‹ Commentaire sur l'évangile selon Saint MatthieuChapitre 96 sur 129 · Et leur dit : Que pensez- vous du Christ · texte numérisé non relu

Et leur dit : Que pensez- vous du Christ

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Mais ils mettent à mort les prophètes, les apôtres, le Christ lui-même. Ils sont rejetés et détruits, comme l'ont été et le seront tous ceux qui veulent détruire le royaume de Dieu.

Les nouveaux invités sont tous les hommes, tous ceux que les Apôtres peuvent atteindre : Allez par les chemins et invitez tous ceux que vous rencontrerez, quels qu'ils soient, bons ou mauvais !

Ceux qui acceptent deviennent bons par l'acceptation. L'homme qui entre sans la robe nuptiale est l'hypocrite qui entre pour se moquer, et qui est rejeté dans les ténèbres extérieures, pieds et mains liés. Symbole du châtiment que mérite l'âme qui a vu la lumière, et qui l'a méprisée.

Le peuple juif a été détruit, exterminé, Jérusalem a été incendiée et inondée de sang, parce qu'elle a tué les envoyés de Dieu.

La môme lutte continue. Et tout ce qui s'oppose au progrès du royaume de Dieu sera brisé.

La crise présente que traverse l'Europe est l'un des points saillants de cette grande lutte

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donc ne comprenez-vous pas ce temps où vous vivez ?

Un petit nombre d'ouvriers intelligents et décidés pourraient aujourd'hui, beaucoup plus qu'en aucun autre temps, influer sur la marche du monde entier. Mais même ce petit nombre de dévoués ne se trouve pas. Chacun reste dans ses plaisirs, dans ses affaires, et dans sa tradition stupide. Changer sa vie, la consacrer pour travailler au salut du monde, on ne le peut, on ne le veut. Et l'on repousse, ou bien avec colère, ou bien avec mépris, ou même avec respect, les envoyés du roi, et chacun dit à sa manière : « Je ne puis y aller ! »

C'est là le grand prodige ! Tant d'âmes sont appelées par l'élan magnifique de la jeunesse, par l'enthousiasme d'un noble esprit et d'un noble cœur. Elles écoutent! Elles semblent hésiter un instant! Mais le torrent de la vie telle qu'elle est les emporte, et ils roulent dans le stérile mouvement des jours vides. Ils roulent jusqu'à la fin, et n'ont pas connu Dieu, ni leur âme, ni le royaume de Dieu : et puis ils meurent. 0 mon Dieu, parmi ce nombre immense d'appelés, que vos élus sont rares !

D'autros sont appelés par le dégoût, le deuil, le veuvage du cœur, l'expérience même du monde et de la vie. 11 semble qu'il n'y ait plus

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Rendez donc à César ce qui est à fiésarj et à Dieu ce qui

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Mais que feront aujourd'hui les âmes si vous les réveillez? L'activité des cœurs et des intelligences, pour agir sur le monde, est-elle libre en ce siècle? Chacun a-t-il aujourd'hui, je ne dis pas dans le monde entier, mais en Europe, la liberté de rendre à Dieu ce qui est à Dieu? Non, car aujourd'hui même, dans une grande partie de l'Europe, règne à divers degrés la persécution religieuse. Le temps des confesseurs et des martyrs n'est point passé. Ne voit-on pas encore, presque par tous pays, des pouvoirs jaloux dissoudre ou entraver les plus simples, les plus irréprochables entreprises du dévouement chrétien, suscitées pour le bien des hommes et le soulagement des pauvres? Que s'ensuit-il ? Précisément que le premier effort et le premier devoir des âmes doit être de conquérir dans toute l'Europe, puis dans le monde entier, la liberté de rendre à Dieu ce qui est à Dieu,

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sociale l'âme de chaque homme. C'est là la distinction première, fondamentale, qui crée la société nouvelle, et d'où va découler la richesse et le mouvement dans la vie des nations. 'C'est elle qui, sur le monde social inerte, a dit : Que la vie et que la lumière soient 1

Et de cette première base divine de liberté, les hommes devront déduire les rameaux de la liberté ! Ils sauront distinguer les pouvoirs. E* ils amèneront le monde social à l'état d'organisme parfait où le maximum d'unité répoi;d au maximum de distinction des organes, et de division du travail.

Et ceux qui admirèrent alors ces paroles étaient loin d'en comprendre la divine profondeur !

Le Christ ici fonde l'éternelle société, qui, certes, ne détruit pas l'autre, celle du temps, mais, au contraire, la renouvelle, la purifie de ses antiques abominations, et lui apporte la vie dans la justice et dans la liberté.

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Oui, voilà les mystères de la vie éternelle.

Et Jésus complète cette doctrine par la réponse qu'il fait ensuite au pharisien qui lui demande : Quel est le grand commandement de la loi ? Jésus répond : « Tu aimeras le Seigneur « ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme « et de tout ton esprit.

« C'est là le grand et le premier comman- « dément. Et voici le second, qui lui est sem- « blable : Tu aimeras ton prochain comme « toi-même. »

Ces deux commandements renferment toute la loi du passé et de l'avenir.

Je ne parviendrai sans doute pas à dire ce que ces deux paroles, ces formules de la vie éternelle m'ont fait, depuis bien des années, sentir et entrevoir. Essayons cependant.

Oui, nous sommes dans la vie et nous y resterons ! Oui, le royaume de Dieu est déjà au milieu de nous. Oui, la vie éternelle, l'éternelle société commence dès cette vie même, pour ceux qui croient, qui espèrent et qui aiment.

Oui, les morts ressuscitent. Rien n'est anéanti. Que veut dire anéantissement ? Comprenez-vous ce mot? y a-t-il un atome, un mouvement, une vibration lumineuse, électrique, ou autre, qui soit anéantie et ne dure pas toujours? Comment donc la personne humaine, amour, intelligence

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vie, est vivant, ne peut pas ne pas être vivant. Mais écoutez encore, écoutez la Genèse :

Moïse demande à Dieu : Seigneur, quel est votre nom?

Dieu répond : « Je suis celui qui suis. » Tel est mon nom en moi-même et dans l'éternité. Mais voici l'autre nom que je porte dans tous les siècles : « Je suis le Dieu d'Abraham, le « Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. »

En lui-même, il est l'Eternel.

Et dans son œuvre, il est le Dieu des personnes humaines unies entre elles et avec lui.

Comprenez bien ce nom de Dieu.

« Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Ja- « cob. » Ceci est un seul mot qui est le nom de Dieu. Et ce mot se compose de syllabes dont chacune est le nom d'un homme. Dieu en plusieurs qui sont en un. Voilà le sens du nom, Qu'ils soient un, ô mon Père, comme nous sommes un! Voilà ce qu'est essentiellement le nom de Dieu, l'œuvre de Dieu : une pluralité de personnes destinées à l'amour, à l'union éternelle entre elles et avec Dieu. Oh ! oui, que votre nom soit sanctifié ! L'œuvre est belle, très belle et très bonne, et méritait que Dieu la fit. Ce poème n'était pas un poème inutile, qu'on eût aussi bien fait de ne pas produire ! C'est un divin chef-d'œuvre qui ravira d'admiration et

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