‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 7 sur 129 · Et une voix du ciel dit : Celui-ci est · texte numérisé non relu

Et une voix du ciel dit : Celui-ci est

« mon Fils bicn-aimé,enqui je me complais. »

Faites - pénitence, car îe royaume du ciel approche.

Jean-Baptiste disait : « Faites pénitence, car « le royaume du ciel approche. »

Le royaume du ciel, c'est le but de la création, la fin dernière de tout l'ouvrage de Dieu. C'est ce règne suprême, éternel et parfait qui doit venir après ces règnes passagers, marches du trône de Dieu.

Sur notre terre, « marchepied de Dieu », dit l'Evangile, après le long sommeil de deux règnes muets, rochers et plantes, est survenu le règne bruyant et mobile des êtres animés. Puis est venu le règne de l'homme, intelligent et libre, mois luttant entre bien et mal, ténèbres et lumière : règne de guerre qui a répandu bien du sang et fait verser beaucoup de larmes! Maintenant vient le règne de Dieu. La

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Or, dit le Précurseur, faites pénitence car le royaume du ciel approche.

Qu'est-ce que la pénitence? La pénitence, c'est le sacrifice, condition nécessaire de régénération et de transformation. Le Précurseur dit à la vieille race : « Transformez-vous par le « sacrifice! Sachez mourir pour renaître. Fils « delà terre, devenez fils du ciel, » Le mot évangélique Pénitence (metanoia) signifie transformation de l'âme.

Sachez mourir pour vous transformer, et renaître dans la race nouvelle dont le règne commence.

F.tites donc de dignes fruits de pénitence.

Le Précurseur présente la première face, la face austère et douloureuse de la transformation. La vieille race doit mourir pour produire dans sa mort la race nouvelle des enfants de-

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voici les hommes d'orgueilleuse religion, les Pharisiens.

Les Pharisiens, hommes de religion vaine et littérale, qui ont la lettre de leur foi écrite sur leurs habits comme sur leur mémoire ; qui se croient saints par la variété et la subtilité des observances; hommes de loi, mais non de justice, ils foulent aux pieds la justice éternelle par leurs iniquités légales. Ils étouffent en eux la vie simple et actuelle de Dieu, parla multiplicité des pratiques et par la. vétusté des traditions

Gomment comprendaient-ils la nécessité de la transformation, et quels péchés ont-ils à confesser puisqu'ils se regardent déjà comme étant, pour le tout et pour le détail, la forme de La perfection ?

Quant aux Sadducéens, ils ne croient point à une autre vie. Gomment comprendraient-ils qu'il faut quitter celle-ci, et la quitter volontairement? Ils ne croient point à un autre ordre, surnaturel, plus haut que l'ordre présent des choses. Ils nient ce règne nouveau que l'Evangile annonce. Gomment peuvent-ils comprendre la renaissance de la vie céleste? Ils nient qu'il y ait bien et mal, vice et vertu! Quels péchés auraient-ils donc à confesser?

Et ces hommes de pensée mutilée, et de basse

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La hache portée à la racine de l'arbre, c'est l'instrument du sacrifice qui veut atteindre, à la racine des âmes, les sources de la vieille vie, Les traces de la perverse génération. Au lieu de vous glorifier de votre lignée charnelle, fils d'Abraham, qui êtes aussi race de vipères, il s'agit maintenant de devenir enfants de Dieu.

Quant au feu, l'Évangile nous le dit, c'est le feu de l'Esprit de Dieu : « Le Christ baptise « dans le Saint-Esprit et le feu; » feu de l'Esprit éternel et universel, feu qui ne s'éteindra jamais et qui, maintenant et toujours, vivifie le fruit de l'épi mais dessèche et consume les pailles. Ces pailles, écorces vides et poussière de froment, ce sont les hommes de religion vaine ou de raison perverse et séparée. 11 en existe. Or, ces menaces évangéliques, sachezle bien, sont des vérités nécessaires. Le feu de l'Esprit divin, qui vivifie ce qui lui obéit, consume tout ce qui lui résiste : et il le faut.

Or, c'est là le baptême tout entier, dans ses deux faces ou ses deux actions, et celle qui tue, et celle qui vivifie, et celle qui brise l'obstacle, et celle qui développe le germe.

Ces deux faces du baptême, ce sont les deux ; joments de la transformation.

La première, que représente [\e Précurseur,

: la douleur de l'être créé qui va mourir.

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