‹ Commentaire sur la règle de Saint BenoîtChapitre 1 sur 171 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« L'homme de Dieu, Benoit, parmi tant d'œuvres miraculeuses qui le rendirent illustre ici-bas, brilla grandement aussi par la doctrine, car il écrivit une Règle des moines remarquable de discrétion, riche d'enseignements. Si quelqu'un veut connaître plus à fond ses mœurs et sa vie, il peut trouver dans les dispositions de cette Règle l'image exacte de toute l'activité du maître : car le saint homme n'était nullement capable d'enseigner autrement qu'il ne vivait. » A ce jugement de saint Grégoire le Grand (1), très complet sous sa forme gracieuse et sobre, nous pourrions cependant ajouter une double remarque : c'est que la beauté morale de saint Benoît, son tempérament, presque ses traits, se reflètent aussi dans les pages à la fois candides et profondes de son biographe ; c'est, de plus, que la Règle elle-même apparaît, au milieu du sixième siècle, comme le fruit mûr de tout un passé monastique et de la spiritualité des Pères.

Saint Benoît est excellemment homme de tradition. Ni son caractère, ni une grâce spéciale ne l'ont incliné à créer de toutes pièces et d'enthousiasme une forme nouvelle de vie religieuse. Nul souci, chez lui, du renom d'originalité ou de la gloire d'initiateur : on le voit bien au dernier chapitre de sa Règle. Celle-ci n'est rédigée que sur le tard, dans le voisinage

(1) Dialogues, 1. II, chap. xxxyi. Ce livre second est consacré à la vie de saint Benoît ; E. Cartier en a donné une traduction française.

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