‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 51 sur 129 · II- el <lu i · texte numérisé non relu

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de mort et d'anéantissement continue à faire peser sur nous le joug de l'ignorance et de la misère ; si cela est, disent-ils, il le faut repousser. Mais en le repoussant ils le cherchent. N'est-ce pas ce qu'a fait saint Paul? Demain, peut-être, ils comprendront qu'ils étaient simplement aveugles, et que, lancés avec fureur sur la route de Damas pour aller écraser le Christ, ils couraient tomber à ses pieds.

Race de vipères I

Mais prenons garde; il y a des blasphémateurs absolus et définitifs. Oui, parmi les esprits, il y a des vipères, il y a des ouvriers du mal, des prédicateurs de ténèbres, des langues empoisonnées qui tuent ! Je ne dis pas que tout blasphémateur radical soit blasphémateur éternel et définitif. Vous, par exemple, pauvre blasphémateur que j'entends, ce blasphème absolu que vous dites, part-il du centre de votre âme ou n'est-il que répercuté par la surface

tre esprit? Je l'ignore,

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Mais de quelle extermination parlez-vous* Parlez-vous de l'extermination corporelle par la mort, l'exil ou la prison? Est-ce ainsi que nous devons traiter les hommes dont l'esprit s'est organisé, provisoirement ou pour toujours, en centre venimeux, en foyer de mal et de mort? Non. Ce n'est pas, certes, que chez tous les peuples sans exception, dans le passé, dans le présent, dans l'avenir, il n'y ait eu, il ne doive y avoir des lois pour réprimer certains crimes de parole comme certains crimes d'action. Mais ce n'est pas là la question. Au fond, ni le fer, ni le feu, ni la loi n'atteignent lesdoctrines, n'exterminent les esprits. Or j'entends qu'on les extermine. Unsabre ne peut pas couper en deux un syllogisme. Mais je veux que le faux syllogisme soit réellement coupé en deux comme une vipère. Il faut cela. Qui le fera? La raison seule.

Il faut prêcher aux hommes le courage de la foi et de la raison, le solennel devoir de la défense contre l'invasion du mensonge, de la sottise et de l'orgueil.

Il faut un soulèvement général des esprits, il faut l'étonnement, l'indignation de tous contre l'erreur.

Il faut la science, la parole lumineuse, la supériorité morale et intellectuelle, la force de

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mais avant tout pour de l'argent, ils versent à torrents sur le monde des paroles qui ne sont que du vent. Mais l'incessante agitation de tous ces vents qui remuent tout dans tous les sens, en'ève à la pensée publique le repos, la lumière, le travail propre. Ces tourbillons froissent et fatiguent, déflorent et fanent l'esprit des peuples, et balaient de la face des âmes, avec la paille et la poussière, la sainte semence des vérités. Le peuple qui entend ïeurs discours et les voit imprimés, croit qu'ils ont vu et pensé quelque chose. Mais non, ils n'ont rien vu ni rien pensé. Ils ont failli vous dire ceci, ils ont dit le contraire. Leur plume, à dé faut de quelque intérêt ou de quelque passion, les a poussés. Je sais ce que je dis, iem plume les a poussés ainsi. Elle pouvait les fausser autrement. Que leur importe?

Ce grand fléau de notre temps sera diminué lorsqu'une éducation plus haute apprendra aux générations à venir la ufoforide immoralité du péché contre la parole, gà dans quel redoutable sens on rendra compte au tribunal de Dieu de la parole oisive.

Il sera diminué quand la prostitution soldée de la parole écrite sera flétrie par le mépris public comme celle du corps.

Mais vous, Frères ou Sœurs bien-aimés, que

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parole vide, c'est la présence de la parole pleine, de celle qui coule comme miel ou comme nectar du bon trésor de l'âme, du fond d'un cœur où s'est longtemps accumulé, dans l'amour de Dieu et des hommes, la science, l'intensité des convictions, la sincérité absolue. Ah! ceci est le besoin du siècle! Puisque aujourd'hui c'est la parole qui règne, que ce soit donc la parole elle-même et non son masque; que ce soit la parole réelle, expression de Dieu et des choses expression des âmes qui la parlent, et non pas la parole fortuite, vénale, prostituée. Mais il nous faut bien des efforts, chers bien-aimés, pour dominer, par la parole d'amour et de vérité, le bruit des torrents et des vents que font rouler, à travers les esprits, le mensonge et la haine, l'ignorance, la folie et l'orgueil, et, dans plusieurs Etats, l'organisation publique et l'institution salariée de la prostitution de la parole.

