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chaque peuple £t tout le genre humain; moi qui m'avance vers les tristesses du soir et vers la décoloration duciel; moi qui me suis, comme tous les hommes, développé depuis tant d'années en une grande multiplicité de pensées, d'efforts, de relations et d'entreprises ; moi dont le cœur est toujours plein et de regrets et de recherches; dont l'esprit est chargé d'objets, aveuglé de débris, nombreux et stériles comme poussière; moi qui ressemble ainsi à un vieil arbre planté près d'un chemin sous la poussière et sous les accidents, à bout de développement chargé de branches trop nombreuses et trop longues, qu'il ne peut plus remplir de sève • oui, moi, malgré tout cela, je pourrai revenir dé cette sécheresse et de cette vétusté, de cette stérile grandeur, de cette multiplicité onéreuseje pourrai revenir à la simplicité, à la fraîcheur' à la sève, à la joie de l'enfance! Quel miracle divin! Gloire à Dieu ! j'ai compris. Heureux sommes-nous, si l'Evangile est vrai.
C'est donc bien l'art de rajeunir que vous nous apportez, ô Maître; l'art de se rajeunir en restant homme, en conservant sa stature et ses forces, sa science, son expérience et tous les fruits du travail delà vie. Ramener par la force de Dieu tout mon êtresi développé, si multiple etsidispersé, à l'unité vivante, à la simplicité
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Le Maître vient de nous dire comment il faut redevenir enfant pour être grand dans le royaume du ciel; comment il faut toujours ramener toutes nos forces, cœur, esprit, corps, à la jeunesse centrale de l'âme, à la source vive qui est Dieu, pour que vie et jeunesse refluent sur tout l'ensemble et sur tous les détails, et qu'il n'y ait, dans l'être entier, aucun point trop éloigné du sanctuaire, trop isolé du tout.
G'estlaloi de l'union de l'homme avec luimême et avec son principe.
Voici maintenant la loi de l'union des hommes entre eux et avec Dieu, union qui est l'essence de la religion et le but de la création et de la régénération ! Voici le fond des choses.
Le Christ, en venant sur la terre, a incarné, organisé, rendu visible l'ouvrage suprême, qui commença au premier jour du monde, et qui est l'assemblée de Dieu, I'Église, ce mot dont les hommes de nos jours ignorent absolument le sens. Or voici la propre essence de l'Eglise : « Je vous le dis encore une fois, que si deux « d'entre vous sont unis sur la terre, quoi u qu'ils demandent, il leur sera fait par mon « Père, qui est au cicL Car, lorsque deux ou « trois sont unis en mon nom, je suis au milieu « d'eux! » Gela ttîôme, ot,isi lassemoiee de Dieu. S'il n'y avait dans Funivers que deux
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mille fois, par l'offense, de la sainte assemblée céleste qui vit en Dieu : les Apôtres ont le pouvoir de lui pardonner, et de lui pardonner encore, et de la rattacher encore : « Tout ce « que vous lierez sur la terre sera lié au ciel, « et ce que vous délierez sur la terre sera délié *c dans le ciel. » Vous, cœurs unis, demandez avec foi la réunion des séparés, vous l'obtiendrez du Père qui est au ciel.
Mais n'y a-t-il donc point de condition" à ce retour en grâce de l'égaré? Il y en a une "seule, qui suffit, mais qui est manifestement nécessaire. Il faut que l'égaré ne persévère pas librement dans son égarement. Cherchez-le, cherchez-le partout, comme le berger cherche sur la montagne la brebis qui s'est égarer. Saisissez-le vous seul et en secret; allez, saisissez-le; que tout se passe entre lui seul et vous. Oui, dis-je, saisissez-le, embrassez-le, prenez-le corps à corps, d'âme à âme, et dites-lui : Reviens ! reviens ! Il faut qu'il y consente; car c'est une brebis libre ; vous ne pouvez pas remporter corporellement comme un berger porte un agneau. « S'il vous écoute, vous aurez gagné « votre frère! » S'il ne vous écoute pas, prenez un ou deux frères comme témoins; peut-être la force morale de plusieurs pourra-t-elle conquérir cet esprit et cette volonté. S'il n'écoute pas
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voici qu'à peine libéré, il saisit à la gorge et menace d'étouffer un débiteur qui lui doit cent deniers. Malgré ses larmes, il le fait jeter en prison. Le roi l'apprend et dit à ce méchant : Sur vos prières, ne vousavais-je pas tout remis? Et vous, vous voilà sans pitié. Vous serez enfermé jusqu'à ce que vous rendiez le tout.
« C'est ainsi, dit Notre-Seigneur, c'est ainsi « que mon Père, qui est au ciel,. vous traitera, « si chacun, du fond de son cœur, ne pardonne « pas à son frère ses offenses. » Et cette parole « nous rappelle celle de l'Oraison dominicale. « Et pardonnez-nous nos offenses, comme « nous les pardonnons à ceux qui nous ont « offensés. »
L'union des homme? entre eux et avec Dieu est un seul état simp] a. Si les hommes sont unis entre eux, par cela même Dieu est au milieu d'eux. L'Evangile vient de l'affirmer. Par cela même qu'ils ne sont pas unis entre eux, par cela même Dieu n'est pas avec eux. Qu'ils s'aiment les uns les autres, c'est à ce signe que l'on connaîtra rm s disciples, dit Jésus-Christ,, divin chef de rassemblée de Dieu.
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