\\ a vu et s'est réjoui, parce qu'il voyait enfin arriver son libérateur, qui le tirerait bientôt de son lieu d'exil, et le ferait jouir de son Dieu et le revêtirait de sa propre gloire.