‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 22 sur 129 · OC · texte numérisé non relu

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Que votre volonté soit faite en la terre comme au ciel, veut donc dire : Avançons! Sursum corda! Marchons à notre but sacré, avançons vers la gloire, la lumière et la perfection, la beauté absolue, l'amour plein, le monde sans larmes et vie sans obstacles. En la terre comme au ciel signifie que, dès cette vie même, sur cette terre même, Dieu doit régner de plus eu plus : la lumière, la justice et la paix grandiront.

Que dire de ceux qui, récitant chaque jour cette prière essentielle du chrétien, disent ensuite, quand, après avoir récité, ils parlent : fon, le monde ne peut pas changer. Il ne peut pas y avoir de progrès : décadence continue, c'est l'avenir du monde. »

0 noire Père, que votre volonté soit faite en la terre comme au ciel : qu'en la terre votre volonté règne, non pas un peu, mais comme au ciel : qu'elle règne, non d'un règne arrêté, luiiis d'un règnfi croissant, qui prenne toujours le ciel pour modèle et pour but; d'un a qui s'efforce toujours de grandir, de s'accomplir, afin qu'à chaque instant la voix

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Voilà la prière absolue, nécessaire et universelle. Dieu Va dictée. Chaque mot est digne de l'Homme-Oieu. 11 est Dieu, puisqu'il a dicté cette prière.

Votre Père qui est dans la secret, ?ous le rendra dans 1* clarté.

L'Évangile dépasse de beaucoup, en profondeur et science précise, tout ce qu'on lui soupçonne. Aucun homme aujourd'hui ne sait assez l'ensemble et le rapport des sciences et le fond de la vie, pour comprendre ces profondeurs et ces précisions.

Pour moi, il y a quarante ans que la parole de mon Maître adoré fait l'étude quotidienne de ma vie. Il est vrai que ce nombre d'années me rappelle cette parole du psaume : « Il y a qua- « ranteans que je me tiens, dit le Seigneur, « près du cœur de cette race, mais ce cœur est * toujours errant ! » Hélas l oui, en un certain

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ques points le commencement des merveilles évangéliques.

Ce qui est surprenant, c'est l'absolue simplicité du fond, sous la densité des richesses de détail. Ce sont vraiment des germes, des grains de blé, comme le dit l'Évangile, semences de toute nature et de toute forme, mais de même centre, enveloppes d'une même vie, notes d'un même chant et mots d'un même discours. Il ya un certain degré d'intelligence évangélique, qui voit les paroles du Sauveur comme des monceaux de perles, de diamants, de bijoux à mille formes et à mille usages, maisqui ne voitencore en tout cela qu'irréductible diversité. Or, ce qu'il faut y voir, c'est l'unité, la simplicité, la candeur de la lumière blanche. C'est là comme dans la lumière même, que tout est dans chaque point. « Tout l'Evangile, disçnt plusieurs Pères, « est dans chacun de ses versets. » Et saint Augustin dit : « Qui ne voit pas dans chacun « d'eux l'amour, l'amour seul et le même amour, « celui-là n'a pas encore compris. »

Par exemple, qu'est donc au fond tout ce discours sur la montagne, comme, au reste, tout l'Évangile ? C'est ce seul point : Faites pénitence, c'est-à dire trans formez-vous par le sacrifice, c'est-à-dire ramenez au Père tout ce que vous êtes, et le Père vous rendra le toutglo-

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terre et parmi les hommes, lui rend dans la lumière, plus qu'au centuple, les forces, même extérieures et corporelles, qu'elle avait sacrifiées. Oui, là se trouve la loi fonda mentale et de la vie de l'âme et de la vie du corps.

Ne vous amassez pas de trésors sur la terre.

Le mépris des richesses : Ne vous amassez pas ces trésors matériels qu'atteint la rouille, que le voleur emporte ; mais faites-vous des trésors dnns le ciel. Oui, certes, c'est la loi de la richesse que notre science commence enfin à démontrer. Est-ce que la richesse d'une nation ou d'un homme consiste dans la quantité des métaux ou de tout objet terrestre ?