Comment, dans cette tempête et dans cet écrasant tumulte, le Christ sera-t-il prêché de manière à reconquérir les esprits?

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s'était jamais vu sur la terre : une doctrine, une religion, après une grande croissance et une grande décroissance, et une vieillesse visible, et une mort apparente, ou du moins proclamée, reprendre sa jeunesse, et se renouveler comme le phénix. Ce sera le grand signe, qui sera mis par Dieu à l'origine du prochain grand siècle. L'Evangile et le Christ auront été, surtout pendant trois siècles, comme enfouis dans le cœur de la terre et d'une partie du genre humain, en des catacombes intellectuelles, sous la surface du doute et de lmcrédulité générale. Mais il reparaîtra, et ressuscitera les âmes, les nations, tout le genre humain, qui semblaient morts à la vie de la foi. « Regardez bien, disait de « Maistre il y a soixante ans, le Christ est « mort, dites-vous? Eh bien, je vous l'annonce, « il va renaître. » Oui, disait un autre grand homme, il descend aux enfers aujourd'hui : demain il reviendra. La doctrine catholique, aujourd'hui morte dans les esprits, aujourd'hui inconnue et cachée aux yeux, reparaîtra transfigurée. Quant à moi, sous ce voile dont l'ignorance ou la calomnie l'enveloppent, je 1 aperçois, depuis longtemps, telle qu'elle est et telle qu'elle sera. Mes yeux voient sa céleste jeunesse et sa royale beauté, et c'est là la joie

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trer le vieil ennemi, ie père de tout mensonge et de tout homicide. Prenez garde! l'état du genre humain deviendrait plus désespéré qu'il n'a jamais été. Et quand donc a-t-on vu, dans les doctrines, des traces de corruption désespérée, de mensonge radical, absolu, aussi étranges que ce mot qui n'est pas une parole isolée : « Le bien suprême et le mal absolu sont même « chose. Tous les contradictoires sont identi- « ques » Quand donc a-t-on vu pareille chose? Cette introduction de l'absurde et du blasphème comme loi morale, comme base logique et scientifique, pouvait avoir ses germes dam? les anciens sophistes, mais ne s'est développée dans son esprit et dans son étendue que de de nos jours.

Et quant à la vie des nations, a-t-on vu les législateurs de la Grèce et de Rome introduire des abominations comparables à la tentative des Mormons? L'histoire du monde offre-t-elle un scandale analogue à celui qui est sous nos yeux? Un grand peuple libre, dans la lumière du christianisme et de la civilisation moderne, après que Jésus-Christ a chassé le satanique esprit de l'esclavage, ce peuple, dans sa liberté, décrète et dit : « Que le monde chrétien s'est « trompé, et que la véritable base des sociétés, « c'est l'esclavage! » Que l'on cite depuis le

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sœur et ma mère. Vous donc, chers bien-aimés,

âmes de bonne volonté, écoutez l'Evangile, opérez en réalité l'Evangile, et vous serez frères et sœurs du Christ, et votre âme sera mère du Christ. Votre âme produira d'une certaine manière Jésus-Christ. Comme celle qui, dit l'Eglise, a versé sur la terre la lumière éternelle, qu& lumen œternum mundo effudit, votre âme versera sur la terre l'éternelle et irrésistible lumière de la justice et de la vérité. Votre âme aura son trésor infini : le Christ est le trésor Votre âme contribuera, qu'elle le sache ou l'ignore, à l'incarnation de Dieu dans les choses Votre âme multipliera le Christ, c'est-à-dire la justice, la vérité et la liberté incarnées : elle produira l'être divin qui est ces choses, et la force divine qui les opère.

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