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Mais ceux qui se sont faits anges dès cette vie, de quel œil regarderont-ils les richesses?
L'argent! Dès qu'il s'agit d'argent, les hommes sont fous! Voilà le résumé de l'expérience.
Eh bien ! en face de la puissante idole qui, disait Bourdaloue, est, en tous temps et en tous lieux, la grande rivale du Christ, l'enfant de Dieu d'abord conserve sa raison. Puis il domine par sa raison cet instrument qu'il tient en main, et il l'applique pour le bien du monde et pour , la gloire de Dieu !
Or l'usage chrétien des richesses n'est en rien plus facile que l'abdication volontaire de ce grand pouvoir. Heureux les pauvres, pauvres dans l'âme : ce mot est vrai de ceux qui se font absolument pauvres par abdication, ou de ceux qui, détachés des richesses qu'ils conservent, — je dis détachés en effet, — s'en font un instrument pour le salut des hommes.
Or voici qu'un jaune homme h' du
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Mais le doux jeune homme, que le Christ a regardé avec amour, sent, sous le coup de cette grande grâce, un élan de l'âme vers l'absolue beauté morale de l'héroïsme et de la sainteté. Jai remplile précepte, dit-il, que me faut-il encore?
« Si vous voulez être parfait, dit le Sauveur, « allez et vendez ce que vous avez, et donnez-le « aux pauvres, et vous aurez un trésor dans le « ciel. Et puis venez et suivez-moi. »
Si vous voulez être parfait, détachez-Vous de la terre, et mettez dans le ciel votre trésor. Appuyé sur le ciel même qui vous donne l'idéal, et la force et la joie, travaillez sur la terre, non plus pour vous, mais pour le bien des pauvres hommes souffrants. Donnez-leur vos richesses l
Mais le jeune homme, entendant ces paroles, s'en alla tout triste, car il possédait de grands biens.
Je crois voir une gracieuse mère, qui veut sonder le cœur de son enfant d'un an, et lui conseille de donner à son frère le bonbon qu'il tient en sa main. Pauvre petit! quel immense effort, quel mortel sacrifice ! J'ai vu de petits enfants, l'œil plein de larmes, bien tentés d'obéir à la douce voix, mais ne le pouvant pas ! Le
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religion et sagesse, mais justice, pitié, vérité, honneur, liberté, probité, tout est, dès qu'il le faut, foulé aux pieds pour la conservation ou l'accroissement du monceau d'or ! Voilà la loi commune, et le fait quotidien. Ne dites pas non; cai je le sais, et nous le savons tous.
Il y a comme deux Dieux, dit l'Evangile, le vrai et le faux. Dieu et Mammon, Dieuetl'argent. Ce sont là les deux maîtres entre lesquels il faut choisir. Or quiconque ne met pas sous ses pieds l'argent, celui-là ne peut servir Dieu, celui-là ne peut pas rester dans la justice et dans la vérité. Il est dans la richesse injuste, il vit du bien d'autrui, il est oppresseur de ses frères, et les dévore comme on dévore du pain, dit la sainte Ecriture. .
Lisez, ami, lisez les deux redoutables discours de Bourdaloue, sur YEmploi des richesses et la Restitution. Lisez ces évidences incontestables, et tremblez !
Là, vous le comprendrez : il est impossible qu'un riche entre dans le royaume du ciel.
Humainement, naturellement, celaest impossible. Si vous suivez la voie ordinaire de ce monde, telle qu'elle estdepuis l'origine, la voie do l'égoïsme naturel, de la joie, du repos, du plaisir et du luxe, je vous disque vous êtes homicide. Le luxe est homicide. La science sait
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puissance, vous serez les juges de vos frères.
Qu'est-ce à dire ? je ne le sais pas bien. Ce que je sais, c'est que ces juges seront des frères aînés, qui, ayant été guides de leurs frères et les ayant aimés jusqu'à la mort, seront plus ardemment aimés de tous dans toute l'éternité.
Mais, qu'est-ce, encore une fois, que tout quitter ? Quitter père et mère, frères et sœurs, femme et enfant, terres et biens ?
Faut-il abandonner et renier son père, pour pratiquer le conseil de perfection ? Non, certes, ce ne serait pas là pratiquer le conseil, ce serait violer le précepte. Or le précepte est la base nécessaire, première, absolument indispensable , sur laquelle repose le conseil comme couronne et magnificence d'édifice. Non, mais il faut être absolument libre à l'égard de tous et de tout sans exception, dès qu'il s'agit delà justice et du devoir, du service de Dieu et des pauvres qui meurent de faim. Il faut être nettement dégagé de tous ces liens de fatalité, qui paralysent et diminuent l'homme; il faut s'être constitué indépendant, dans sa vie personnelle de raison et de liberté, dépendant de Dieu seul, afin de prendre au ciel le point d'appui pour élever la terre. Eh bien ! si quelqu'un ne tientpas àla terre et tient vraiment au ciel, si quelqu'un des victorieux et des transformés vit et opère pour élever
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