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termes évangéliques : ministres et serviteurs qui" seront les plus grands devant Dieu et devant l'histoire, parce qu'ils seront les serviteurs des autres : ministres en effet et serviteurs que les nations pourront choisir, élever, révoquer, comme une famille choisit ses serviteurs et en dispose. Les chefs des peuples ne posséderont plus les peuples, mais ils les serviront, s'efforçant d'imiter, dans l'ordre politique, le Christ, qui, dans l'ordre éternel, « est venu pour servir, « et non pas pour être servi ». Ils auront la joie
l'honneur de servir les nations par le travail, le génie, le courage, et seront fiers de rester chaque jour dépendants delà patrie leur mère.
Sous cette vraie forme de ministère on verra le mal et l'abus, qui partout renaissent chaque jour, expulsés chaque jour par voie d'imperceptible révolution. Et ce mouvement continu de progrès et de réparation, loin de briser l'Etat, sera la cause de sa stabilité. Ce mouvement vrai, comme celui delà terre, laissera immobile l'axe et le centre. Alors commencera enfin l'inviolabilité réelle du centre, condition première de la vie, faute de laquelle on sait des peuples qui tombent du mal caduc tous les quinze ans. Alors commencera cette royauté impersonnelle, permanente, immuable, qui ne meurt pas, qui est sacrée, ctqui, drapeau vivant de la patrie,,.
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Faites, Seigneur, que nos yeux scient ouverts.
Mais, hélas! avant tontes ces choses, il faut que notre monde contemporain, déposant son orgueil prodigieux, sache reconnaître pourquoi *ant de sang et d'efforts, tant de cris et d'agitations, ne l'ont point rapproché de cet idéal de justice et de liberté qu'il poursuit. Il faut que notre orgueil comprenne la cause des étonnants mécomptes, des prodigieuses humiliations, des chutes et des rechutes qui ne cessent de nous avertir. Il faut,dis-je, ce dont nous sommes bien loin, que nous nous décidions à reconnaître que nous sommes des aveugles. Nous sommes aveugles, parce que nous voulons le progrès, et que nous rejetons en même temps l'unique force qui peut opérer le progrès. Nous sommes aveugles, parce que nous prétendons aller à la justice, à la liberté, par le luxe, la joie, la sensualité, l'avidité croissante, le débordement des passions, l'égoïsme et l'irréligion, c'est-à-dire en redescen îant vers l'animalité. Nous sommes aveu-
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