‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 15 sur 129 · I . Il ne 1 ne que de n · texte numérisé non relu

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pour mot cet unique et divin discours, Dieu incarné, dit notre foi, a parlé ce jour-là dans une assemblée d'hommes. 0 ami, qui que vous soyez, dites-le moi, Dieu même pouvait-il parier autrement? Tout votre esprit ne voit-il pas, tout votre cœur ne sent-il pas que ce discours est une preuve intrinsèque de la divinité de Jésus-Christ? Quant à moi, je ne puis m'empêcher de dire que, plus d'une fois dans ma vie, j'ai vu Dieu dans ces pages. Mes larmes d'enthousiasme les ont mouillées, et mes baisers d'adoration les ont usées.

Voyez la suite.

« Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils « seront consolés. »

11 y a dans les Larmes de la bonté, de la tendresse et de l'humilité; et dans toute larme d'âme est TEsprit-Saint consolateur!

« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de a justice, car ils seront rassasiés. » Est-ce que la soif de la justice n'est pas cet acte d'âme qui puise en Dieu la justice essentielle, qui la boit et qui la respire, et qui, remplissant de cette force sainte un être vivant sur terre, amène par cela seul su;- cette terre môme le règne croissant de la justice?

« Bienheureux sont les miséricordieux, parce < qu'ils recevront eux-mêmes la miséricorde. »

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« cause de moi. Oui, tressaillez de joie, car ils * vous traitent comme ils ont traité les pro- « ,)hètes ! »

Gela est clair! vous voyez le but, le ciel et l'idéal, le royaume de justice éternelle qui approche. Vous le montrez, et vous y appelez les hommes! Vous avez contre vous le Scribe, penseur partiel, faiseur d'arbitraires vérités. Vous avez contre vous l'idole pharisaïque, la vérité taillée en pierre, sans vie, sans amour et sans humilité. Vérité sans amour est idole. Vous avez contre vous Hérode et même César, à peu près toujours, car Hérode et César veulent régner, et n'entendent point que la justice, la vérité, la paix viennent régner à leur place.

Vous êtes le sel de la terre... et la lumière du

monde.

Ne l'oublions jamais, le règne de Dieu est une sorte de création nouvelle. L'Homme-Dieu, venu sur notre terre, veut y développer une

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foulent aux pieds, dans leur fureur, ces flambeaux renversés et ce sel affadi. Chrétiens, soyons donc sur nos gardes ! Prêtres du Christ, soyons attentifs! Et sachons discerner si nous sommes frappés comme prophètes ou comme sel affadi.

Et qui peut dire, tant les choses sont mêlées ici-bas, qui peut dire si vous n'êtes pas frappés à la fois comme prophètes et comme sel affadi? Quant à moi, je le vois clairement : j'ai aimé la justice et j'ai eu soif de la lumière. Et pour cela, j'ai été frappé. Mais ces quelques blessures bienheureuses ont été rares et peu cruelles. Je n'en méritais même pas tant ! C'est comme sel affadi que je souffre, et que je souffrirai, sous la main de Dieu et des hommes, si je ne change bientôt. Mais les saints mêmes, ces enfants de la vérité, les saints, lorsqu'ils étaient frappés comme saints et comme prophètes, comme d'autres Jésus-Christ, les saints ont toujours tendu l'autre joue et n'ont cessé de soutenir qu'ils souffraient comme sel affadi \ Que dire donc de ceux qui, se sentant frappés, éclatent en colères formidables et crient à ceux qui foulent aux pieds le mauvais sel : Maudits! maudits I Vous qui lapidez les prophètes, soyez maudits!

Mais que dire, d'un autre côté de ceux qui

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iple à frapper? Que dire de oeui dont la H d'autant plus aide der la i

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Si l'on avait compris ces choses, L'histoire se serait moin> péniblement [>-

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devoir. Nous, au lieu de cela, nous maintenons tous avec acharnement nos propres iniquités et nous frappons sans hésiter sur les iniquités et même sur les justices d'autrui.

Les hommes ne peuvent-ils donc comprendra tju il s'agit ici-bas d'une lutte commune et solidaire, dans laquelle il faut nous soutenir tous entre nous, au lieu de nous frapper? Les aînés n ont-ils pas commencé déjà à se laisser frapper plutôt que de frapper? Heureux si c'est pour la justice qu'ils souffrent! Bienheureux s ils pleurent en silence plutôt que de maudire! Bienheureux s'ils demeurent absolument doux pacifiques, miséricordieux; car c'est ainsi qu'ils posséderont la terre.

Je ne suis pas venu abolir la loi, mais l'accomplir.

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Quiconque s'irrite contre son frère sera coupable.

On vous disait : Ne tuez pas. Moi, je vous dis : Plus de colère! plus d'insulte contre aucun homme! N'appelez pas même votre frère : sel affadi falue) ! vous en seriez puni.

Soyez de ceux qui ne peuvent supporter la division et la séparation, et dont l'âme brûle quand elle sent la lutte intérieure contre une autre âme. Soyons un, même avec ceux qui ne veulent pas être un avec nous.

Vous allez chercher Dieu par la prière. N'y allez pas avant d'aller trouver le frère dont le cœur gouffre à cause de vous. L'homme ne s'unit a Dieu que lorsqu'il s'unit à ses frères.

Premier trait de l'absolue beauté morale, la bonté !

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