DU SOIN D'ANNONCER L'HEURE DE L'OEUVRE DE DIEU
d'une trompe de eorue ou de bois (1); ailleurs, d'instruments variés : claquette, cliquette, crécelle, etc. Les moniales de sainte Paule étaient appelées à l'office par le chant de V Alléluia (2). Dans l'Ordre bénédictin, on a utilisé le plus souvent, et peut-être dès le temps de saint Benoît (3), des clochettes ou des cloches. Si nous nous souvenons des belles prières de la bénédiction des cloches, au Pontifical romain, et de la consécration solennelle dont elles sont l'objet, nous ne douterons point que leur voix mélodieuse et pénétrante soit celle même du Seigneur et qu'il convienne d'accourir à son appel avec un empressement joyeux.
Psalmos autem, vel Antiphonas, post Abbatem, ordine suo, quibus jussum fuerit, imponant. Cantare autem aut légère non praesumat, nisi qui potest ipsum officium implere, ut aedificentur audientes. Quod cum humilitate, et gravitate, et tremore faciat, et cui jusserit Abbas.
Après avoir assuré la régularité pour le début de l'office, saint Benoît fait une recommandation destinée à sauvegarder la dignité de l'Œuvre de Dieu elle-même. Ce n'est point au hasard, ou sous l'impulsion du caprice, ou bien en vertu d'une initiative personnelle, que les frères donneront soit Vincipit, soit la totalité des psaumes et des antiennes (rappelonsnous ce qui a été dit de la psalmodie monastique primitive dans le commentaire du chapitre IX, et de la signification probable du mot imponere). Pour se faire entendre ainsi au chœur, plusieurs conditions sont exigées. H faut en avoir reçu l'ordre, il faut une désignation régulière. C'est à tour de rôle et selon le rang d'ancienneté que les frères donneront psaumes et antiennes, naturellement après l'Abbé, post Abhatem. Nul n'entreprendra de chanter ou de lire, qu'il ne soit capable de remplir son office de manière à édifier les auditeurs : c'est à l'Abbé que revient le soin d'opérer une sélection et d'apprécier les aptitudes (4). Enfin, dans l'exercice même de leur obédience, les frères feront preuve d'humilité, de gravité, de crainte religieuse et d'un grand esprit de soumission.
(1) S. Pach., Reg., m.
(2) S. HiERON., Epist. CVIII, 19. P. L., XXII, 896.
(3) II est raconté dans la Vie de saint Benoît comment saint Romain descendait à l'ermite du pain au bout d'une corde et l'avertissait par une clochette fixée à cette corde (S. Greg. M., Dial, 1. II, c. i). Le signum dont il est question dans la Règle : xxii, xliii, xlviii, est probablement une cloche,
(4) Adstantiius ad oratiomm nullus praesumat sine praecepto gui praeest Patrii psalmi laudem emittere {Reg. I SS. Patrum, vi)«