‹ Commentaire sur la règle de Saint BenoîtChapitre 136 sur 171 · DE LA TABLE DE L'ABBE 4H · texte numérisé non relu

DE LA TABLE DE L'ABBE 4H

était surtout un excellent procédé d'évangélisation. La conversation de l'Abbé, que saint Benoît veut homme de doctrine et de vertu, devenait, avec le spectacle de la vie monastique, une prédication aimable. Le recrutement du monastère s'opérait en partie grâce à ces relations de rhôtellerie. Et ainsi l'Abbé, tout en s'occupant des hôtes, ne désertait aucunement sa maison et travaillait pour elle. Aussi bien, la physionomie de la vie conventuelle était-elle alors un peu différente de ce qu'elle est devenue depuis. Aujourd'hui, si un Abbé n'était pas au réfectoire et en récréation avec ses moines, il ne serait jamais avec eux, puisque, sauf l'oflBce divin et la conférence spirituelle, toute la journée est employée dans des travaux où nous sommes seuls. Mais chez N. B. Père, on travaillait ensemble aux champs, ensemble on revenait au monastère, et l'Abbé qui partout, même au dortoir, accompagnait les siens, pouvait plus facilement distraire une part de son temps en faveur des hôtes.

Eéserve faite des motifs qui ont déterminé la teneur du chapitre LVI, nous n'avons qu'à nous féliciter des modifications introduites par l'usage et par l'autorité de l'Église. Désormais la mense abbatiale ne doit plus être séparée de la mense commune. Et sans qu'il faille prendre contre les hôtes des précautions ridicules, il est trop certain qu'un contact perpétuel avec eux pourrait devenir préjudiciable au recueillement et au travail de l'Abbé. Les hôtes et lui se rencontrent d'ordinaire immédiatement après les repas ou à d'autres moments déterminés. Dans des cas exceptionnels, justifiés aussi par la tradition monastique, l'Abbé mange à part avec eux ; mais, le plus souvent, ils sont introduits au réfectoire commun.

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