‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 78 sur 129 · Mais lui, comme il sortait de chez son · texte numérisé non relu

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Si tous ne devenez comBie de petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux.

Ya-t-il queïque liaison entre la fin du précédent chapitre et le commencement de celui-ci ? Entre « ces enfants qui sont libres » et « ces « petits enfants qui seuls pourront entrer clans « le royaume des cieux; » entre « ces rois de la « terre qui imposent le tribut, » et « ces hum- « blés qui sont les plus grands dans le ciel ? »

Quoi qu'il en soit, Jésus vient de parler des rois de la terre et des enfants des rois, qui sont libres à l'égard du tribut. En ce moment, dit l'Evangile, les disciples s'approchent et demandent au Sauveur : « Qui donc est le plus grand « dans le royaume du ciel ? » Et le Seigneur, qui ne s'est point occupé directement de réformer les sociétés par le dehors, et qui vient de parler un instant du pouvoir, du tribut et de la liberté, rentre dans les profondeurs ordinaires de son enseignement, et retourne au-dedans

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^admiration, j'allais dire dans leur adoration , elles sont tentées de pousser en leur cœur ce cri d'orgueil qu'un ancien attribue à la première femme qui fut mère, enprésencede son premierné : « Ah! je possède l'Homme-Dieu ! »

Et si cette mère respecte, admire et contemple ainsi son enfant au nom du Christ, c'est le Christ qu'elle reçoit : Et qui suscipit unum talemparvulum in nomine meo, me suscipit. « Celui qui « reçoit en mon nom cet enfant, c'est moi-même « qu'il reçoit. »

Et si Ton demande le sens vrai, scientifique et théologique de ces mots, qui ne semblent que poésie, il est facile de le trouver.

D'abord toute âme humaine est un trésor plus beau, plus grand, plus riche qu'un monde ou qu'un soleil. Et c'est un article de foi catholique que Dieu même, en essence et substance, est au centre de toutes lésâmes. Le Verbe même, le Verbe-Dieu présent, porte toute âme par sa xacine, comme étant son principe créateur et sa source vivificatrice. Et, en ce sens déjà, quiconque reçoit une âme au nom de Dieu reçoit Dieu. Maispourtant, que sont les millions d'âmes qui Baissent chaque jour, et que nous voyons, par le fait, s'affaisser dès leur première enfance, et couler tout entières sur la pente ignoble des sens, de l'égoïsme impitoyable, du vice et de

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•sion, d'amour, qui planaient alors sur votre âme, et que reflétait l'innocente et angélique figure de votre confiance? C'était là, sur votre âme et sur votre face, c'était le reflet de votre ange, qui contemplait au ciel la face du Père.

Hier même, dans la rue, pourquoi ce tout petit enfant, aux bras de sa nourrice, s'est-il penché vers moi en me souriant ? Pourquoi ? Parce que son ange qui voit le Père le lui disait. Pour moi, saluant cet enfant avec respect et avec amour, j'ai voulu saluer Jésus enfant luimême, présent par le baptême et par la création en cet ange innocent. Oh ! oui, j'étais ainsi dans mes premières années, et vous aussi, mon frère. Je ne croyais qu'à la bonté, à la beauté et à l'amour universels. Je ne croyais qu'à la justice et à la vérité. Je ne pouvais me douter du mensonge ni de la haine. L'erreur, le mal, la mort, n'existaient pas pour moi, et m'étaient incompréhensibles. Mon père, ma mère, me paraissaient puissants comme Dieu, bons, sages et beaux comme des anges. C'était toujours le reflet de l'ange qui contemple la facedu Père.

Mais que dire des immensités d'espérance et des splendeurs d'amour etdebeauté qui, comme un ciel radieux, enveloppent et pénètrent l'âme ! Et cette puissance de certitude, et ces pressen-

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Et j'ai vu, sous le venin mortel de la parole et de l'exemple, j'ai vu d'angéliques créatures, des enfants qui portaient Jésus-Christ, précipités en quelques jours dans la laideur odieuse et dans la fange, et rouler à l'état de brutes dans le ricanement du vice et la bassesse de l'incrédulité ? Mes yeux ont vu cela !

Et vous croyez qu'il n'eût pas mieux valu pour ces meurtriers, avant de tels crimes, d'être euxmêmes jetés dans la mer avec une meule au col!

Mais, ô Seigneur, y a-t-il une ressource pour ces pauvres empoisonnés ? Oh! oui, car vous le dites, la volonté de votre Père, qui est au ciel, n'est pas qu'un seul de ces petits se perde. Et ailleurs vous le dites encore : « Le Fils de « l'homme est venu pour sauver ce qui était « perdu. » Vous poursuivez, Seigneur, chaque âme perdue comme un berger poursuit et cherche la brebis perdue. Et lorsque vous avez saisi cette âme blessée, vous lui dites : Courage! Vous étiez morte, voici la vie! Mais, courage; car il faut maintenant de la force ! Coupez et retranchez ! Maintenant, pauvre enfant, prends cieJâforce et deviens homme \tunfovlure etesto vir Voici le rude labeur dc!a virilité. Voici la

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