Non, la richesse réelle, vivante, permanente et croissante, qu'aucun voleur n'emporte, qu'aucune rouille n'atteint, cette richesse-là vient avant tout du ciel, et c'est là qu'il faut a ^ser. Il est manifeste aujourd'hui que la ju> icc et le travail, l'ordre et la Uberté, choses

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que vous aimez ? est-ce l'aident ou bien est-ce Dieu ? Choisissez, vous ne pouvez servir les deux. Servez Dieu : il vous rendra riche, de la richesse nécessaire et vraie. Servez l'argent : l'argent ne fera rienpourvous : Essayez de servir les deux : vous vous perdrez dansles ténèbres et la contradiction.

Simplicité et unité en Dieu, toujours, pour tout, retour continuel à l'unité en Dieu et à la source en Dieu, et à la vie du Père au ciel, c'est là la loi. L'Evangile poseaihsi cette loi éternelle et universelle : « Si votre œil est simple, votre « corps est éclairé ; s'il n'est pas simple, votre « corps est dans les ténèbres. » Tout le fond de la connaissance de l'âmeest dans ces mots évaniues, et c'est aussi la loi fondamentale de la vie corporelle (l). La science del'àmeet celle du corps sont dans ces mots. Sans doute, c'est là ce que tous les savants n'aperçoivent pas encore, m'ais l'avenir, avant cent ans, justifiera ce que j'ose aftirmer ici.

'\ Que ne soit la loi, même pour la vie du corps, nous avons essayé de le montrer ailleurs. {Connaissance de l'a me » . Il, liv. iV ch. iv.J

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et doit désirer, est donné à qui cherche d'abord îa justice. La simple et droite recherche de la justice est le plus court et le plus énergique moyen d'obtenir tout.

Que voulez- vous? Voulez-vous la santé, la beauté, la richesse? Voulez-vous l'art, l'éloquence ou la science? Voulez-vous l'amour ou la gloire? Voulez-vous le pouvoir de gouverner le monde? Pour tout cela, cherchez d'abord la justice et le royaume de Dieu, et tout le reste vous sera donné.

Le corps, la vie et la santé! N'est-il pas évident que la pratique des lois morales et le retour à Dieu détruiraient à l'instant les neuf dixièmes des maladies et réduiraient comme miraculeusement l'empire de la souffrance et de la mort?

La beauté ! Est-ce que cette beauté morale absolue que propose l'Evangile ne transfigurerait pas les corps? Est-ce que la beauté n'est pas beaucoup plutôt dans l'âme que dans le corps? Est-ce que ces affreuses découvertes qui terminent l'amour, qui brisent l'attrait de la beauté et révèlent les laideurs fondamentales, ne consistent pas en ceci : reconnaître, hélas! que dans cet homme ou dans cette femme l'apparente beauté de la face ne tient pas à l'âme, et que l'âme ne tient pas à Dieu?

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grès de richesse matérielle, la force vive qui opère tout et qui suffît à tout. Le principe de la science des richesses est donc le mot de l'Évangile : « Cherchez avant tout la justice, et tout le « reste vous sera donné par surcroit. »

Voulez-vous l'art ou l'éloquence, ou même la science? Poursuivez toujours le point simple. Si vous ne poursuivez pas avant tout cet unique nécessaire que j'appelle de son nom : « Royaume « de Dieu et justice de Dieu »>, vous n'atteindrez rien de profond, rien d'immortel. Vous pourrez, pendant toute une vie, rassembler tous les autres moyens, toutes les règles, tous les modèles, tous les matériaux, et travailler dans cette multiplicité jusqu'à l'épuisement; vous n'avez rien, si vous n'avez pas le point simple, savoir : justice et vérité vivante et actuelle que Dieu opère, montre et inspire au centre. S'il s'agiten particulier d'éloquence, êtj& vous, comme je le suis moi-même, presque incapable de parole, et peu habile à combine/, à composer et arranger par réflexion? Alors sac liez couvrir votre faiblesse et compenser v<>lre impuissance par la force de Dieu. Suppléez à tout parla profonde intensité des convictions. Ayez l'amour ardent et simple de la justice et de la vérité. Rentrez par la prière intime en votre centre et votre source. Faites

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