Commentaire sur la prescription
Plus d'un quart de sièole s'est (5cou1é depuis que les coihs de l'cinpiie français ont été la b.iscdc lonle la lt{;islalion nio<lfriie n|ipli(nl)le on liclciipie cl d.ins les pays cpii les ont adopirs. Ouihiuos niodificalimis y ont été apportées; mais ixs niodificnlions, peu noiiiliniises d'allkiirs, n'ont pas une hiengramlc iniporlani'e; si qi!eli|iic jour on soni;e à reviser ees lois, on pent |iré(lirc (|iic ce travail ne produira que <iuclqucs changenienls de di'lail, et laissera subsister intacte la plus grande partie de cette œuvre, depuis longtemps espi'rie et enfin accomplie, de l'uniformité de la loi par la coilifiration. Les explicalions données par la doctrine des auteurs, les enscitjmmcnts puisés dans la jurisprudence des arrêts, ne peidront jamais de leur ulililé, r(uand ils se rallnclieront ù ces lois, invoquées encore pendant plusieurs siècles.
Supposer que les codes nouveaux seraient enipreinls d'une concision non exclusive de leur clarté , et qu'il suffirait de la loi seide pour la bien connaître, c'était le rêve d'un grand homme de guerre; mais ce rêve accusait son inexpérience en jurisprudence.
Si les commenlaiies devaient jn/cr, selon Napoléon le Grand, l'œuvre à la(|uelle il voulait allaclier son nom, c'était V\ cependant un événement inévitable , et dont le besoin même était iinmédialenienl senti ; aussi les comnieiilaleurs, peu nombreux dans le principe , u'onl-ilspas lardé à se proiluire en grand nond)re.
l'onr enseigner les éléments de la scien;c, pour apporter aux plaideurs le fruit de son expérience, pour décider sans léniérilé, et la oonscicnee en repos, les cnnleslallous qui s'agitent dans l'arène juiliciaire, on veut consulter les opinions de tous ; et quand cliaipie partie de nos coiles a été éclaircie par les œuvres de dix commentateurs au moins , il est difficile de tout acquérir, car il y a lu une grande dépense ù faire; il est diflicile de tout consulter, car il y a là une grande perle de temps à subir.
Le moment est donc venu de marquer un point d'arrêt dans la science du droit moderne, et de grouper autour de l'opinion d'un seul les opinions de toua. Par le contact de ces opinions rapprochées, le cercle des idées va s'étendre, des objections qu'on croyait insolubles vont être résolues, des doutes permanents seront dissipés, une lumière nouvelle, produite avec éclat. C'est là le travail que nous avons l'ambition de commencer et l'espoir d'achever sous le titre de Commentaire des commentaires, et de Traité des traites.
TROFLOHO.
Notre première publication a élé celle du Trai'tfi sur le doiiiahic /iriré, par Proudlion ; nous expliiiuions noire sysième dans ces ternies :
u Nous comparons son travail avec tous les auteurs qui ont Irailé la même matière. S'il y a assentiment de la part d'un autre auteur, nous rindi(|uons en noie; si les raisons de décider sont autres que celles données par notre auteur (r/jc, nous les rapportons, toujours en note; s'il y a dissentiment, cette opinion contraire est textuellement reproduite; un auteur traile-l-il une question inaperçue par Proudlion , nous la posons dans le sommaire en caraclèrc (7(i//(/Me, ce qui démontre déjà qu'il ne s'agil pas l.'i d'un point envisagé par l'auteur original, et c'est toujours en noie el à son ordre de numéro, que la question discutée est lapporlée par nous. Ainsi dans un cadre unic|ue est représenté l'état de la doctrine el de la jurisprudence sur cliaiime des parties du droit, sans cpie le texte de l'auleire lype soit jamais altéré ; la réunion de toutes ces monographies une fois achevée, on aura élevé à la science le monument le plus vaste et le plus complet, une véritable encyclopédie de droit moderne.
• C'est donc dans une vue d'ensemble que nous entamons cette publication, avec le désir d'éviter les redites et les doubles emplois. Clia(|ue monographie foi-me i>ar elle seule un tout séparé. l'ius de crainte ilês lors de voir l'entreprise inaclie\ée, puisque clia(|ue monographie forme par elle seule un livre complet , dans lequel sont venus se fondre, par fractinn, les coinincnlaleurs généraux, lels que Toiilliei' el Puranlon.
• On comprend qu'une aussi rude entreprise ne peut être le résultai de l'analyse d'un seul homme; mais une direction unlipie présidera au travail.
uLesauteursquiont écrit surl'ensembleou siirune seule partie du droit ont suivi la forme du traité, du commentaire ou du répertoire; chacun de ces systèmes présente ses avant iges et ses inconvénients : ce n'est pas ici le lieu de les discuter : au lieu de faire un choix, nous avons conçu l'idée, beaucoup plus utile, de iirésenler le travail de l'auteur type, sous chacune de ces trois formes.
» Proudlion avait suivi la marche du Irailé; nous avons réiiiipriiué son livre sans altéra lion : Le Truite du domaine priré est ici le licre ori(jinal.
« Sous le titre de commentaire, nous avons rappelé sous chacun des articles du code, objet du traité de Proudhon, les travaux préparatoires de celte disposition législative,