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28. « Ne craignez pas ceux qui tuent le corpsf « mais qui ne peuvent pas tuer l'àme ; craignez « plutôt celui qui peut précipiter et l'àme et le « corps dans l'enfer. »
29. « N'a-t-on pas deux passereaux pour un « sou? Or il n'en tombe pas un seul sur la terre « si votre Père ne le permet. »
30. « Quant à vous, les cheveux de votre tête « sont comptés. »
31. » Ne craignez rien, vous valez mieux « que plusieurs passereaux. »
32. « Quiconque me reconnaît devant les « hommes, je le reconnaîtrai aussi devant mon « Père qui est au ciel. »
33. « Et quiconque me renie devant les « hommes, je le renie aussi devant mon Père « nui est au ciel. »
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42. « Et quiconque donne au moindre de ceux- « ci un verre d'eau parce qu'il est mon disciple. « celui-là, je vous le dis en vérité, ne perdra « pas sa récompense. *>
Allez, et dites que le royaume du ciel approche.
Jésus-Christ est venu au milieu du plus profond abaissement du genre humain. Il a prononcé des paroles qui sont recueillies en dix pages, et il a laissé douze apôtres. Et avec ces moyens il a créé une ère nouvelle et il a partagé l'histoire en deux parties, et il a opéré dans le monde la seule révolution universelle et salutaire qu'ait vue le monde.
Mais, dans cette ère nouvelle, il y a des pro grès et des phases. Dieu veut de nos jours un progrès. Aujourd'hui même, l'Europe est dans l'enfantement de ce qui doit venir. Mais le passage est absolument impossible tant que nous
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est et qui sera, est et sera liberté de mort, de ruines, de catastrophes périodiques, d'anarchie et de servitude, tant qu'elle ne puisera cas sa sève dans l'Evangile, et dans l'Eglise rivante universelle qu'a créée l'Evangile.
Les trois grandes phases de l'ère nouvelle sont annoncées et distinguées par cette parole souveraine du Christ : « Si vous pratiquez ma « parole, vous connaîtrez la vérité, et la « vérité vous rendra libres. » Les deux conditions nécessaires de la troisième phase, dans laquelle nous entrons, la phase de liberté, sont en effet la justice et la vérité.
Et ceux-là seuls qui auront goûté le vin nouveau que verse en ce moment Notre-Seigneur, ceux-là seuls recevront le pouvoir de chasser, d'anéantir les doctrines impures qui salissent aujourd'hui l'esprit européen, et de guérir les langueurs et les infirmités qui arrêtent la marche du monde.
Et ils seront envoyés d'abord aux brebis perdues de la maison d'Israël, c'est-à-dire à tous ceux qui, chez les peuples chrétiens, ont oublié la foi, le sens et la pratique de l'Évangile. Ensuite ils seront envoyés par toute la terre à tous les peuples. Et l'on ne saurait supposer que le peuple chrétien actuel sera rejeté, et que le royaume passera aux autres : la chrétienté pré-
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Telle est l'œuvre du Christ : en voilà le fond substantiel. Et cette race des enfants de Dieu, à mesure qu'elle se multipliera, recevra le pouvoir croissant de bénir la terre, et d'accomplir de plus en plus dans tout l'ensemble ce que dit le Seigneur à ses apôtres : « Guéris- « sez les malades, ressuscitez les morts, puri- « fiez les lépreux, et chassez les démons. »
Outre les faits de guérisons particulières auxquels il faut croire pleinement, la vie humaine deviendra plus forte et plus belle, le règne de la souffrance stérile, surtout de la souffrance coupable, sera réduit; les êtres obsesseurs et parasites du genre humain, visibles ou invisibles, seront de plus en plus domptés et tenus à distance.
Mais ce qui est plus admirable, plus difficile, et ce que Dieu nous donnera surtout, ce sera d'opérer les mêmes choses, non pas seulement sur les corps, mais aussi sur les âmes : mort des âmes et maladies des âmes seront continuellement vaincues et guéries en tout homme libre qui le voudra. La force ejt la beauté morale grandiront avec magnificence. C'est là la vraie moisson évangélique. Et les âmes, belles et fortes en Dieu, saintes et vivantes
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Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. N'ayez ni or ni argent.
Et d'abord, frères chéris, nobles esprits, coeurs dévoués et courageux, contemplez la face de la terre et voyez si la lutte est finie.
