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39. « Jésus leur répondit : Cette racemé» « chante et adultère demande un signe; et il « ne lui sera donné d'autre signe que celui du « prophète Jonas. »
40. « Gomme Jonas a été pendant trois « jours et trois nuits dans le ventre de la ba- « leine, le fils de l'homme sera pendant trois « jours et pendant trois nuits dans le cœur de « la terre. »
41. « Les Ninivites, au jour du jugement, « s'élèveront contre la génération présente, « et la condamneront, parce qu'ils ont fait pé- « nitence à la prédication de Jonas. Or, il y a « ici plus que Jonas. »
42. « La reine du Midi s'élèvera, au jour « du jugement, contre cette génération, parce « qu'elle est venue des extrémités de la terre « écouter la sagesse de Salomon; or, il y a ici « plus que Salomon. »
43. « Lorsque l'esprit immonde sort d'un « homme, il traverse les lieux arides et cher-
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Tout se trouve dans ce mot : « Fils de l'homme ». Il est l'homme même : ecce homo, l'homme choisi, absolument aimable et beau, etbien-aimé de Dieu. Il est l'homme idéal, et en même temps réel, roi de la terre, et maitre de l'histoire : Dominus sabbati. Plus grand que Salomon: ecce \ic -plus qxiam Salomon; plus sacré que le Temple de Dieu, Templo major est hic. Il es' le centre universel, le cœur de tout le genre humain, cœur hors duquel on est exclu et dispersé : qui non congre g at mecum dispercit. Il est le frère, il est le fils de tout homme ie bonne volonté : qui facit voluntatem patris, pse f rater meus et soror et mater est. Il porte te ite faiblesse humaine et toute erreur humaine dans Ja aouceur, l'indulgence, la patience, la bonté. C'est un Fils, puissant et bon, qui vient relever et sauver sa famille, l'humanité. Pitié du cœur, et lumière de raison, et toutepuissance dans la douceur, lapatience, la bonté, voilà ses armes, ou plutôt son attrait : attrait d'amour et de lumière, par lequel il gouvernera les nations, comme le soleil gouverne le monde.
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Mais, je l'avoue, je ne parle jamais sans trembler des Pharisiens et des princes des prêtres, qui furent les grands ennemis du Christ, et qui Font crucifié : car Jésus dit à ses apôtres de se garder du vieux levain pharisaïque. Saint Augustin affirme, ce qui est évident, que cette parole s'adresse aux chrétiens mêmes et aux prêtres de la loi nouvelle. 11 est d'ailleurs
reconnu, dans l'Eglise, que ceux qui doivent le plus trembler, parce qu'ils abusent le plus des grâces, ce sont les prêtres : « Toute la cor- « ruption du peuple vient d'abord du clergé, » disait Innocent III à l'ouverture d'un concile général. Or, je suis prêtre. Qu'ai -je fait du dépot qui m'a été confié, doctrine de Dieu et vie de Dieu? N'ai-je point été plus souvent obstacle qu'instrument? Suis-je entré dans le royaume du ciel, dont j'ai la clef, et n'ai-je point empêché les autres d'y entrer? Dans tous les cas, frappons-nous la poitrine, et avançons avec humilité dans la lumière évangélique.
L/espritpharisaïque, c'est l'espritquiretourne les dons sacrés. Dieu est lumière, Dieu est amour, et cet esprit n'est que ténèbres, atrocité, abolition du cœur et de la raison.
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« gardez-vous du levain des Pharisiens, » dit Jésus-Christ à ses apôtres.
Il y a, dit saint Chr^sostome, des esprits qui, en religion, préfèrent invariablement l'interprétation absurde et odieuse. Il y a, dit M aiebranche, des zélateurs dont le Dieu est un monstre. Il parlait de ce Dieu, qu'on prétendait introduire alors, qui damne par décret arbitraire. Le Credo quia absurdum est l'un des vices de notre pauvre esprit; et ce vice est visible en religion comme en philosophie. Il y a une fascination de l'absurde, de l'atroce, de l'épouvantable. Et c'est le plus horrible des rayons qui sortent des yeux du serpent. Les lâches esprits qui cèdent à ce regard maudit, Jésus les nomme, dans ce chapitre, race de vipères! Oh! quel nom véritable! C'est contre ces vipères qu'il lutte.
Suivez cette lutte dans presque toutes les pages de l'Evangile, et vous verrez toujours, du côté de Jésus, ces deux choses : pitié de cœur et lumière de raison. Aux traditions absurdes des Pharisiens il oppose toujours quelque simple évidence de raison, et à leur dureté, à leur esprit de répulsion, à leur amour de la condamnation, il oppose la divine parole : « C'est la miséricorde que je veux, et non l'im- « molation! Si vous aviez compris, leur dit-il,
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peut-être, que parce qu'ils le croient mort. Et c'est lorsqu'il leur dit cette évidence : « Oui, le « jour du sabbat il est permis de faire du bien », c'est alors, et à cause de cela, dit l'Évangile, qu'ils s'assemblent, tiennent conseil et décident sa perte.
