CHAPITRE 1. a7y
tcha réunit donc sous un mcmc verbe trois objets différents d’invocation; et c'est d’après la présence ou l’absence de cette particule que nous devrons diviser ou réunir les mots qui composent la fin de notre paragraphe. Le mot que nous venons de citer tout à l’heure est lu dans le n” 3 S comme dans notre Vendidad-sadé; le n" a F écrit par erreur et le n° 6 S, pag. 4. , avec
une aspiration initiale qui ne se trouve pas dans les autres manuscrits, peut-être parce que le temps l’a effacée de la prononciation , et par suite de l’orthographe du mot. Anquctil le traduit par grand, Nérioscngh par persévérant , actif. Je ne connais en sanscrit d'autre mot identique à ama (thème de amahé), que celui qui signifie «qui n'est pas mûr,* et la racine am n’a pas de signification qui nous conduise à celle d'actif: nous ne devons donc l’adopter que d’après l’autorité de Nérioscngh , en attendant que quelque rapprochement nouveau nous fournisse les moyens de la confirmer ou de la rectifier. Mais il faudra, ce me semble, nous éloigner de l’opinion de Nérioscngh , en ce sens que ama doit plutôt être considéré ici comme un substantif, ou au moins comme un adjectif employé substantivement, que comme un véritable adjectif. Je remarquerai d’abord que l'on rencontre dans les textes (et cela beaucoup plus souvent que ama lui-même) un dérivé adjectif de ce mot, amavat, que Nériosengh traduit également par actif, c’est-à-dire » doué d’activité. • On doit déjà conclure de là que le primitif ama peut être pris comme un substantif signifiant » activité, effort. * Nous verrons ensuite, au neuvième chapitre du Yaçna, le mot ama employé comme substantif neutre avec le sens d'énergie. Aussi, sans nier que ama soit étymologiquement un adjectif, nous pourrons, si la comparaison des autres mots de la phrase nous y conduit, en faire ici un substantif avec la signification d 'énergie ou d’activité.
Après amaliêtcha, vient hatdçlalié, que les n°* a F et 6 S écrivent avec un s, juüinpa-qjjuqoity. Anquctil le traduit par vif, Nériosengh par • bien fait, bien composé, • littéralement, apte compactas. Cette
a8o COMMENTAIRE SUR LE YAÇNA.
interprétation est vraisemblablement préférable à celle d’Anquetil; car, après le retranchement du préfixe hu (bien), il reste lâçtahé, dont le thème lâfla peut passer pour le participe parfait passif du radical lach, que nous avons déjà rencontré avec le sens de comporte re , ordinare, et dont un dérivé, tachait , signifie corps. La seule particularité que je ne comprenne pas , c’est l'allongement de la voyelle dans tâçta, si ce mot dérive du radical tas. Il est vrai que nous verrons plus bas, dans un passage analogue du second chapitre du Yaçna, ce même mot écrit uniformément par tous les manuscrits avec un a bref, ce qui nous donne tafta identique au sanscrit tachta, comme tach l’est à ffrf takch. C’est peut-être
cette dernière orthographe qu’il faudrait adopter; cependant je n’oserais proposer cette correction qu'avec réserve, parce que l’orthographe tâçta est beaucoup plus fréquente que celle de taçta.
Les manuscrits lisent très-régulièrement le mot qui vient ensuite, et que le Vendidad-sadé écrit harôdhahi. La véritable est haraodhahi , que donnent de concert les trois
Yaçnas. Anquetil traduit ce mot par tres-pur, Nériosengh par • qui
• s’est heureusement élevé. » Cette interprétation est encore préférable à celle d’Anquetil; car huraodha, thème de haraodhahê , est composé de hu (bien) et de raodlta, qui n'est pas, il est vrai, un participe, mais qu’on doit regarder comme un substantif dérivé du radical rudh (croître) au moyen du suffixe a, qui exige le guna de la voyelle de la racine. Ce substantif doit répondre au sanscrit râha (ascension), comme le zend rudh répond à ruh, et il doit avoir la signification de «croissance, élévation, » d’où l'adjectif huraodha , « qui a une bonne croissance, • ou, comme l'entend Nériosengh , « qui s’est heureusement élevé. «
Après l’analyse des trois mots dont nous formerons un article distinct de celui qui se rapporte à Bchram, il reste à déterminer quel être désigne le texte par ces épithètes : « celui qui est actif,
• bien constitué, dont la croissance est heureuse. » Mais la glose
orthographe