Depuis le jour où Ton versait à Bethléem des torrents de sang pour anéantir dans son germe le Christ, jusqu'à Dioclétien, jusqu'aux immenses massacres de l'invasion et les cruels massacres de l'Islamisme, et ceux des guerres de religion, et les massacres de la Terreur, dans tout l'intervalle de ces points principaux, le sang n'a cessé de couler. .Oui, la race de Gain subsiste : oui, il y a des méchants, des tyrans, des bourreaux. Tombé dans l'animalité, l'homme ne devient pas seulement porc immonde, mais loup féroce et dévorant. Il n'y a pas seulement l'homme de joie ; il y a aussi l'homme de proie; car l'homme devient bête de carnage, il mange la chair et boit le sang. Et il est vrai que jusqu'ici l'humanité a été
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ans, ifans la bouche d'un célèbre historien, ne semble plus si impossible. « Si Dieu ne nous « secourt par des merveilles, nous marchons à « une catastrophe semblable à celle qu'a tra- « versée le monde romain vers le milieu du « troisième siècle : anéantissement du bien-être, « anéantissement de la liberté, de la science et « de la civilisation ! » Moi qui transcris ces lignes, je les ai, autrefois, déclarées absurdes. Aujourd'hui je les médite avec frayeur, et je vois avec beaucoup d'autres que, depuis trente ans, nous sommes visiblement descendus plus bas encore que nous n'étions. Oui, anéantissement de la liberté, de la science, de la justice et du bien-être! Il est question de tout cela. Les hommes de joie, de proie et de carnage, restés en haut, ou survenus d'en bas, comprenant la nécessité d'abolir Jésus-Christ pour régner sans obstacle, cherchent àôter aux nations leur Sauveur, et si, parla continuité du mensonge, ils y réussissent en partie, ils peuvent produire des catastrophes plus terribles qu'ils ne le veulent eux-mêmes, au milieu desquelles peuvent périr, pour un temps, par toute l'Eu* rope, science et justice, travail et liberté.
Aujourd'hui, sous nos yeux, des loups servis par des renards ne dévorent-ils pas des nations?
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ou le médecin le malade. Soyez prudents,
« Prenez garde, me disait un saint prêtre, théologien profond, cœur plein de zèle, prenez garde avec les chrétiens séparés; ne leur ôtez pas la bonne foi. Notre cause est trop évidente. Ne leur montrez toute la lumière que si vous prévoyez qu'ils auront le courage de la suivre. »
Les « pêcheurs d'hommes », c'est le nom que Jésus donne à ses apôtres, les pêcheurs d'hommes, les vrais pêcheurs habiles, sont très prudents avec les hommes, vu que leur unique but est de les prendre. Ils ne crient point. Ils sont tranquilles, et ils commencent toujours par dire : La paix soit avec vous ! Voilà la prudence du serpent.
Voici que vous entrez dans une maison ou dans une ville; un homme, une assemblée sont devant vous; commenceztoujourspar dire: La paix soit avec vous ! Supposez toujours la bonne foi et la bonne volonté. Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Puis, comme saint Paul, — voyez quelle sainte prudence ! — il les loue de ce qui est louable en eux, leur parle du Dieu inconnu qui est en eux, dont il a rencontré le nom au milieu de leurs places publiques.
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Mais voici la simplicité des colombes, celle de Jésus et celle des apôtres.
Dans la lutte avec la vieille race, avec l'homme animal qui occupe ce globe que nous avons à conquérir, nous, nous leur représentons la vérité dans la paix et l'amour. Mais eux nous répondent par la haine. Eritls odio omnibus propter nomen meum. C'est ce que dit l'histoire par la bouche de Tacite: Christianos odio generis humanis convictos ! Les chrétiens sont convaincus de haïr le genre humain! La vieille race animale emploie les armes du vieux monde. Elle traîne ces hommes nouveaux, ces hommes divins, humbles et doux, sous l'œil féroce des foules, des assemblées, des tribunaux. Leur indéfinissable majesté rend ivres de fureur les juges. Onles frappe, on les tue; tout se soulève pour les exterminer comme des serpents dont il faut extirper la race.
