‹ Commentaire sur l'ExodeChapitre 10 sur 45 · Comp. verset · texte numérisé non relu

Comp. verset

40, 41. L’historien Josèphe et un certain nombre de commentateurs anciens et modernes disent que ces 430 ans doivent se compter depuis l’arrivée d'Abraham en Canaan et que le séjour de ses descendants en Egypte ne fut proprement que de la moitié de ce temps. Les auteurs de la version des LXX paraissent avoir été du même sentiment, car après les mots : « en Egypte » ils ont ajouté de leur chef « et en Canaan. » Il nous ést impossible d’entendre ces deux versets

‘ Nous avons intitulé ce morceau: le départ, bien qu’il renferme aussi une partie du voyage, parce qu’aussi longtemps que les Israélites n’avaient pas passé la Mer Rouge, ils n'étaient pas réellement partis, mais encore plus ou moins au pouvoir des Egyptiens et en quelque sorte encore en Egypte.

autrement que dans leur sens simple et naturel, surtout si on les compare avec Gen. 15 : 18, où l'Eternel annonce à Abraham que sa postérité séjournera dans une terre «ÉTRAN- GÈRE » (ce n'est donc pas du pays de Canaan qu'il est question, même pour une partie de ce temps) pendant 400 ans (le chiffre rond est ici employé au lieu du plus précis). Ajoutons qu’en admettant que le séjour des Israélites en Egypte a duré en effet plus dequatre siècles, on peut plus facilement se rendre compte de leur prodigieux accroissemeut pendant cette période. (Comp. 1 : 5 avec 19 : 37.) Les partisans de la première supposition s’appuient sur la généalogie de Moïse dans 6 : 16-20, d’après laquelle on ne trouve entre Lévi et Moïse que quatre générations ; mais l'historien sacré peut avoir omis à dessein quelques noms moins marquants, quelques anneaux de la chaîne, comme on en a plus d’un exemple dans les généalogies de l’ancien Testament. Il est vrai que dans la prophétie de Gen. 15 : 16 il est aussi question de la quatrième génération, mais il faut considérer qu'encore du temps d'Abraham la vie humaine était considérablement plus longue que de nos jours, en sorte que cette expression COrrespond aux quatre cents ans du verset 43. Il est possible que si les Septante, Josèphe, les rabbins, ont réduit de moitié le temps du séjour en Egypte, ils l’aient fait pour ménager l’orgueil national de leur peuple. On allègue aussi le passage Gal. 3 : 17 ; mais St. Paul ne veut point dire qu’il ne s’écoula que 430 ans entre la promesse (à Abraham) et la loi ; il ne fait qu’adopter ce chiffre 430, dont la vraie signification était bien connue. L’explication que nous préférons à celle de Josèphe, etc., est aussi celle de Hengstenberg et de Keil.

42. Littéralement: « Gette nuit doit être gardée pour l’Eternel » c'est-à-dire : consacrée à l’Eternel.

43-49. Cette ordonnance relative à la participation à la Pâque avait sans doute été promulguée en même temps que celle qui est consignée dans 1-28, mais elle trouvait sa place naturelle ici où l'historien commence le récit du voyage qui devait avoir pour effet de mettre les Israëlites en contact fréquent avec des étrangers, (comp. vers. 38). Les étrangers qui se trouvaient mêlés au peuple d'Israël étaient obligés de s'abstenir de pain levé (vers. 19), mais ils n’étaient pas admis

à manger l’agneau pascal, cette cérémonie supposant une relation très intime avec le Dieu d'Israël. Si quelque étranger voulait manger la Pâque, il ne le pouvait qu’à la condition de se faire circoncire avec toute sa maison. — Le verset 44 confirme ce qui était prescrit Gen. 17 : 19 au sujet des esclaves ; ils devaient en tout cas être soumis à la circoncision ; tandis que la chose était facultative pour les personnes mentionnées au verset 45. Les « mercenaires », ouvriers, serviteurs, engagés pour un temps limité , se trouvaient dans une relation moins étroite avec leur maître israëlite que les «esclaves » ; ces derniers faisaient en quelque manière partie de la famille. — Le verset 46 a été expliqué à l’occasion des versets 8, 9.

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