‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 38 sur 129 · NOUS · texte numérisé non relu

NOUS

voit-il pas? Un passereau tombe-t-il à terre, si votre Père ne le permet pas? Enfants de Dieu, ne craignez donc jamais. Ne craignez pas la mort du corps, ne craignez que le mal qui tue l'âme et le corps.

Les hommes, faute de lumière, sont vraiment trop timides. Aujourd'hui encore la plupart craignent tout, comme des enfants dans les ténèbres. 11 est une occasion pourtant où, tout à coup, la plupart deviennent héroïques : c'est lorsqu'il faut braver la mort ensemble, serrés l'un contre l'autre, pour la patrie et sous ses yeux.

S ils savaient quelle patrie universelle les regarde en tous lieux, quelles intelligences et quels cœurs planent sur eux, quels êtres magnanimes, quels célestes héros, quelles glorieuses reines contemplent en tout temps le théâtre où nous combattons; si seulement on avait l'habitude de méditer, par l'imagination, la forme physique et visible de l'univers, lieu des esprits qui nous regardent ; si Ton considérait ce petit astre que nous habitons comme une petite étoile dans l'immense assemblée des mondes; et nous, hommes libres et intelligents, si nous osions nous reconnaître comme des anges, — et c'est ce que nous sommes, — comme des anges envoyés par le Père, pour

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Celui qui me confessera devant les hommes, je le confesserai devant mon Père.

Et quelle est l'œuvre, enfin, à laquelle il faut me dévouer? Et quelle est l'arme ou l'instrument? Répétons-le toujours, c'est la simple proclamation de la justice, la simple proclamation de l'Evangile, l'annonce du royaume de Dieu, la confession du Christ, lequel est, ne l'oubliez jamais, justice, vérité, liberté incarnées. Tout est là : « Celui qui me confessera « devant les hommes, je le reconnaîtrai devant « mon Père, et celui qui me reniera devant les « hommes, moi je le renierai devant mon Père l » Le Père est le principe des forces. Voyez-vous les hommes de courage et de vérité enracinés dans le principe des forces et de la lumière? Voyez-vous les hommes d'erreur et de lâcheté

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tantes atteignant les hommes et les choses. En un mot, il donne les principes : « Je vous « parle, dit-il, de principes. » Nous, nous avons à développer et appliquer les principes qu'il révèle.

Il est un autre sens de cette profonde parole, vraie pour chaque homme à tout instant. Celui qui est le principe de toutes choses, Dieu, et son Verbe et son Esprit, Dieu parle toujours en nous comme conscience, comme éternelle raison, comme lumière éclairant tout homme, lumière à la fois divine et humaine. Mais pour nous, pauvres aveugles et pauvres sourds, la voix de Dieu est un murmure que l'oreille ne perçoit qu'à peine, et ses paroles ne sont d'abord qu'énigmes et obscurités. Le devoir de tout homme est d'amener à la clarté, à la pratique et à l'application, dans sa vie personnelle, libre et intelligente, les secrets enseignements de Dieu doucement inspirés dans le fond invisible et presque impersonnel de l'âme. Mais alors vient la lutte avec nous-mêmes et avec autrui.

Avec autrui d'abord. Quand l'apôtre laisse dormir dans le sanctuaire, sans les développer et sans les appliquer, les germes évangéliques, alors il a la paix. S'il prêche, en endormant les hommes, les formules abstraites du devoir,

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