Le Christ vivant « est maître du sabbat « même ». Comparez à l'immobilité judaïque et pharisaïque la vie consta aiment grandissante de la glorieuse Eglise du Christ. Voyez l'immuable solidité du dogme se développer dans ses explications, et ses applications, et ses définitions. Voyez ces transformations de la discipline de l'Eglise, selon les siècles, et toutes les lois ecclésiastiques, sauf l'immuable loi morale, toujours soumise à l'esprit vivant qui gouverne TE^lise. Frères bien-aimés, lorsque vous entendrez reprocher à l'Eglise catholique « son im- « mobilité pharisaïque », parfois aussi « sesva- « rialions », constatez, tant que vous voudrez, les traces locales et temporaires du vieux levain pharisaïque ; mais surtout méditez son histoire et voyez si l'Eglise, toujours ancienne et toujours nouvelle, n'a pas en elle, comme Jésus-
G irist et l'Evangile, le passé, le présent, l'avenir : Christus heri, et hoclie, et in saecula, et la vraie proportion de raison et de tradition, de mouvement et de stabilité.
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ce centre doit peu à peu attirer tout à lui, tout ce qui est guérissable, tout ce qui est capable de vie, d'union, d'amour et de retour à l'unité. Je suis, dit le Sauveur, je suis le commencement de la vie éternelle incarnée; qui n'amasse point avec moi dissipe, qui ne veut pas se recueillir en moi se disperse et s'évanouit. Car qui n'est point avec moi est contre moi. J'attire les êtres libres et capables d'amour, capables de l'affirmation radicale : mais celui qui ne se rend pas à l'attrait et qui le repousse, est repoussé et dispersé. Et nous devons commenter cette parole par cette autre qui est sa conséquence : « Celui qui n'est pas contre moi « est pour moi » , c'est-à-dire que quiconque ne fait pas acte libre, explicite et volontaire contre le Christ, celui-là n'étant pas contre le Christ, est pour lui.
Quiconque parle contre le Fils de l'homme obtiendra son pardon.
Maître adoré, vous qui êtes la ressource du monde, ma lumière et mon bien, ô Christ, que
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comment le monde entre en ce momeht dans ce qu'il faut appeler une phase nouvelle de l'ère nouvelle.
Seigneur, le nombre de vos ennemis n'est-il pas mille et mille fois plus grand que celui de vos serviteurs? Et d'abord le nom chrétien n'est porté que par le quart du genre humain. Et puis, au milieu du peuple chrétien, combien y a-t-il de chrétiens? Où va la foule, où va la masse des hommes? Ils s'en vont, et ils se dispersent; ils vous blasphèment ou vous ignorent. Aujourd'hui, le plus grand nombre de ceux qui parlent ne parlent-ils pas contre vous?Ehbienî 6 maître bien-aimé, voici l'un des plus magnifiques rayons de votre adorable lumière ; vous nous dites ici même : « Quiconque parle contre «c le Fils de l'homme, obtiendra sou pardon. »
Celui-ci est mon Fils chéri, en qui se complaît mon amour.
Donc ils résolurent de le perdre.. Perdre un homme 1 « Si vous aviez su », venait de leur
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beau, il enverra son souille, et il ranimera la flamme. Ces roseaux et ces étincelles, ce sont les âmes. Ce sont aussi les peuples de la terre. 11 envoie son souffle et sa sève dans toute l'humanité, et peu à peu, dans le silence, la patience et l'amour, dans la force du Saint-Esprit, il poursuit l'œuvre de régénération en chaque âme de bonne volonté, en chaque peuple qui espère en lui. Ce que sont les âmes ou les peuples en qui le Christ agit mystérieusement ne parait point encore. Mais il continue d'opérer dans le cœur du monde et dans le cœur des justes, jusqu'au 4our où doit éclater la Justice triomphante.
Celui qui n'est pas pour moi est contre moi, et celui qui n'amasse pas avec moi, dissipe.
Lui donc, sous le mal apparent, cherche le bien; sous la moi ! a parente, il cherche, trouve, et ranime la vie. Eu., sousle bien visible, cherchent le mal. Il y a des esprits qui vont de tout ï Dieu; si c'est le beau, le bien, par amour, par
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entière, traversent- ils sans vous la mort? Non, mon Dieu, un très grand nombre vous reconnaissent à ce moment, in fractione partis, dan? la fraction et le brisement de la vie, à l'heure du testament. Or, n'est-ce pas la dernière pensée et la dernière volonté de l'homme qu'il faut connaître pour juger l'homme? A ce compte, je ne sais plus si parmi les peuples chrétiens, les chrétiens de ladernière heure étant comptés, les croyants ne sont pas plus nombreux que les autres.
Ainsi, mon Dieu, tous ces cris poussés contre vous, ces ignorances, ces ingratitudes, ces blasphèmes, tout cela m'effraie moins depuis que j ai vu passer ces fantômes à travers mon esprit et à travers l'esprit des miens. Oui, quiconque parle contre le Fils de l'homme, il lui sera remis.
Il lui sera remis, quand le blasphème n'aura pas eu sa malice radicale, et qu'il n'aura pas blessé l' Esprit-Saint. Le blasphème contre le Saint-Esprit, voilà le mal irrémissible.
Mais l'Eglise, notre mère, intervient ici même au nom de Dieu, et dit à ceux que cette parole effraie : « Avant tout, point de désespoir; confiance, courage, toujours : il n'y a pas un seul péché que mon maître et mon Dieu ne me donne le pouvoir de remettre. » Donc lorsque l'Évan-
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