CHAPITRE XLVII
DU SOIN d'annoncer l'hEURE DE l'œUVRE DE DIEU
De siGNiFiCANDA HORA oi'Ei\is Dei. — Nuiitianclahora operis Dei, die noctuque, sit cura Abbatis, aut ipse nuntiare, auttali sollicite fratri injungathanc curam, ut omnia horis competentibus compleantur.
C'est toujours de régularité et de bon ordre qu'il est question. L'Œuvre de Dieu formant le pivot de la journée monastique, il importe par-dessus tout que les Heures de l'office divin soient déterminées avec soin et annoncées ponctuellement. Or, à une époque où les heures variaient de durée d'un jour à l'autre, et où les procédés pour les reconnaître étaient souvent fort rudimentaires (rappelons-nous le commentaire du chapitre VIE), on comprend que la charge d'annoncer l'Œuvre de Dieu ait été spécialement dévolue à l'Abbé. C'est sur lui que pèsent toutes les responsabilités. Et, aialgré la multiplicité de ses occupations, saint Benoît ne craint pas de lui confier le soin d'inviter les moines à la prière, sept fois le jour et une fois la nuit. C'est un procédé sage pour qu'il ne survienne parmi les frères ni désordre, ni contestation ; on évite ainsi les murmures et on inspire à tous plus d'estime pour l'office divin.
îs^éanmoins, on comprend que les travaux de l'Abbé, l'absence ou la maladie pouvaient le mettre hors d'état de remplir cette charge ; aussi N. B. Père lui permet-il de la confier à un frère attentif et diligent. Celui-ci pourvoira à ce que tous les offices puissent s'accomplir, et dans leur entier, aux heures convenables (voir la fin du chapitre XI). Aujourd'hui, les Abbés délèguent leur pouvoir à un réglementaire, mais sans jamais se désintéresser de l'exactitude avec laquelle on convoque la communauté.
C'est à l'occasion de ce chapitre que les commentateurs décrivent les différents procédés employés jadis dans les monastères pour éveiller ou avertir les frères. Ou bien on frappait aux portes (1) ; ou bien on se servait
(1) Cass,, Inst, IV, xn.