Que faire contre la haine, la fureur et la force? Que faire contre le monde entier, soulevé contre nous? La foule, ia force, les lois, les mœurs sont contre nous. Gomment vaincre le monde entier? Par la simplicité naïve de la foi et de la vérité ; par l'assertion de la justice entière et absolue.
Quand vous serez traduits devant les assemblées, parlez alors, dit le Seigneur, parlez, ne
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nous. Il me semble que le Seigneur veut guérir en deux fois l'aveuglement du genre humain, comme il guérit, en le touchant deux fois, l'aveugle qui, la première fois, interrogé par le Seigneur sur ce qu'il voyait, répondit : « Je vois « les hommes comme des arbres qui marchent. »
Aujourd'hui encore, c'est ainsi que les hommes voient la justice ; pour eux c'est une chose vague, comme un arbre qui marche, mais ce n'est pas encore la reine du monde et la force de Dieu !
Peut-être la crise présente est le moment où le Sauveur impose les mains pour la seconde fois aux nations, afin de leur donner la claire intelligence de la justice.
Il imposa ses mains au monde d'abord par les martyrs, qui annonçaient, avec la simplicité de la colombe et la naïveté de pauvres ignorants, que le royaume de Dieu et sa justice arrivaient dans le monde, que les pauvres posséderaientle ciel ; que les doux posséderaient la terre; et que ceuxqui souffraient persécution pour la justice étaient heureux. Et ces paroles elles-mêmes étaient tout à la fois et l'annonce de ces choses et la force qui les opérait.
Eh bien ! je ne cesserai jusqu'à mon dernier jour de répéterqu'aujourd'hui, pour tirer l'Europe de ces ténèbres relatives, où elle voit la
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des loups, mais ne sera jamais apôtre. S'ilnese trouve pas dans un peuple un nombre suffisant d'hommes plus forts que Foret que l'argent, ce peuple, fût-il le plus éclairé et le plus avancé des peuples, peut, en dix ans, être corrompu, dans l'ensemble, par les maîtres qui disposent de l'argent. Desbataillons réguliers de menteurs peuvent être organisés, et la presse quotidienne peut devenir la plus grande puissance de mensonge qui ait jamais trompé les hommes. La presse alors aurait été donnée aux peuples de l'Europe moderne pour leur cacher l'histoire par du papier, pour envelopper les têtes, et les rendre incapables de voir les choses qui s'opèrent sous leurs yeux. Lorsque les hommes de joie unis aux hommes de proie ont acheté tous les scribes du peuple, le peuple entier est absolument endormi, engourdi, insensible. On le garrotte alors, on le dépouille, eton le déshonore, eton le foule aux pieds, sans qu'ilsachenipuisse résister. Comprenez-vous, frères bien-aimés,la nécessité absolue qu'il y ait en tout temps, et aujourd'hui plus que jamais, chez tous les peuple, des hommes absolument vainqueurs del'or et de l'argent?
Eh bien! gloire à Dieu! elle existe sur la terre, et elle y est impérissable, la noble, sainte et glo* rieuse société des esprits, unisentre eux etavec
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vérité. Où dêcouvrirez-vous, par exemple, une société particulière comme celle des Sœurs de Saint-Vincent de Paul, une sorte d'armée céleste de vingt-cinq mille femmes, pures, courageuses, admirables, dont un grand nombre sont nées dans l'opulence, et qui vivent dans la pauvreté volontaire, en consumant leur vie dans le travail au service des pauvres? Ceci est une réalité miraculeuse, mais palpable et contemporaine.
Mais il y en a d'autres par milliers et milliers, et des hommes, par milliers et milliers, qui, en esprit et en vérité, pouvant faire autrement, choisissent, en entrant dans la vie, pour partage, le travail et la pauvreté, avec l'humiliation et la persécution. Gela vit sous nos yeux, frères bien-aimés. Eh bien! voilà un trait évangélique, qui est l'un des traits principaux, puisqu'il répond à la première béatitude, et au premier conseil apostolique, voilà un trait divin, dont l'Eglise catholique toute seule a conservé l'esprit, la vie, la lettre, l'inst:tution, la pratique habituelle, visible, organisée. Chers bien-aimés, répondez-moi : Cela n'est-il pas lumineux comme le soleil? Sainte Église catholique, ma mère, sois bénie! sois bénie! Sainte et belle Eglise catholique, unique dépositaire du Christ entier, de toute sa vie et
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