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Oui, l'amour en effet est la cause, la lumièr e la force et le but de la vie présente. C'est lui qui développe et multiplie le genre humain ! L'amour a couvert d'hommes, cent fois renouvelés, tout notre globe. Et pendant toutes cette marche des générations, et à mesure que les hommes mouraient, l'amour a été plus fort que la mort, et n'a cessé d'accroître le genre humain, malgré les coups si pressés de la faux qui moissonnait les hommes.
Mais après la résurrection, arrivés au repos, à la vie pleine, à la vie maîtresse de la mort, à l'amour plein et triomphant, alors « ils ne sont « plus femmes et maris ». Ils seronts amants éternels ! La force créatrice de l'amour n'agira plus pour multiplier ces pâles et stériles multitudes, qui passent comme des nuées d'insectes : la force divine de l'amour agira pour maintenir dans la vie éternelle, et développer dans la vie pleine, dans la beauté croissante et dans la gloire croissante tous ceux qui s'aimeront, c'està-dire tous les êtres libres vivant en Dieu. Et certes, c'est là surtout que l'amour est plus fort que la mort. C'est là que les merveilleux germes de beauté que je vois aujourd'hui entassés et presses en des âmes qui jamais, ici-bas, ne por-
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Il n'y aura plus cette effroyable contradiction entre l'amour de soi et l'amour d'autrui, l'amour de soi et l'amour de Dieu, l'amour de l'homme et l'amour de la femme. La loi de contradiction des amours sera détruite. Les amours faux et venimeux seront détruits comme des serpents. Et les amours ne seront plus exclusifs l'un de l'autre, mais chaque amour distinct, comme chaque note dans un chant, sera multiplié dans sa beauté et sa félicité par l'harmonie de tous les autres.
L'âme alors aimera comme l'étoile qui brille, en tous sens et de tous ses rayons; rayons de toute splendeur, de toute nuance et de toute vertu ; rayons de feu, de tendresse et de force!
Et la clef de tout cet édifice d'amour, c'est toujours le Verbe incarné. C'est lui qui, par son rè^ne, doit maintenir cette harmonie, comme soleil central de chaque âme et de toutes les âmes [et lucerna ejus est agnus) ; lui qui est à la fois Dieu et homme, et concilie ce fini et cet infini, et détruit l'égoïsme de la nature humaine
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