‹ Commentaire Sur Le YacnaChapitre 115 sur 139 · CHAPITRE I. a8i · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. a8i

de Nérioscngh ne nous fournit à ce sujet aucune indication; Anquetil n’cn peut donner davantage,, puisqu'il fait, des mots que nous venons d’analyser, des épithètes de Bchrara. Nous verrons dans d’autres chapitres du Yaçna que, de ces épithètes, la dernière est attribuée à llom et à Sérosch. L'un de ces deux génies est-il ici invoque? Si cela est ainsi, auquel des deux s’adresse l’invocation? C’est un point que je suis hors d'état de déterminer d’une manière positive. J’aime mieux supposer même que ce texte ne s’adresse à aucun des deux Izcds que je viens de citer, et je le regarde comme consacré à l'invocation de l’énergie ou de l'activité, comme le suivant l’est à celle de la victoire. Ainsi que j’ai tout à l’heure proposé de le faire, amalié (ce qui est énergique ou actif], employé substantivement, signifiera f énergie. Les autres adjectifs, huldçtuhf , huraodhahê, devront se rapporter à l'énergie. 11 faudra sans doute les prendre au propre, et traduire hutàçta par • hien

* constitué, • et huraodha par « qui a une taille élevée ; • en un mot, le paragraphe qui nous occupe pourra signifier « l’énergie avec une

• bonne constitution, avec une taille élevée. » Ce sont là les attributs du guerrier, et l’indication en est, à ce qu’il me semble, placée convenablement auprès du texte consacré à la victoire.

Le nom de la victoire est bien lu dans les n™ a F et 3 S,

î Vcndidad-sadé oublie par erreur l’a de ghnahé, et le n“ 6 S emploie le au lieu du g, o $ {lf ; au reste, ce

mot est assez confusément tracé dans le manuscrit, parce qu’il a été surchargé par une main moderne. Anqucti! remplace à peu près uniformément le zend vërilhratjhna par le nom de Bchram , qui en est le représentant parsi 111 ; Nérioscngh, au contraire, se

L'altération qu'a subie le mol vèrethraghnu pour devenir Behram, serait difficile à comprendre, si l'on ne connaissait pas les formes intermédiaires que M. de Saey a rassemblées dans scs Mémoires sur

diverses antiquités de la Perse, png. i83, comme l ara/mi/i, Vararani-s, \rarunès,()uaranes, liararanès, Gororanes, etc. M. Pott {Etym. Forsch. pag. LXV) a très-bien fait voir que cette altération du tend r éréthra-

a8a COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.

sert presque toujours de vidjaya (victoire), ce qui est le sens véritable du mot zend. Je n’en conclurai pas cependant que c’est un substantif; je le regarde plutôt comme un adjectif employé substantivement, car le zend vërëthraghna, dont la déclinaison suit le thème des noms en a, signifie, à proprement parler, «celui qui « tue l’ennemi , » et au neutre , « ce qui tue l'ennemi , * ou » la vio- « loire » Ce mot est composé de vérêthi-a (ennemi), en sanscrit vrtlra , et de ghna, contraction du radical han (tuer). Nous trouvons ce radical sous sa forme véritablement zende, zan ou djan, dans l’adjectif vërélhrddjan; la contraction que subit la racine pour devenir en zend même ghna, n’en est que plus remarquable, en ce quelle ne peut partir des formes djan et zan, et qu’elle vient directement, comme en sanscrit, d’un radical dont la première consonne est l'aspirée h. Le monosyllabe ghna (dans vëré- Ihraglina), qui se tire directement de han, remonte donc à letat le plus ancien de la langue zende, car il est antérieur aux modifications qu'a subies cette racine pour devenir djan et zan.

L’épithète qui caractérise la victoire est ahuradlidlahè , que le n“ 3 S lit comme le Vendidad-sadc; le n” a F préfère le d non aspiré, , et le n° 6 S suit cette orthographe , avec cette seule différence, qu'il sépare par un point les deux parties de ce mot composé. 11 signifie « donné d’Ahura, » et se rapporte à la victoire.

Les deux derniers mots de notre paragraphe forment encore un article distinct, annoncé par la particule icha, qui suit le mot vanaintyâaç, que le Vendidad-sadé lit seul correctement. Le n® 6 S et le n® 3 S, pag. 5, ont , et le n® a F

jjfiajpbu Cette dernière orthographe est en particulier très-fautive , en ce que la voyelle i qui précède le n n’a rien qui l’explique, et qu'ainsi elle doit nécessairement disparaître, comme on le voit dans

yhna était fort ancienne en Perse, puisqu'elle les noms propres et

se trouve déjà donnée par Hérodote dans mots dont le sens est «donné de Behram. »

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